Passer au contenu principal

L'affaire de harcèlement qui divise les syndicats genevois

Le SIT a envoyé une mise en demeure à UNIA pour qu'elle prenne des sanctions d'ici à vendredi contre le syndicaliste taxé de harcèlement. Au sein du SSP, ses soutiens et ses détracteurs se déchirent.

Image d'illustration.
Image d'illustration.
Keystone / Archives

Cela fera bientôt quatre mois que plusieurs femmes ont témoigné via les colonnes de la «Tribune de Genève» des gestes déplacés d’un syndicaliste genevois. Or, depuis plusieurs semaines, la tension monte entre les différents organismes de lutte. Une résolution controversée, un comité de soutien aux victimes, puis un appel à soutenir le mis en cause... Dernièrement, le syndicat SIT, qui emploie plusieurs de ces victimes, a envoyé une mise en demeure à UNIA, où travaille actuellement l’intéressé, afin de demander des sanctions d’ici à la fin de la semaine. En vain.

Le SIT estime que l’affaire a trop duré, d’où sa demande de sanctions « sévères » assortie d’un délai. « Le stade des dénonciations anonymes est passé, note David De Filippo, co-secrétaire général du syndicat. Les noms sont connus depuis que plusieurs victimes se sont réunies autour de deux avocates. Cette durée est insupportable pour elles. Leur parole a été décrédibilisée par certaines théories du complot. » Le responsable estime par ailleurs que la procédure mise en place ne convient pas. « Il s’agit d’une enquête interne à UNIA, calibrée pour les plaintes liée à son personnel. Les victimes externes n’ont aucune garantie, aucun droit de participation ou de réponse aux dires du mis en cause. » Et le syndicaliste de dénoncer une attitude générale « inappropriée » voire parfois « brutale » de l’employeur.

Mais pour UNIA, il est encore trop tôt pour fixer le sort de son collaborateur. «Nous avons rappelé à nos collègues du SIT que notre syndicat a pris très au sérieux les reproches formulées dans l’article de la TdG en lançant immédiatement une enquête dès qu’elle a eu connaissance des accusations à l’encontre de l’un de ses collaborateurs», explique Serge Gnos, responsable communication du syndicat.

Le responsable rappelle qu’UNIA a mandaté deux organismes externes et lancé des appels à témoins « dans le but de clarifier au mieux les reproches. Il va de soi qu’une telle enquête, pour être qualifiée de sérieuse, nécessite de temps et des moyens. Si Unia avait tiré des conclusions hâtives uniquement sur la base de témoignages anonymes relatés dans la presse, elle aurait agi en contradiction avec ses valeurs et les droits syndicaux. » Le responsable de préciser : «Dès qu’Unia aura tous les éléments en main, elle prendra les décisions qui s’imposent et informera les intéressé-e-s dans le respect des dispositions légales. Nous tenons, par ailleurs, à préciser que le SIT n’est pas partie à la procédure en cours.»

Cette mise en demeure n'est qu'un des signes de tensions entre syndicats que suscite l'affaire. Il y a quelques semaines, un comité de soutien aux victimes était créé, visant à les aider moralement et financièrement. Parmi la centaines de signataires, on trouvait de nombreux élus et des personnalités du monde syndical, du SIT ou du SSP aéroport (séparé du SSP depuis plusieurs mois). Or, aujourd'hui, un nouvel appel a été lancé par une majorité de membres du SSP, soutenant cette fois-ci le syndicaliste mis en cause. Plus de 250 personnes l'ont signé, estimant que "lorsque des femmes utilisent les médias ou les réseaux sociaux non plus pour montrer et dénoncer ce que sont les différentes formes d’oppression mais pour désigner et faire condamner des coupables présumés nous glissons du débat public vers le tribunal de l’opinion publique, donc vers l’arbitraire".

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.