Des voix s’élèvent à l’interne contre la présidente du PS

Elections cantonales 2018Certains socialistes doutent de la capacité de Carole-Anne Kast à mener la campagne. Elle s’en défend.

Carole-Anne Kast, présidente du PSG lors de la fête de lancement de la campagne cantonale du Parti Socialiste genevois.(photo d'illustration).

Carole-Anne Kast, présidente du PSG lors de la fête de lancement de la campagne cantonale du Parti Socialiste genevois.(photo d'illustration). Image: Pierre Albouy

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Le Parti socialiste genevois peine à marcher uni, voire pour une partie des membres à suivre celle qui le préside. Ces derniers mois, le rôle de Carole-Anne Kast comme présidente du parti a été remis en cause en coulisses. En interne, ils sont plusieurs, sous couvert d’anonymat, à penser que depuis son éviction de la course au Conseil d’Etat lors de l’assemblée du 13 mai, elle peine à pousser les trois candidats socialistes (Anne Emery-Torracinta, Sandrine Salerno et Thierry Apothéloz) sur le chemin du gouvernement.

Dernièrement, c’est un mail qui a fait grincer des dents. Envoyé le 22 septembre aux quelque 850 membres du PS, la missive concerne la démission du parti de Fatima Rime. Cette conseillère municipale à Onex rejoint les rangs du GEM d’Eric Stauffer. Ce n’est certes pas le premier transfuge d’un parti à l’autre. Il est en revanche plutôt rare de voir la présidente du parti délaissé prendre la plume sur le sujet.

Choix de l’assemblée

La démarche passe mal auprès de nombreux destinataires. Surtout au vu du contenu. Evoquant l’assemblée de désignation du 13 mai, Carole-Anne Kast écrit: «Fatima Rime dit s’être sentie ébranlée dans ses valeurs ce jour-là, après des années de militance. Elle dit avoir vécu cette assemblée générale comme une stigmatisation, une relégation qui ont pesé lourd (…). Fatima attribue son rejet au soutien publiquement exprimé à ma candidature et à l’amitié qu’elle me porte depuis de nombreuses années.» Difficile de ne pas voir dans ces lignes l’expression de la déception de la présidente elle-même.

«C’est vrai que j’ai été déçue, reconnaît Carole-Anne Kast. Je ne l’ai pas caché. Je pense toujours que notre parti aurait mieux fait de partir à quatre, c’était d’ailleurs le préavis du Comité directeur. C’est un choix stratégique fait par l’assemblée. Pas un désaveu, ce d’autant que le congrès m’a portée en tête de liste pour le Grand Conseil.» Concernant le mail, elle assume tant la démarche que le contenu: «Cette démission n’est pas anodine puisque Fatima Rime était sur la liste du Grand Conseil. Voilà pourquoi il fallait avertir les membres. Quant aux raisons de son départ, elle pense qu’elle paie le fait de m’avoir soutenue. Je ne partage pas cet avis. Il y a aussi des raisons plus personnelles qui lui appartiennent. Mais je n’ai fait que relayer les mots qu’elle m’a confiés et il y a des situations où l’humain doit l’emporter sur le politique, c’est le cas ici.»

D’autres dossiers

Un autre mail surprend, voire agace. Il porte sur l’affaire Pagani. Dans ce dossier épineux pour la Ville, et notamment pour les magistrats PS Sami Kanaan et Sandrine Salerno, Carole-Anne Kast relaie la position de Pablo Cruchon (SolidaritéS) et de Nicolas Walder (Verts) sur le vote à venir concernant les motions de la droite appelant à la démission du maire. Elle appelle, dans ce mail, à refuser les motions pour «préserver l’unité de l’Alternative à six mois des élections». Une démarche jugée maladroite par plusieurs élus de la Ville. «Pourtant, la majorité des conseillères et conseillers municipaux socialistes a partagé ce point de vue puisque c’est la position que le groupe a adoptée in fine. Je m’étonne que certains, minoritaires, n’aient pas compris la dimension cantonale de ce vote purement symbolique et soient prêts à se désolidariser de nos alliés. Pour quel objectif?» s’interroge Carole-Anne Kast.

Ce dernier épisode ravive les tensions entre la direction du parti cantonal et la section Ville qui compte plus de 400 membres. Le débat sur l’éventuelle exclusion de Manuel Alonso Unica – suite aux propos publiés par ce candidat PS au Grand Conseil sur Facebook – avait déjà mis en lumière des divergences. Dans ce dossier, des membres de la section Ville reprochent au comité directeur cantonal d’avoir pris, avant l’assemblée cantonale du 14 septembre, un préavis négatif contre l’exclusion, allant ainsi à l’encontre d’un vote en assemblée générale de la section. «Statutairement, le Comité directeur doit donner un préavis pour toutes les assemblées générales. N’en déplaisent à certains, nous sommes un parti démocratique et qui se bat continuellement contre l’exclusion, à tous les niveaux», rappelle Carole-Anne Kast.

Si des voix, anonymes toujours, parlent de difficultés majeures à tenir la baraque, la présidente déclare «ne pouvoir prêter aucune légitimité à des délations anonymes, alors que le débat pourrait parfaitement être fait à visage découvert. Mais il est plus simple d’alimenter les rumeurs que d’assumer ouvertement remettre en cause les décisions démocratiques prises par notre parti.»

(TDG)

Créé: 03.10.2017, 23h04

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