Zoom sur les difficultés des enfants prématurés

ConférenceCe mercredi soir, une conférence évoque le développement cérébral des enfants nés trop tôt.

Une naissance prématurée peut affecter la motricité, l’intelligence et le développement.

Une naissance prématurée peut affecter la motricité, l’intelligence et le développement. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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En Suisse, un bébé sur treize naît prématurément, c’est-à-dire avant trente-sept semaines de gestation. Derrière la statistique, se dessine un enjeu majeur de santé publique. La prématurité expose à des maladies et des troubles du développement pouvant affecter la motricité, l’intelligence et le comportement. Et de plus en plus d’enfants viennent au monde trop tôt: leur nombre a augmenté de 25% entre 1990 et 2011. Ce soir, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) organisent une conférence sur les implications de ces naissances précoces. «Aujourd’hui, on sauve des enfants qui, jadis, ne survivaient pas», souligne la professeure Petra Hüppi, responsable du service du développement et de la croissance des HUG. La prématurité augmente aussi parce que nos modes de vie ont évolué: «Les femmes enfantent plus tard, recourent davantage à la procréation médicalement assistée, ont plus de jumeaux, sont plus actives et plus stressées…»

Si la prévention est capitale, «ce ne sera pas l’objet du débat de ce soir. On va s’intéresser à ce qu’on peut faire lorsque l’enfant prématuré est là». Non seulement peut-on agir, mais il faut le faire le plus tôt possible, pour pallier les éventuels retards de développement moteur, les problèmes cognitifs et permettre à l’enfant d’évoluer socialement et de gérer ses émotions le mieux possible.

Les médecins montreront que le cerveau du bébé prématuré n’a pas fini de se constituer et expliqueront pourquoi le développement est modulé par l’environnement. «Une grande attention doit être portée aux soins du nouveau-né, note la pédiatre. La présence des parents est cruciale, comme la stimulation tactile et vocale, le respect des rythmes de sommeil et d’éveil du nourrisson, les massages et la musique. Tout ce qui peut stimuler le cerveau favorisera sa croissance.»

La moitié des enfants nés entre 24 et 27 semaines rencontrent des problèmes sociocognitifs à l’âge de 5 ans, contre 10% pour les enfants nés à terme. «De manière générale, 95% des prématurés jugent leur qualité de vie excellente. Deux adolescents, nés grands prématurés, viendront en témoigner.» A Genève, tous les grands prématurés sont suivis par les HUG jusqu’à l’âge de six ans et au-delà si nécessaire.

Un nouveau centre

Après la prématurité, les HUG organiseront d’autres conférences sur les problèmes de développement au sens large, qui affectent un enfant sur cinq. De quoi s’agit-il? «Cela peut être un bébé qui pleure démesurément, qui dort ou mange mal, qui ne marche pas ou a de la peine à parler. Un enfant qui a des problèmes de mémoire ou de concentration.» Toute une série de solutions existent, assure la pédiatre, qui vont de la physiothérapie chez les tout petits à la méditation chez les adolescents. «Ces troubles peuvent être surmontés pour autant que l’on intervienne au bon moment», note Petra Hüppi. Le hic, aujourd’hui, c’est que le service qu’elle dirige fonctionne avec une liste d’attente de six mois.

Pour répondre à la demande, les HUG sont en train de créer un Centre du développement de l’enfant, qui doit entrer en service à l’automne 2017. Dotée d’un budget de 10,9 millions dont 8,7 sont financés par une fondation privée, «la structure sera assez unique en Suisse, se réjouit Petra Hüppi. Elle unira les neurosciences développementales fondamentales et les services cliniques de pédiatrie du développement, de pédopsychiatrie et de neuropédiatrie. Ce centre pluridisciplinaire se spécialisera dans le diagnostic et la prise en charge des troubles du développement. Notre objectif? Permettre à chaque enfant de développer au maximum son potentiel.»

Créé: 17.11.2015, 22h32

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