Malgré des bourbiers répétés, le tram 17 enchante Annemasse

Transports publicsRavie de son nouvel outil, la cité frontalière va intervenir sur ses tronçons enherbés.

La ligne du tram 17 lors de son inauguration  le 14 décembre 2019

La ligne du tram 17 lors de son inauguration le 14 décembre 2019 Image: Laurent Guiraud

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La scène est presque devenue un classique des réseaux sociaux durant l’hiver. Encore une voiture (voire un fourgon) empêtrée dans les zones engazonnées de la nouvelle ligne de tram reliant Moillesulaz à Annemasse! Les efforts paysagers entrepris pour que ce nouveau tronçon ferroviaire répare dans son sillage l’urbanisme souvent décousu et déshérité des quartiers qu’il dessert ont ainsi été ruinés à plusieurs reprises.

Dix-sept fois, selon le recensement officiel. Avec pour conséquence ces parcelles enherbées transformées en champs de boue, suscitant maintes critiques visant tant les chauffards que les concepteurs de la ligne.

Mais cette fois, c’est terminé. Les responsables de l’agglomération annemassienne en ont fait le serment vendredi, tirant un bilan positif du tram 17 près de deux mois après sa mise en service intervenue mi-décembre. «Nous sommes de satisfaits à très satisfaits de ce tram», résume Michel Boucher, adjoint au maire d’Annemasse et vice-président de l’agglomération chargé de la Mobilité.

Solutions en vue

Mais alors, ces embourbements répétés? Ils constituent «un vrai problème, qu’on a eu, au passé», assure l’élu, tout en semblant estimer qu’ils ont été un peu trop montés en épingle par la presse haut-savoyarde, une attention malvenue à l’approche des élections municipales de mars prochain. La faute de ces fâcheux enlisements incombe, selon l’élu, à quelques vandales volontaires, à des systèmes GPS qui ont égaré des automobilistes inattentifs et, tout de même aussi, à un aménagement qui sera modifié pour être rendu plus lisible de nuit, du côté de Moillesulaz où les enlisements sont survenus pour la plupart.

La zone enherbée qui s’y trouve sera conservée mais remodelée dans une version plus ferme, si bien que les véhicules qui s’y aventureraient auraient une chance de s’en extirper. Affaire réglée, donc, espèrent les responsables qui ajoutent que les autres villes ayant choisi d’engazonner leurs lignes de tram ont aussi vécu de telles mésaventures.

Mais près avoir craint la boue, le nouveau tram 17 pourrait devoir redouter la foule. Car l’affluence est au rendez-vous. On compte sur le seul tronçon français (quatre arrêts sur environ deux kilomètres) quelque 6800 montées par jour. Après quelques semaines, le compte s’approche déjà de l'objectif fixé à 8000 pour la première année.

Bientôt saturé?

La fréquentation a sans doute bénéficié de trains en grève et d’un effet nouveauté, mais la période a aussi été marquée par l’accalmie des vacances de Noël. Le compte des places assises disponibles à la frontière (il n’en reste presque plus) constitue déjà, au regard des normes suisses, le signe que l’offre ne suffit plus. Au terminus, on va ajouter un distributeur de billets, pour abréger l’attente. La ligne est-elle capable d’accueillir une offre additionnelle? Techniquement, on pourrait, si besoin, faire passer la cadence de neuf minutes actuellement à six minutes.

Un tel surplus serait coûteux. L’agglomération cofinance le fonctionnement de la ligne selon un savant calcul entremêlant la distance parcourue dans chaque pays et la vitesse en service. Celle-ci se situe à environ 17 km/h. Avec un peu de rodage supplémentaire, le but fixé à 18 km/h paraît atteignable.

Complément au train

La complémentarité avec le Léman Express semble fonctionner. «Ceux qui vont à Rive ou place Neuve ont intérêt à prendre le tram et ceux qui vont plus loin le train», résume Pierre-Jean Crastes, directeur de la Mobilité de l’agglomération. Mais le tram ne sert pas qu’à aller en Suisse: 15% du trafic est franco-français. Et on en attend des résultats probants en matière de réduction du trafic, du bruit et de la pollution.

Du tram, on espère aussi une poursuite de la transfiguration architecturale de l’axe qu’il parcourt. «La rue de Genève n’était pas la principale fierté de l’agglomération, euphémise Antoine Blouin, premier adjoint au maire de Gaillard. Maintenant, elle l’est.» Les élus se disent résolus à concrétiser la seconde étape de la ligne, du centre d’Annemasse aux portes du Perrier. Il manque dix millions d’euros. Et les regards de se tourner vers Genève et Berne...

Créé: 07.02.2020, 17h51

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