«Nous ne voulons pas d'une banlieue française à la Praille»

VotationLa droite combat la loi sur le PAV soumise au vote le 10 juin. Les projets n’y seraient pas rentables car trop sociaux.

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«Nous ne voulons pas d’un Sarcelle à la Praille.» Pascal Pétroz, président de la Chambre genevoise immobilière (CGI), n’hésite pas à faire référence à cette banlieue française de triste réputation pour souligner son propos. À l’entendre, le futur quartier de la Praille est menacé des mêmes maux. C’est pourquoi il recommande de voter non le 10 juin à la loi sur le secteur Praille-Acacias-Vernets (PAV).

La CGI n’est pas seule. La droite et les milieux patronaux sont sur la même longueur d’onde. «Nous sommes favorables au PAV, mais pas de cette manière», disent-ils en substance.

La loi soumise au vote vise à revoir le nombre et le type de logements. Elle prévoit davantage d’appartements par rapport aux futurs emplois, un peu moins de logements sociaux et une petite part d’appartements à vendre.

Trop de logements sociaux

Pour la droite, ces proportions ne sont pas bonnes. «D’une part, il y a trop de logements sociaux», dénonce-t-elle. La loi prévoit 62% de logements d’utilité publique (Lup), dont 24% d’habitations bon marché, des HBM réservés aux plus bas revenus. Ces populations n’apporteront pas assez d’impôts.

D’autre part, il n’y a pas assez d’appartements à vendre (PPE). La loi n’en prévoit que 12%. «Et encore, c’est de la PPE bidon», vitupère Pascal Pétroz. Ces appartements reposeront en effet sur des terrains de l’État, qui accordera un droit de superficie. Le «propriétaire» paiera donc une rente à l’État pour «louer» le terrain. Une solution qui ne serait pas du tout intéressante, à en croire la droite, même si la loi ne dit pas grand-chose des modalités d’application de ces droits de superficie.

«Le problème, c’est que ces quotas ne vont pas dégager assez d’argent pour lancer les opérations immobilières, estime Benoît Genecand, conseiller national PLR qui dirigea très brièvement le PAV à ces débuts. Et rien ne se passera sur le PAV qui restera bloqué.»

Un quart d'appartements à vendre

La position de la droite paraît paradoxale. Car la révision qu’elle combat va dans le sens qu’elle réclame puisqu’elle est plus souple que la mouture actuelle, que ses députés avaient d’ailleurs acceptée à l’unanimité en 2010. En fait, elle mise sur une victoire pour reprendre la main sur le dossier et proposer d’augmenter fortement la part de PPE. «Notre projet de loi, déjà déposé, préconise 24% de PPE, souligne Bertrand Buchs, président du PDC. Avec ce taux, nous pourrons faire tourner les plans financiers.» (TDG)

Créé: 16.05.2018, 19h12

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