Brûler un feu devrait être parfois permis aux cyclistes

MobilitéLe Conseil fédéral est prêt à autoriser aux vélos de tourner à droite au rouge. Pro Vélo demande que le Canton s’y prépare. Serge Dal Busco s'y dit favorable.

L’association demande au Canton d’aménager 75 intersections en ce sens ces cinq prochaines années, soit 15 par an.

L’association demande au Canton d’aménager 75 intersections en ce sens ces cinq prochaines années, soit 15 par an. Image: DR

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Braver un feu rouge pour tourner à droite au carrefour: maints cyclistes s’autorisent déjà cette manœuvre. Aujourd’hui interdite, elle pourrait bientôt être légalisée au cas par cas et les milieux du vélo demandent au Canton d’être proactif en la matière. Pro Vélo Genève en a fait un de ses sept objectifs stratégiques.

En octobre, le Conseil fédéral a soumis à l’enquête publique une proposition de modification de l’ordonnance sur la circulation routière. Elle introduirait un nouveau panneau indiquant aux cyclistes la possibilité de tourner à droite malgré une signalisation lumineuse ordonnant un arrêt. La combinaison du feu et du panneau autorisant aux vélos (et cyclomoteurs) de tourner à droite équivaudrait à un «cédez le passage», précise le projet d’article. En clair, le cycliste pourrait passer, mais en perdant toute priorité durant la manœuvre, notamment à l’égard des piétons.

Des années de test sans accident

Le signal ne pourrait être posé «que si la sécurité routière est garantie». Plusieurs conditions sont émises. Un sas réservé au vélo serait notamment obligatoire au seuil des carrefours concernés. Le Bureau fédéral de prévention des accidents exige cette mesure afin que les cyclistes aient une visibilité suffisante sur le carrefour et les éventuels piétons.

Le Conseil fédéral a fondé sa décision sur des tests menés durant trois ans et demi à Bâle-Ville, concernant jusqu’à une douzaine de carrefours. Verdict? «Pas un seul accident imputable à un cycliste obliquant à droite n’a été observé, sur environ un million de déplacements», écrit le gouvernement. Le trafic motorisé en profite: quand le feu passe au vert pour lui, il n’est pas gêné par ceux des cyclistes qui, se dirigeant vers la droite, ont déjà filé au rouge.

«Une mesure de bon sens»

La concrétisation de cette possibilité pour les cyclistes genevois fait partie des sept priorités stratégiques que la section cantonale de Pro Vélo s’est données en décembre. L’association demande au Canton d’aménager 75 intersections en ce sens ces cinq prochaines années, soit 15 par an. Elle a déjà repéré 55 sites jugés idoines.

«C’est sur la base d’un sondage de nos membres que nous avons choisi ces carrefours, en fonction de critères de visibilité et d’absence de risques de conflit avec le trafic motorisé, l’axe transversal n’étant pas une artère à forte circulation, détaille Alfonso Gomez, président. Pour nous, le principe devrait être généralisé, quitte à prévoir des exceptions de cas en cas si elles se justifient.»

Les cyclistes ont-ils vraiment attendu ces réformes pour passer au rouge? «On parle ici d’une mesure qui relève du bon sens et, la législation étant en retard, la société civile l’a devancée dans sa pratique, argue Alfonso Gomez. La circulation est avant tout organisée en fonction des voitures, pas des cycles ou des piétons.»

Un magistrat très favorable

Le ministre cantonal des Transports voit la réforme d’un bon œil, selon son porte-parole, Roland Godel: «Serge Dal Busco est très favorable à cette ouverture qu’il juge utile, pragmatique et tout à fait en phase avec les priorités de la LMCE (ndlr: le compromis sur la mobilité que le peuple a voté en juin 2016). S’agissant de mobilité douce, on trouverait même intéressant que la possibilité soit donnée aux cyclistes de traverser un carrefour quand tous les feux piétons sont au vert.»

Le Canton attend le résultat de la consultation fédérale pour recenser les carrefours éligibles, en collaboration avec les associations. Il note que, à ce stade, des conditions précises sont édictées.

Pourquoi pas les voitures?

Et qu’en dit le TCS? L’organisation est favorable à la réforme, celle-ci ne nuisant pas à la sécurité routière. «Notre section bâloise demande que la même tolérance soit accordée aux voitures», glisse Yves Gerber, porte-parole.

Cette dernière idée n’est pas à l’agenda en Suisse mais n’a rien de farfelu pour les Nord-Américains qui la pratiquent depuis des décennies.. Aux États-Unis ou au Canada, le right turn on red constitue la règle, certaines grandes villes telles New York ou Montréal faisant exception en l’interdisant.

Créé: 07.01.2019, 18h08

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