Année faste pour l'aéroport de Genève en 2018

AviationTant les recettes aéronautiques que non aéronautiques comme les commerces, parkings et loyers ont augmenté en 2018 chez Genève Aéroport, malgré un tassement du nombre de passagers.

Seul ombre au tableau chez Genève Aéroport: la hausse des charges de fonctionnement et du personnel.

Seul ombre au tableau chez Genève Aéroport: la hausse des charges de fonctionnement et du personnel. Image: Keystone

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Genève Aéroport a engrangé un bénéfice net en hausse de près de 8% à 85,1 millions de francs en 2018, tout en réalisant des investissements record. Le chiffre d'affaires a frôlé le demi-milliard, dans un contexte saturé sur le marché européen.

«Genève Aéroport a démontré sa capacité de résilience face au ralentissement de la croissance des passagers», s'est félicité mercredi devant les médias son directeur André Schneider. Comme annoncé en janvier, le nombre de passagers n'a augmenté que de 1,9% à 17,7 millions, tandis que celui des mouvements d'avions a reculé de 1,9%, une évolution contraire et apparemment paradoxale qui s'explique par le fait que les avions - plus gros - ont été mieux remplis.

Comme de coutume, la moitié du bénéfice est reversée à l'Etat de Genève, a précisé l'établissement autonome de droit public. Sur les cinq derniers exercices, l'aéroport aura apporté 207 millions au total dans les caisses étatiques.

La contribution reste assez stable année après année, entre 40 et 50 millions, malgré la hausse constante du chiffre d'affaires. Celui-ci a atteint 490,1 millions de francs en 2018 ( 5,1% sur un an), contre par exemple 376 millions en 2013. Mais le corset réglementaire ne permet pas à l'aéroport d'étoffer son bénéfice de façon correspondante.

Comme l'a expliqué M. Schneider, le produit de la redevance aéronautique, qui représente 56% des recettes, doit juste servir à couvrir les coûts pour «faire tourner la plateforme», sans laisser de surplus.

L'établissement ne peut tirer son bénéfice que des revenus non aéronautiques (commerces, parkings, loyers), et encore, pour partie seulement. Ces recettes non aéronautiques ont progressé de 3,9% à 214 millions de francs.

Un corset pas démotivant

Vu ces contraintes, le directeur s'est montré très satisfait de la cuvée 2018. «Il n'y a aucune frustration, au contraire: le corset nous pousse à nous montrer créatifs», a-t-il dit. Au plan opérationnel (Ebit), Genève Aéroport a enregistré un recul de 6,4% à 87,7 millions de francs. Cela s'explique par des éléments exceptionnels comme la hausse de l'indemnité pour riverains, suite à un jugement du Tribunal fédéral.

Les charges de fonctionnement et de personnel ont augmenté de respectivement 11% et 7%. Le site employait à fin décembre un total de 1077 employés ( 40,5 équivalents plein temps).

Les investissements ont atteint un niveau historique de 151,3 millions de francs. «Nous allons poursuivre sur ce rythme de croisière ces prochaines années afin de mettre à jour nos infrastructures», a précisé M. Schneider. Parmi les investissements figure un nouveau système qui permet d'accélérer le tri des bagages tout en réduisant les contraintes des passagers pour le «déballage» et la présentation séparée de biens aux contrôles de sécurité.

A l'avenir, dans un ciel européen très chargé, la croissance se fera essentiellement par le développement des vols intercontinentaux. En 2018, l'aéroport desservait 148 destinations, dont 24 hors d'Europe. Un potentiel existe pour certaines mégalopoles extra-européennes, asiatiques notamment.

La destination la plus prisée l'an dernier a été, de très loin, Londres (2,47 millions de passagers/ 1%), devant Paris (1,05 million) et Amsterdam (678'000). EasyJet, avec une part de marché de 45%, est restée la compagnie numéro 1, loin devant Swiss (11,8%).

Le Brexit génère des incertitudes en lien avec une éventuelle perte de pouvoir d'achat des Britanniques, très fidèles à Genève. Mais indépendamment de cette hypothèse, M. Schneider n'est pas inquiet car la Confédération a pris les devants en concluant des accords bilatéraux avec le Royaume-Uni, assurant une continuité même en cas de «Brexit dur». (ats/nxp)

Créé: 27.03.2019, 13h05

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