Mais où vont les feuilles que l'on ramasse?

GenèveÀ l'automne, des tonnes de feuilles qui tombent sont polluées et doivent être incinérées. D’autres connaissent une fin plus naturelle.

Chaque année, Genève produit près de 400 tonnes de compost, dont font partie les feuilles mortes.

Chaque année, Genève produit près de 400 tonnes de compost, dont font partie les feuilles mortes. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dans la brume matinale, un cantonnier s’active aux abords des cheminements du parc Bertrand, à Champel. À l’aide d’une souffleuse, il pousse avec flegme les feuilles tombées dans la nuit jusqu’au pied des arbres et des arbustes, les y accompagne. Ce geste, qui semble anodin, constitue en fait une petite révolution.

Depuis quelques années, les employés du Service des espaces verts (SEVE) de la Ville de Genève ont adopté une philosophie automnale vertueuse. «De plus en plus, on souffle les feuilles dans les zones où elles peuvent se dégrader de manière naturelle», se réjouit Jean-Gabriel Brunet, adjoint de direction au SEVE. Le cycle de l’humus s’en retrouve favorisé. Ces petits tas de feuilles, où foisonnent les vers de terre et poussent les champignons, servent aussi de refuge aux hérissons pour hiberner. Les oiseaux y dégotent parfois de la nourriture.

Parcs à feuilles

Au parc Bertrand, les feuilles terminent donc leur vie là où elles l’ont commencée. «On essaie de leur faire faire le moins de kilomètres possible», se félicite Jean-Gabriel Brunet, du SEVE.

Car les feuilles ne connaissent pas toutes le même destin. Au parc La Grange, aux Eaux-Vives, une bonne partie de ce qui a été ramassé est stockée dans un parc à feuilles. «On utilise les balayeuses aspiratrices lorsqu’il y a de grandes quantités, précise Jean-Gabriel Brunet. C’est plus compliqué quand il a plu. Les feuilles deviennent cinq à six fois plus lourdes.» Ensuite, elles sont transportées par camion vers la pépinière des Bornaches, propriété de la Ville, à Perly-Certoux. Après un an et demi, les voilà restituées en compost. Une autre manière de boucler la boucle.

«On souffle les feuilles dans les sous-bois autant que possible»

Olivier Chatelain, responsable du Service de l'environnement à Meyrin

À Meyrin, Olivier Chatelain, responsable du Service de l’environnement, confie que sa Commune, comme la Ville et d’autres, tente d’évoluer en «circuit fermé». «On souffle les feuilles dans les sous-bois autant que possible», dit-il. Le solde est toutefois livré à la station de compostage de Châtillon, à Bernex. «Les agriculteurs, les paysagistes et les collectivités utilisent cette matière organique pour amender les sols», rappelle-t-il. Chaque année, Genève produit près de 400 tonnes de compost. Avec quelle part de feuilles mortes? On l’ignore.

Feuilles «souillées»

Celles qui s’échouent au bord des routes et des trottoirs connaissent une fin différente. Moins naturelle. «Les feuilles que l’on ramasse sur les parties goudronnées où transitent des véhicules motorisés, des vélos ou des piétons sont considérées comme impropres au compostage», explique Jean-Marc Robbiani, en charge de la communication à la Voirie de la Ville de Genève. Il développe: «Elles sont imprégnées de résidus de plastiques, d’hydrocarbures et de gomme de pneu qui peuvent être très néfastes pour l’environnement et pour le processus de traitement des déchets organiques.»

Terminus: l’usine des Cheneviers. Des centaines de tonnes de feuilles «souillées» y sont incinérées chaque automne. Auparavant, elles séjournent dans l’un des 37 parcs provisoires que la Ville installe sur son territoire entre octobre et décembre. Chacun équivaut en moyenne à dix fosses de 3 mètres cubes. On en trouve un par exemple le long du quai bordant la patinoire des Vernets. «À l’automne, notre capacité de stockage est six fois plus importante qu’en temps normal», évalue Jean-Marc Robbiani.

Agir vite

Le gros tombe habituellement avec le premier coup de froid. Cette année, c’était à la fin novembre. La Voirie doit alors agir vite. Question d’esthétisme, mais surtout de sécurité. «Selon les endroits, cela peut devenir très glissant pour les piétons et les cyclistes», prévient Jean-Marc Robbiani.

Seuls les arbres à feuilles caduques, certaines espèces de bouleaux, de chênes ou encore de hêtres, les perdent à l’automne. Ceux au feuillage marcescent attendent le printemps.

Créé: 09.12.2019, 07h35

Articles en relation

Les feuilles mortes font le spectacle

Reportage Les arbres «tournent» et changent de couleur. C’est maintenant et c’est beau. Vive l’automne en ville. Plus...

Les feuilles des arbres assurent le spectacle

Parcs publics La météo des vacances encourage la visite des parcs. Les couleurs d’automne sont éclatantes. Nos meilleurs spots. Plus...

Le dernier week-end d’octobre fête le retour de l’été

Plein air Des températures exceptionnellement douces ont mis tout le monde dehors ce samedi. Le caleçon de bain a fait son retour au bord du lac. Jaune et pourpre comme les feuilles d’automne. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Votation: faut-il taxer les chiens?
Plus...