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Vote électronique: le procès d’un journaliste genevois se poursuit

Journaliste de la RTS, couvrant Genève, Joël Boissard s’est rendu au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone pour présenter sa défense.

Le journalisate genevois Joël Boissard
Le journalisate genevois Joël Boissard
RTS Info

En novembre dernier, un journaliste de la RTS, Joël Boissard, était condamné par le Ministère public de la Confédération. En cause, une enquête sur le vote électronique. Il démontrait avoir pu voter à deux reprises lors du scrutin portant sur la loi sur la police. Après avoir averti la Chancellerie, son vote avait été annulé. Mais le délit de fraude électorale est poursuivi d’office. Ayant fait recours, il comparaissait jeudi. Interview.

Joël Boissard, que s’est-il passé à l’audience?

Nous étions convoqués à Bellinzone à 8 h 00 au Tribunal pénal fédéral. Nous avons été reçus par un juge en présence du Procureur général, Marco Renna, qui défendait la décision de me condamner à 10 jours amende avec sursis et 510 francs de frais divers suite à mon enquête sur le vote électronique à Genève. La RTS conteste cette condamnation. L’audience a duré trois heures. Le juge a 60 jours pour rendre sa décision.

Quelle était votre défense?

Pour nous, le délit de double vote qui nous est reproché n’a pas été commis, puisque mon vote a été annulé. Ce double vote, il fallait néanmoins le faire pour démontrer que c’était possible. L’intérêt public de cette enquête est le test de la fiabilité du vote électronique. Mais Marco Renna n’était pas de cet avis. Il pense que j’aurais pu appeler la chancellerie pour obtenir les informations nécessaires à l’enquête. J’en doute.

Quelles seraient les conséquences d’une éventuelle condamnation?

Une enquête implique parfois d’expérimenter par soi-même pour trouver des réponses et non d’attendre les réponses officielles qu’on veut bien vous donner. C’est d’autant plus vrai quand l’affaire est délicate, car les autorités peuvent se retrancher derrière le secret. Une condamnation aurait un effet dissuasif sur d’éventuelles enquêtes, raison pour laquelle la Cour européenne des droits l’homme est très prudente dans ce genre d’affaire.

Vous avez mené votre enquête, vous avez des ennuis. Des regrets aussi?

Pas du tout. La Chancellerie de Genève a modifié ses procédures suite à mon reportage, démontrant par là son intérêt public. Mais il est évident que je regrette la judiciarisation de notre métier, qui a un effet restrictif. Par exemple, j’aimerais bien en savoir plus quant aux solutions trouvées par la Chancellerie pour palier les faiblesses du système de vote électronique… Mais je ne me suis pas lancé, vu la procédure en cours.

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