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Une calèche écologique pour les seniors

L'ATE et Genève roule mettent à disposition des EMS un triporteur adapté pour les aînés.

Ce ne sera peut-être plus «En voiture, Simone», mais «En selle, Yvonne». Deux associations genevoises adeptes de la mobilité douce font le pari de populariser une nouvelle façon de se promener avec sa grand-mère ou toute autre personne de grand âge ou à mobilité réduite.

Genève roule et l’Association transport et environnement (ATE) ont acquis ensemble un triporteur spécialement conçu pour le convoyage des seniors. L’engin a été inauguré en grande pompe, avec champagne et tapis rouge, le 21 mars sur les quais. Il a depuis rallié l’EMS Notre-Dame. «Nous espérons faire sortir les personnes âgées de leurs EMS autrement qu’en voiture, explique Paola Nagel Petrucci, responsable du programme Mobilité senior de l’ATE. On espère que l’idée va essaimer!»

Les deux organisations ont acquis, pour près de 10 000 francs, un vélo cargo particulier. Ce tricycle à assistance électrique ressemble à une version européenne du rickshaw cher aux villes asiatiques. Il dispose notamment d’un marchepied qu’on peut rabaisser afin de faciliter l’embarquement, puis remonter pour sécuriser le passager durant le transport. La banquette, où deux personnes âgées peuvent se blottir, dispose d’une capote servant d’abri en cas de pluie et de ceintures de sécurité. C’est à l’arrière que vient se jucher le pilote, assisté par une batterie permettant d’atteindre 20 km/h. Adapté pour être homologué en Suisse, l’engin a été conçu dans l’idée de convoyer des seniors par Christiania Bikes, un constructeur basé au Danemark.

Ce même pays nordique a vu naître en 2012 l’initiative «Cycling without age» (faire du vélo sans âge), destinée à permettre l’expérience de la bicyclette aux personnes âgées grâce à l’aide de bénévoles. Selon les promoteurs de ce mouvement, qui s’est exporté dans une quarantaine de pays, il s’agit d’offrir aux aînés «le droit à la sensation du vent dans les cheveux, le droit d’expérimenter la ville et la nature avec la proximité que permet le vélo et l’occasion de raconter leur histoire dans l’environnement où ils ont vécu leur vie».

Le cyclonaute et écrivain genevois Claude Marthaler parraine cette calèche écologique et technologique. Il l’a testée avec sa propre mère, de 91 ans. «La personne âgée est assise à l’avant et jouit d’une vue dégagée, souligne-t-il. Pour le passager, c’est un déplacement qui permet de revoir des lieux qu’il n’a pas vus depuis longtemps: cela réveille plein de choses! Ce n’est pas juste utilitaire: on peut faire du porte à porte, se promener dans les parcs. Les automobilistes que l’on croise ont tendance à freiner, ce qui est rare: on perçoit ce respect de l’âge et de la lenteur. Pour le pilote, nul besoin d’être sportif, il faut juste s’habituer aux manœuvres, notamment à prendre les virages larges du fait qu’il y a deux roues à l’avant.»

«C’est génial, confirme son passager Roland Tolmatchoff, 89 ans. Je l’ai testé entre mon EMS de Val Fleuri et Carouge, où on a bu une bière. C’était comme un rêve, je me croyais en Asie sur un rickshaw! Mais il n’y a pas besoin d’aller au bout du monde: on a des paysages magnifiques à Genève.»

Un hic toutefois: l’engin étant encore un OVNI institutionnel, il ne pourra pas servir lors d’un transport destiné à être remboursé par l’assurance maladie. Pas pour l’heure en tout cas. Durant la belle saison à venir, qui servira de période test, les EMS peuvent emprunter gratuitement le triporteur afin d’en faire bénéficier leurs résidents. Genève roule le loue, par ailleurs, pour un forfait de 38 fr. par jour.

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