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Zep signe une affiche de prévention contre les agressions sexuelles

Le dessinateur genevois met en scène son célèbre Titeuf pour sensibiliser de jeunes garçons.

Le dessinateur Zep (à gauche), Josiane George, présidente du CTAS et le conseiller d’Etat Mauro Poggia dévoilaient hier la nouvelle campagne de prévention.
Le dessinateur Zep (à gauche), Josiane George, présidente du CTAS et le conseiller d’Etat Mauro Poggia dévoilaient hier la nouvelle campagne de prévention.
Steeve Iuncker-Gomez

Selon le Conseil de l’Europe, un enfant sur cinq subit des abus sexuels - souvent dans l’entourage proche. Il n’est pas rare que la culpabilité taraude les victimes, les empêche de franchir le pas de la dénonciation et les retienne de demander de l’aide. Une nouvelle campagne de prévention, signée Zep, vise à toucher ce jeune public. En faisant passer le message qu’en matière d’agression sexuelle, la honte doit se situer du côté de l’agresseur.

Lancée par le CTAS – association spécialisée dans le traitement des agressions sexuelles, qui assure plus de 1600 consultations par an – la campagne met en scène Titeuf, le jeune héros de Zep. «Il crie haut et fort et dénonce son agresseur, décrit la présidente Josiane George. Ce cri renforce l’estime de soi, redonne la honte à l’auteur qui est gêné d’être dévoilé. Nous voulons donner ce courage aux victimes, renforcer leur dignité, affirmer leur droit à dire non et à dénoncer.»

Venu soutenir hier le lancement de cette campagne, le conseiller d’Etat Mauro Poggia, responsable de la santé, mesure le chemin parcouru depuis la création du CTAS en 2000.

En 2000, la première campagne de l’association lui avait valu bien des critiques. L’affiche figurait un enfant assis, la tête repliée dans les genoux avec le slogan: «Victime d’abus sexuels? Besoin d’aide? Ne reste pas seul.» A l’époque, le sujet était tabou. En 2013, on voyait une tête d’enfant de face, dans une bulle. En 2016, la première affiche de Zep destinée aux filles montrait l’agresseur pris dans un piège. Cette année, le dessin cible d’abord les garçons, avec un Titeuf s’exclamant: «Touche pô à mon zizi!» Mauro Poggia retrace le fil: «On a commencé par la lutte contre le renfermement sur soi, puis il y eut la sortie de la bulle, la contre-attaque et aujourd’hui le transfert de la honte vers l’agresseur, où elle aurait toujours dû être», souligne le magistrat. Psychothérapeute et coordinatrice du CTAS, Lydiane Bouchet relève que le vocabulaire a changé: «Il ne s’agit plus de dénoncer des «abus», comme si l’on évoquait l’usage exagéré d’une chose autorisée, mais bien des agressions inadmissibles».

Le choix de l’humour est revendiqué. «Il aide à installer le sujet dans le quotidien, observe Zep. Dans mes albums, la pédophilie, les agressions sur le net font partie de l’univers de Titeuf. Si l'information est trop allégorique, les enfants ne savent pas de quoi on parle. Et je ne crois pas qu’il faille être dramatique. Dire à des enfants que leur vie va être détruite est terrible. Ils ont une force de résilience incroyable. Plus tôt ils sont pris en charge, plus vite ils se remettront.» Information confirmée par Lydiane Bouchet: «Pour des adultes, le traitement peut prendre des années. Mais chez les enfants, quelques séances peuvent suffire.»

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