Week-end historique pour les Américaines de Bellevue

VoituresDes AC Cobra, Ford Capri et Corvettes roulent dès samedi à Dijon. Elles ont été préparées par un spécialiste réputé du canton. Portrait.

Benjamin Monnay, directeur de Burgol.
Vidéo: LUCIEN FORTUNATI

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Dix voitures genevoises participent ce week-end au Grand Prix de l’Âge d’Or, sur le circuit Dijon-Prenois, en Bourgogne. Une étape mythique des championnats de compétitions historiques. Dans l’écurie cantonale, des AC Cobra, Shelby GT 350, Ford Capri et une Corvette sont inscrites à trois courses réservées aux modèles des années 1960 et 1970.

Elles sont parties en camion mercredi après avoir été préparées des mois durant à Bellevue. Au chemin de la Radio, dans un ancien local de Swisscom dans le prolongement de la piste de l’aéroport, entre un champ de vignes, un enclos à chevaux et des bisons. Chez Burgol Racing Technologies.

Le garage est à l’image du secteur sur le bassin lémanique: à la pointe, important, réputé à l’international et discret. Il faut se plonger dans la campagne genevoise, bifurquer à la hauteur d’une place de jeux, longer une haie et passer un panneau «propriété privée» jouxtant un chemin de terre pour être enfin sublimé par la mécanique historique.

Lundi, J –5 avant la première course. Dans la cour, deux AC Cobra et deux Porsche 911 donnent le ton. À l’intérieur, des mécaniciens soignent le reste de la flotte. Sur le capot d’une BMW 3.0 CSL orange, on peut lire en vert «Jägermeister», le sponsor de l’époque.

Un bolide a roulé pour Pepsi et Texaco. Les carrosseries ont été repeintes à l’identique de leur heure de gloire, chacune avec un autocollant au nom du meeting à venir. Rond comme les cadrans des tableaux de bord et les rétroviseurs. Les roues sont visées, les vis serrées à l’aide d’une masse.

Marché important

«Pour deux mécaniciens, il faut compter entre onze et quinze mois de travail pour préparer une voiture à la compétition sur circuit», indique Benjamin Monnay, directeur de Burgol. Le team se spécialise dans une sacrée niche: les voitures de sport et de grand tourisme américaines construites entre 1960 et 1975. Le gros de ses clients habite le bassin lémanique.

La société a le vent en poupe quand bien même le marché des véhicules rares, comme placement, toussote après avoir connu dix ans de hausse. À Bellevue, les clients sont plus des propriétaires fous de mécanique que des investisseurs, même si, par modèle, les prix oscillent de 150 000 francs à 15 millions de francs. «On n’imagine pas le nombre de collectionneurs dingues de voitures historiques sur l’arc lémanique», selon Benjamin Monnay. Un réservoir qui incite le directeur à être «serein» malgré tout. Plusieurs courtiers renommés, de Kidston à Swiss Exclusive Tradition et Swiss Heritage Car, sont établis entre Genève et Verbier. Les concessionnaires et les sociétés de gardiennage de véhicules pullulent de Genève à Zurich.

Les débuts de Burgol datent de 1991, quand un agent spécialisé dans les motos, Didier Burgisser, décide de bricoler sur ce qui le passionne – les cylindrées américaines d’après-guerre – en dehors de ses heures de travail. L’entrepreneur participe cette année-là à un championnat, l’Asavé, avec des Chevrolet Corvette et une Ford Mustang des années 60.

Didier Burgisser en fait son métier dix ans plus tard suite à une grosse commande d’un collectionneur épris de courses historiques et prêt à débourser pour faire courir ses voitures.

La route du mécanicien croise aussi celle d’un passionné de Ford, avec lequel il crée une collection qui participera quinze ans durant à la plupart des compétitions européennes. L’équipe peut se prévaloir de trois victoires au Mans Classic avec une Lola T70 pilotée par Bernard Thuner, patron du garage genevois Autobritt.

D’autres commandes font passer à la société la vitesse supérieure, qui recrute et quitte le Grand-Saconnex pour Bellevue. Benjamin Monnay en devient le patron en 2014, dix après son arrivée dans l’équipe.

Mécanique et philosophie

Burgol compte désormais neuf employés et s’occupe de près de cinquante voitures. Par meeting, elle dégaine huit à seize véhicules capables de rouler à 280 km/h. La société, qui laisse piloter les propriétaires, des amateurs, privilégie la participation aux résultats.

Elle conserve sa spécialité historique mais se permet de déborder si un client élargit ses intérêts. Dans les motos rares, des voitures plus jeunes, le courtage. «On aime la mécanique, la philosophie de l’histoire, fabriquer des pièces sur mesure, souligne Benjamin Monnay. Ici, personne ne regarde la Formule 1.» Le directeur indique que, malgré les coûts élevés en Suisse, jamais Burgol ne sera délocalisée en France, à moins d’un kilomètre pourtant. «Il nous faut une situation géographique qui colle avec notre produit et notre service, conclut-il. Comme dans l’horlogerie.»

Créé: 09.06.2018, 10h28

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