«Nous voulons en finir avec les clichés sur l'AI»

Retour à l'emploiL’Office cantonal de l’assurance-invalidité invite les employeurs pour en faire des partenaires et marteler son credo: le maintien en activité.

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«Je vous remercie de votre invitation. Si j’avais connu il y a quelques années ce que vous proposez, j’aurais pu garder une excellente collaboratrice, victime d’un accident sur le lieu de travail, en la rapatriant dans un autre service.» On ne pouvait trouver meilleure preuve que ce témoignage d’un patron de l’utilité de la rencontre avec des employeurs, organisée mardi matin par l’Office de l’assurance-invalidité de Genève.

Réunis au restaurant La Plaine Lune – un lieu d’insertion de la Fondation Trajets – une trentaine de responsables d’entreprises ont répondu à l’invitation. Même si une bonne partie d’entre eux connaît les prestations de l’office, Jean-Didier Bandollier, le responsable du groupe réadaptation professionnelle, espère qu’ils transmettront le message et que celui-ci essaimera: «Nous voulons rendre plus visible ce que nous faisons et en finir avec les préjugés sur l’AI», explique-t-il.

Grâce aux nouveaux outils mis à disposition par la Loi fédérale sur l’assurance-invalidité depuis 2008 (5e révision), les offices cantonaux de l’AI peuvent en effet intervenir très tôt – bien avant l’octroi potentiel d’une rente AI – pour tenter de maintenir en emploi les personnes atteintes dans leur santé (maladie ou accident). Cela peut ensuite déboucher sur des formations, des adaptations sur le lieu de travail ou encore sur différents soutiens accordés aux employeurs.

La raison de ce travail en amont est simple. «Plus l’incapacité de travail se prolonge, plus les chances de réinsertion professionnelle diminuent», explique Alain Magnenat, conseiller en réadaptation professionnelle.

2282 actions précoces

«La réadaptation plutôt que la rente» n’est pas qu’un beau slogan. Cette phrase volontariste se traduit aussi en chiffres. «En 2014, 2282 assurés ont été reçus dans le cadre de l’intervention précoce, précise Anne Antille, responsable de la division réadaptation professionnelle. Cela représente 76% des assurés ayant déposé une première demande pour une rente ou une réinsertion professionnelle.»

Sur ce total, 1313 personnes auront bénéficié pour la première fois d’une mesure d’intervention précoce (autre que l’orientation). En 2012, ils n’étaient que 881. Dans la palette à disposition des 50 conseillers en placement et psychologues de l’office, on trouve des mesures professionnelles qui vont de l’octroi d’une formation initiale au reclassement professionnel, en passant par l’aide au placement.

«Le reclassement professionnel, c’est un peu la Rolls-Royce de ces mesures, poursuit Alain Magnenat. Le but est de maintenir la capacité de gain par la formation dans un nouveau métier adapté ou par la rééducation dans la même profession.»

Aide aux entreprises

Hier, le conseiller a aussi insisté auprès de ses auditeurs sur les mesures pour limiter les risques pris par l’entreprise. Il existe ainsi des placements à l’essai, payés par l’assurance et sans obligation d’engagement à la fin. Ou des allocations d’initiation au travail (perçues par l’employeur), d’une durée maximale de six mois.

«En organisant pour la première fois ce type de rencontre, nous voulions démystifier l’assurance-invalidité, conclut Jean-Didier Bandollier. Et aussi dire aux entreprises que nous avons besoin de leur participation.»

Créé: 17.06.2015, 08h19

De l’aide plutôt que des quotas

Loin de partir de zéro, l’Office cantonal de l’AI dispose d’une quinzaine de partenariats avec des institutions publiques et privées. On y trouve par exemple les Hôpitaux universitaires de Genève, les TPG, la Ville de Genève ou la Fédération des métiers du bâtiment (FMB), très engagée dans ce dossier.

Interrogés sur l’idée d’imposer aux entreprises des quotas de collaborateurs présentant un handicap, les responsables de l’office estiment que «cela ne marcherait jamais en Suisse». Pour Anne Antille, «ce qui importe, c’est que nous
puissions aider les entrepreneurs s’il y a un souci. Il faut éviter qu’ils se retrouvent avec plus de problèmes qu’avant».

L’enthousiasme des personnes présentes mardi matin semble lui donner raison. Et certains engagements ne datent pas d’hier. Représentant à cette séance ATC Processing et Badel, Philippe Bianco explique que cela fait plusieurs années que ces sociétés prennent des stagiaires envoyés par les partenaires de l’AI pour leur faire découvrir le métier de l’électricité. «Il faut que les gens connaissent un peu le boulot ou qu’ils soient très motivés», ajoute-t-il.

Responsable des tableaux électriques à ATC, Philippe Bianco précise que dans son secteur, sur douze collaborateurs, deux sont venus par l’entremise de l’AI: l’un est engagé et l’autre est en formation. Quant aux stagiaires, six ou sept sont accueillis par an.

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