Septembre sonne le glas des cabines téléphoniques

DisparitionDe 875 cabines, il n’en reste que 35. Swisscom va les démonter. Genève en sauve quatre pour leur donner une seconde vie.

À gauche: la Ville de Versoix a récupéré trois cabines qui servent de support d’information et hébergent durant l’été des «livres en liberté». À droite: Fribourg 
a réhabilité plusieurs publiphones, dont un qui a été transformé en galerie d’art et lieu d’exposition, la Cabinerie.

À gauche: la Ville de Versoix a récupéré trois cabines qui servent de support d’information et hébergent durant l’été des «livres en liberté». À droite: Fribourg a réhabilité plusieurs publiphones, dont un qui a été transformé en galerie d’art et lieu d’exposition, la Cabinerie. Image: Magali Girardin/Chantal Dervey

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Dès la fin septembre, la cabine téléphonique aura disparu des rues genevoises. Celle qui a connu de grandes années, fleurissant au coin des rues, tour à tour confessionnal et défouloir, offrant le monde à portée de piécettes, n’est désormais plus qu’une coquille vide. En voie d’extinction. En septembre, Swisscom achèvera le démantèlement des derniers publiphones de Suisse, qui périclitent encore dans les cantons de Genève et de Vaud.

La porte-parole de Swisscom, Alicia Richon, rapporte que la Cité de Calvin n’en héberge plus que 35, dont 26 en ville. Elles seront toutes rasées – même les téléphones publics muraux de la gare Cornavin disparaîtront, confirme Swisscom – à l’exception d’une poignée qui survivra grâce à des entités publiques comme la Ville de Genève. Cette dernière a en effet lancé un projet de réhabilitation pour quatre cabines.

Lieu d’animation et lien social

Les cabines n’ont pas fait le poids face à l’émergence des téléphones portables. Le nombre d’appels depuis un publiphone a chuté de 95% entre 2004 et 2016 et entraîné le déclin de ces structures. En 2000, on comptait 875 cabines téléphoniques dans le canton de Genève, 546 en 2010, 259 en 2016 et enfin 35 en 2019. Jusqu’en 2017, elles tenaient pourtant une assurance vie: la concession de service universel octroyée par la Confédération à Swisscom. Celle-ci obligeait l’entreprise à maintenir au moins une cabine dans chaque localité du pays. Mais l’obligation est tombée le 1er janvier 2018, déclenchant le démantèlement général de ces structures qui coûtent mais ne rapportent plus. La plupart sont démembrées, quelques chanceuses ont été mises en vente et cédées à des privés pour quelques milliers de francs - il n'y a plus de ventes désormais -, d’autres sont données aux communes.

C’est justement le cas à Genève. La Ville a récupéré quatre cabines qui, privées de tonalité, vont devenir porte-parole d’associations locales. Les grandes lignes du projet ont été dévoilées dans le magazine de la Ville «Vivre à Genève» en juillet. Il faudra s’en contenter car le Département de la cohésion sociale, qui chapeaute l’initiative, refuse de communiquer sur le sujet avant l’inauguration du projet en septembre. D’après le bref descriptif, les cabines «sauvées» se situent à la place du Lac (près de la rue du Rhône), à la place de la Navigation aux Pâquis, à la place du Petit-Saconnex et à Plainpalais.

Rebaptisées Transi’CAB, elles serviront à «promouvoir la transition écologique» et seront gérées par la Chambre de l’économie sociale et solidaire. Elles seront mises à disposition des membres de cette dernière «ainsi que des services municipaux et des associations de quartiers» pour devenir des espaces d’animation et d’information. «L’objectif? Profiter d’une cabine pour une visibilité unique, […] tisser du lien avec les communautés locales, présenter vos activités», vante le descriptif. Dix étudiants de la Haute École d’art et de design se chargent du relooking de ces lieux en utilisant les ressources de Materiuum, une association qui collecte des matériaux réutilisables.

Livres en liberté et exposition

D’autres cabines cantonales seront-elles sauvées? «Nous ne communiquons pas de chiffres et de détails à ce sujet», répond Alicia Richon. Certaines communes ont en tout cas déjà franchi le pas. À l’image de Gy, où une cabine se fait librairie, et à Versoix, où trois cabines ont été reconverties depuis le début de l’été en support d’information communale. Le trio héberge également, durant la période estivale, des «livres en liberté». La Commune lancera par la suite une réflexion sur d’autres actions à mener durant l’année.

Ces revalorisations s’inscrivent dans une tendance générale qui dépasse de loin Genève. En juin, le canton de Fribourg a récupéré huit publiphones pour les transformer en boîtes à livres, en espaces sociaux et culturels, ou encore en points d’information pour communiquer sur le développement durable. Une autre cabine s’est transformée en galerie d’art et lieu d’exposition miniature. À Sion, une dizaine de cabines auront aussi droit à une seconde vie. Moudon a créé une bibliothèque de rue dans une ancienne cabine et à Morges, des associations ont levé des fonds pour créer des cabines d’échange de livres et de jeux. Swisscom indique encore qu’au Tessin, certains publiphones hébergent désormais des défibrillateurs.

Enfin, à l’international, New York a remplacé certains publiphones par des bornes wi-fi et Vienne en fait des stations de recharge pour voitures électriques.

Créé: 19.08.2019, 20h49

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