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Une vraie drôle de mouche lui vaut un faux Nobel

Le Genevois Charles Lienhard a trouvé un insecte cavernicole aux organes sexuels inversés entre mâle et femelle. Un cas exceptionnel.

L'accouplement des mouches Neotrogla peut durer jusqu'à 70 heures.
L'accouplement des mouches Neotrogla peut durer jusqu'à 70 heures.
DR

Ce sont des études scientifiques improbables qui font sourire. Et pourtant, elles sont tout ce qu’il y a de plus sérieux et font réellement avancer la science. Pour valoriser ces recherches qui font rire avant de faire réfléchir, le magazine scientifique et humoristique Annals of Improbable Research a créé en 1991 des récompenses de l’absurde pour parodier le Prix Nobel, les Ig Nobel (pour «ignoble» et «Nobel»).

Accouplement durant 70 h

Tout commence lorsqu’un de ses collègues brésiliens lui envoie des spécimens cavernicoles.

Parmi eux, de nouvelles espèces, dont une mouche de 3 millimètres. «J’ai constaté que la femelle était dotée d’un organe ressemblant à un pénis, situé à l’intérieur de l’abdomen mais pouvant sortir à l’extérieur. Je l’ai baptisé le gynosome. Quant au mâle, il ne possède pas d’organe externe mais une sorte de vagin.» Informé, le chercheur brésilien retourne sur le terrain pour observer des scènes d’accouplement. «Il a dû ramener des spécimens à son domicile pour les étudier car l’acte n’en finissait pas… Il a finalement établi que l’accouplement pouvait durer entre 40 et 70 heures!»

Pendant tout ce temps, la femelle va chercher le sperme à l’intérieur du mâle. «C’est le monde à l’envers! s’exclame Charles Lienhard. Nous pensons qu’il lui fournit également quelques substances nutritives.» C’est la femelle qui décide quand l’acte se termine: des excroissances sur son gynosome lui permettent de s’accrocher au mâle et l’empêchent de bouger.

La découverte fait sourire, mais quel intérêt pour la science? «C’est un cas exceptionnel dans la sexualité! En comprenant la genèse et l’utilité d’une telle exception, cela nous permettra peut-être de mieux comprendre la règle générale.» L’entomologiste poursuit sa recherche pour comprendre quels sont les facteurs – l’environnement très aride ou l’absence de prédateurs qui permet un acte sexuel de plusieurs jours? – qui ont pu mener à cette étonnante configuration. Il précise encore que cette particularité n’est pas une anomalie, «c’est tout un genre qui présente ces organes sexuels inversés, soit quatre espèces au total».

Didgeridoo pour ronfleurs

Un autre Suisse a également été récompensé, par l’Ig Nobel de la paix. Milo Puhan, professeur d’épidémiologie et de santé publique de l’Université de Zurich, a testé l’influence de la pratique du didgeridoo – un instrument des aborigènes d’Australie – sur les apnées du sommeil.

Chez les personnes souffrant de ce symptôme et de ronflements, les muscles des voies respiratoires sont moins développés. Or, ce sont eux qui permettent de garder ces voies ouvertes. Grâce à la pratique du didgeridoo – qui nécessite une technique respiratoire spécifique – ces muscles se renforcent, les ronflements et l’apnée diminuent, et les personnes sont moins fatiguées.

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