L'automne se prépare en nageant

Plein airLes baigneurs de septembre sont plus nombreux que jamais. Les piscines ferment, le lac et le Rhône restent ouverts et gratuits.

Profitant de l'été indien, de nombreux baigneurs savourent les eaux du Rhône.

Profitant de l'été indien, de nombreux baigneurs savourent les eaux du Rhône. Image: Laurent Guiraud

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À dix jours du premier jour de l’automne, tous les indicateurs sont au beau fixe estival. L’eau du lac affiche un confortable 22 degrés, la température du Rhône s’aligne sur les mêmes valeurs, qui ne sont plus tout à fait saisonnières. Ce mardi à 17 h, un 29 degrés sous un ciel sans nuage continue à imposer en terrasse une garde-robe simplifiée.

Sur les bords du fleuve, les filles et les garçons adoptent le caleçon de bain de rigueur. Ils font la queue devant la buvette de la pointe de la Jonction. Son coordinateur, Iago Cruz, confirme l’impression générale: «C’est le jour où il y a le plus de monde depuis la fin d’août, souligne-t-il. C’est de nouveau la plage.»

La Buvette de la Pointe de la Jonction, tenue par Iago et Claire. Crédit photo: Laurent Guiraud.

Notre météorologue de l’espace public ajoute un discret bémol: «Le Genevois vit quand même sur son calendrier. Dès la rentrée, il s’éloigne du plein air. Seules des fortes chaleurs permettent de le remobiliser comme on l’observe à l’entame de cette semaine. Car il suffit d’un crash des températures pour voir les pontons se dépeupler à vue d’œil.»

Baigneuses inséparables

Le crash n’est pas pour tout de suite. Les plages éphémères en bois indigène (du mélèze qui vieillit bien) sont généreusement occupées. Soixante personnes à 18 h en aval du pont de Sous-Terre, au pied des falaises de Saint-Jean. Dans le fleuve, une douzaine de baigneurs en train de se raconter des histoires à fleur d’eau; le courant, modeste, permet de rester ensemble. Au milieu, Livia et Miranda, deux jeunes femmes inséparables. Elles viennent de sauter du pont et font la planche. Bronzage fluvial au soleil couchant. «On vient régulièrement depuis le mois de juillet», expliquent-elles d’une même voix détendue.

Le ponton sur le Rhône proche du pont de Sous-Terre, très apprécié des baigneurs. Crédit photo: Laurent Guiraud.

Pour admirer le soleil qui se couche, en s’effaçant peu à peu derrière les immeubles qui font face au Bois de la Bâtie, c’est ici qu’il faut venir. Les contemplatifs du début de soirée sont nombreux. Plus encore sur le ponton principal – 45 mètres de long – à l’extrémité du sentier des Saules. Plus de 150 estivants tardifs, habitués à cette promiscuité sans embrouille qui déborde jusque sur le monumental banc scénique de la petite place, flanqué de transats haut perchés et d’un trio féminin assurant le commentaire croisé de cette fin d’été sans horaire. Sinon celui de la buvette quand la nuit s’installe, plutôt vite en l’occurrence, et des rendez-vous à venir qui marqueront, officiellement, en mode festif, la fin de la saison.

Défilé d'artistes à la Pointe

Ce sera le samedi 22 et le dimanche 23 septembre. Une clôture «All stars», en forme de défilés d’artistes qui se sont déjà produits dans le lieu, sur fond de live électronique et de montage de lumières. «L’expérience musicale passe aussi par l’expérience visuelle», poursuit Iago, qui est allé cet été parfaire sa culture festivalière dans le nord de l’Allemagne. Il promet des surprises en conclusion de l’exercice 2018.

Et ailleurs, c’est comment? C’est plein de baigneurs de septembre aux Bains des Pâquis et, plus loin encore, vers la Perle du lac. La culture aquatique surfe sur cette météo de rêve comme les licornes gonflables dérivant le long du Rhône. À l’aube déjà, les premiers nageurs se mettent à l’eau. «J’en ai vu plusieurs aux abords du phare, ce mardi à 6 h 30», glisse notre photographe lacustre. L’un d’eux revient du sud de la France. «J’ai fait les plages jusqu’à la frontière espagnole. Elles sont aux trois-quarts désertes. Nos rives à nous sont beaucoup plus animées que les bords de mer», rigole-t-il.

Cette Genève en caleçon de bain, bronzée comme jamais, n’a vraiment rien de calviniste en effet. Elle pratique désormais ses plans d’eau naturels comme on s’entraîne pour la Course de l’Escalade: en bandes pré-automnales. Les jambes des sportifs amateurs resteront dénudées jusqu’à Noël. (TDG)

Créé: 11.09.2018, 21h08

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