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Un vol humanitaire rapatrie des Roms de Genève en Roumanie

L’œuvre d’entraide Caritas a organisé cette opération, financée par des donateurs privés, avec l’aide du Canton et de la Confédération.

Plus de soixante Roms ont été rapatriés mercredi de Genève en Roumanie, à cause de la situation sanitaire.
Plus de soixante Roms ont été rapatriés mercredi de Genève en Roumanie, à cause de la situation sanitaire.
Caritas

Mercredi matin, un vol humanitaire est parti de Genève pour rallier la ville de Cluj-Napoca, au nord-ouest de la Roumanie. À son bord des familles Roms rapatriées en urgence, représentant en tout 63 personnes, ainsi que d’autres citoyens roumains bloqués en Suisse à cause de la crise sanitaire liée au coronavirus. Ce vol a été organisé par l’œuvre d’entraide Caritas Genève, en concertation et avec l'appui logistique et administratif du Canton et de la Confédération, ainsi que du consulat de Roumanie en Suisse. L’opération a été financée par plusieurs donateurs privés, qui souhaitent rester anonymes.

«La situation devenait intenable pour de nombreuses familles Roms à Genève», écrit Caritas Genève dans un communiqué de presse. Cette crise met durement à l’épreuve les populations les plus vulnérables, dont les Roms présents à Genève, qui se retrouvent sans revenus et dans l’impossibilité de se mettre en sécurité, souligne l’organisation. «C’est à la demande des Roms eux-mêmes que nous avons réalisé ce projet fou, confie le directeur de Caritas Genève, Dominique Froidevaux. Ils vivent généralement sous des ponts ou dans des caches pas très salubres, et les lieux d’hébergement d’urgence genevois, déjà très sollicités, n’étaient pas appropriés pour accueillir, avec toutes les précautions sanitaires de rigueur, ces familles vivant en groupe ou en clan. Pour elles, le confinement ne pouvait s’envisager que dans leurs villages, en Roumanie.»

En outre, ces Roms se retrouvaient complètement privés de revenus. «Les plus vulnérables vivent de la mendicité, mais comme les rues sont vides, cela ne donne plus rien, explique Dominique Froidevaux. D’autres vivent de petits jobs occasionnels, comme l’aide à domicile, mais avec le confinement de la population, cette source de revenus s’est également tarie. Il était devenu très difficile pour eux de se nourrir.» Certains ont bien essayé de retourner en Roumanie par leurs propres moyens, par voie terrestre, mais la fermeture des frontières les en a empêchés. Caritas a dans un premier temps tenté d’organiser un convoi humanitaire routier, mais comme il fallait traverser plusieurs pays, cela s’est révélé impossible.

Nombreux obstacles

Organiser ce rapatriement n’a pas été une sinécure. «Il y a eu beaucoup d’obstacles à surmonter et, jusqu’au dernier moment, nous n’étions pas sûrs de réussir», poursuit le directeur de Caritas Genève. La première difficulté a été d’entrer en contact avec les environ 200 Roms que l’organisation sait vivre à Genève actuellement. «Nous sommes régulièrement en lien avec eux, mais dans la situation actuelle nous ne pouvons plus faire notre travail de rue habituel.» L’œuvre d’entraide a donc fait circuler, via les téléphones portables et les réseaux sociaux, une vidéo en langue romani pour faire passer l’information. «C’était le meilleur moyen de toucher le plus de monde possible. Des distributions de nourriture ont aussi permis de faire marcher le bouche à oreille. Mais certains n'ont pas souhaité prendre ce vol, ou ne croyaient pas que nous y arriverions.»

Avant de partir, les Roms rapatriés ont reçu des paniers de denrées alimentaires fournis par l’association Partage, qui les aideront à tenir pendant les deux semaines de quarantaine à domicile qu’ils doivent effectuer en Roumanie. Ils ont également été informés, dans leur langue, sur les consignes de sécurité sanitaire. Les Transports publics genevois (TPG) ont organisé des convois pour les emmener à l’aéroport. Sur place, à Cluj-Napoca, des cars ont ramené les familles dans leurs villages respectifs. «Nous avons eu des contacts téléphoniques pour nous assurer que tout le monde était bien arrivé chez soi», se réjouit Dominique Froidevaux.

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