«Nous visons un siège au National»

Élections fédéralesDenis Thorimbert est administrateur des Vert'libéraux genevois. La section présente neuf candidats au Parlement national.

Denis Thorimbert, administrateur des Vert'libéraux genevois.

Denis Thorimbert, administrateur des Vert'libéraux genevois. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

A l’approche des élections fédérales du 18 octobre, la Tribune de Genève reçoit les chefs des principaux partis politiques genevois. Aujourd’hui, Denis Thorimbert, administrateur des Vert’libéraux.

Les Vert’libéraux genevois ont perdu deux figures de proue à la tête du parti, Laurent Seydoux et Sue Putallaz. Vous voilà administrateur. Qu’est-ce que cette fonction?

Nous ne les avons pas perdus! Laurent Seydoux est vice-président suisse. Quant au rôle d’administrateur, c’est mon idée. Sue Putallaz a annoncé renoncer à la présidence de manière surprenante. Nous n’étions pas préparés. Tout le monde s’est alors tourné vers moi, mais j’avais besoin d’un temps de réflexion. Je me suis inspiré de l’Eglise catholique, pour laquelle j’ai travaillé, qui nomme un administrateur à la mort d’un évêque. Je ne le regrette pas. Je suis désormais prêt à reprendre la présidence en novembre.

En tant que futur président, présentez-vous!

Genevois, j’ai une formation de juriste. Je suis très actif dans une association organisant des camps pour la jeunesse et travaille pour une caisse publique de prêt sur gage. J’ai attendu que mes enfants grandissent et l’accord de ma femme pour m’engager en politique. J’ai alors rejoint l’Action villageoise à Plan-les-Ouates.

L’Action villageoise qui est devenue le noyau de la section genevoise des Vert’libéraux.

Lorsque l’on s’est aperçu que l’Action villageoise n’avait pas d’avenir et manquait de notoriété cantonale, Laurent Seydoux a proposé d’en faire la section genevoise des Vert’libéraux. J’étais parmi les membres fondateurs.

Qu’est-ce qu’être vert’libéral à Genève?

Cela consiste à œuvrer avec équilibre entre l’économie, le social et l’écologie. A Genève, c’est compliqué car on se situe au centre droit qui est déjà bien occupé. Une de nos forces le seul parti de droite réellement engagé pour une économie verte et contre le nucléaire.

Vous n’avez obtenu que trois sièges à Plan-les-Ouates et 2.7% des voix en Ville de Genève. Pourquoi viser le National?

A Plan-les-Ouates, nous avons obtenu 11.8% des voix: le meilleur score d’une section Vert’libérale en Suisse. Ensuite, pour faire avancer ses idées, un parti a besoin d’une fenêtre pour s’exprimer. On vise un siège au Conseil national, cela ne sera pas une tâche facile mais nous avons fait un apparentement avec le PLR, le PDC et le PBD. Quoiqu’il arrive, nous contribuerons au renforcement du centre droit et nos voix ne seront pas perdues.

Vous êtes contre le nucléaire alors que le PLR est pour. Que partagez-vous?

Dans une famille, on ne s’entend pas toujours sur tout. Le nucléaire est un point de désaccord, mais nous rejoignons le PLR sur la lutte contre l’endettement des collectivités publiques. Pour maîtriser les coûts, il faut parfois serrer la vis et refuser des crédits même quand les projets sont bons, quitte à déplaire. La population n’arrête pas de demander de nouvelles prestations mais ne veut pas les payer: prenez l’exemple de la baisse des tarifs des TPG!

A Plan-les-Ouates, vos élus ont demandé, sans succès, d’abandonner l’idée d’un tram vers Saint-Julien. Pourquoi?

On a une vision idéale du tram venue de Suisse alémanique. Nous nous demandons s’il n’y a pas une alternative plus économique comme un téléphérique urbain, par exemple.

Les Vert’libéraux combattent les «emplois surclassés», qu’est-ce que cela veut dire?

Nous pensons que les entreprises sont trop exigeantes lorsqu’elles définissent le profil des personnes qu’elles veulent engager. Prenez l’exemple d’une secrétaire. On lui demande d’être bilingue ou trilingue alors que cela ne se justifie pas. A certains postes, on devrait pouvoir engager quelqu’un qui n’a que 60% du profil et le former.

Et qui paierait cette formation?

Cela ne peut pas être unilatéral. Le collaborateur, l’Etat et l’employeur doivent prendre conscience que cette formation à un coût.

Les PME sont déjà préoccupées par le franc fort, est-ce le moment de les faire investir davantage dans la formation?

Il n’y a pas que le politique qui peut leur apporter des solutions. On attend toujours trop des politiciens, comme de l’Etat. Chaque citoyen à sa part de responsabilité. Par sa propre consommation, en favorisant les achats de proximité, il peut aider les PME. Si on veut que la Suisse et Genève gardent leur stabilité, il faut aussi faire un effort! C’est comme pour l’aéroport. Les gens ne doivent pas sous-estimer l’impact écologique.

L’aéroport est une source de revenu important pour Genève. Comment y concilier écologie et économie?

Le Conseil d’Etat envisage 25 millions de passagers en 2030, est-ce que Genève a la capacité de les accueillir? C’est un sujet de discussion nouveau au sein du parti. Est-ce que le coût des dommages à l’environnement est supérieur ou inférieur à l’argent qui rentre dans les caisses. Il y a aussi le coût social des nuisances et le coût de la pollution pour la santé. Ne pourrait-on pas imaginer un rapprochement avec l’aéroport de Lyon et des trains entre les deux? A un moment, il faut savoir dire stop.


«Il faut respecter la volonté du peuple»

Faut-il augmenter l’AVS à 65 ans pour les femmes?

Nous sommes pour un traitement égalitaire homme/femme. Mais ce n’est pas la seule mesure qui doit permettre d’améliorer la situation financière de la retraite. En parallèle, nous sommes pour une flexibilisation de l’âge de la retraite de plus ou moins cinq ans.

Doit-on revoter sur l’initiative «Contre l’immigration de masse»?

Non. Nous devons respecter la volonté du peuple même si le vote s’est joué à quelques milliers de voix près. Il faut tout faire pour l’appliquer tout en continuant à discuter avec l’Europe pour lui faire comprendre nos arguments et trouver des aménagements. Notre processus démocratique doit être respecté.

La loi sur l’aménagement du territoire pour construire sur la zone agricole doit-elle être assouplie?

Non. Berne a imposé à Genève un nombre d’hectares agricoles et on doit s’y plier. A certains endroits, nous pouvons construire plus haut sans gâcher le paysage ni altérer la qualité de vie dans les bâtiments. Mais il est primordial de garder une mixité d’activité pour éviter les cité-dortoirs.

Faut-il réélire Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral?

Je ne vais pas faire plaisir au PLR mais j’estime que oui. L’élection au Conseil fédéral se fait sur la base des compétences de la personne et Eveline Widmer-Schlumpf a démontré qu’elle a des compétences. Le contexte international est très difficile en matière de fiscalité, elle a fait son maximum pour rester fidèle à l’esprit suisse.

Créé: 29.09.2015, 19h34

Articles en relation

«Il faut bloquer la frontière»

Elections fédérales Le président du MCG, Roger Golay, explique que faire si des réfugiés arrivent en masse. Plus...

«Il faut sauver les bilatérales»

Elections fédérales Président du PLR genevois, Alexandre de Senarclens évoque les enjeux de la législature. Plus...

«Investir dans l’innovation»

Elections fédérales Présidente des Verts genevois, Lisa Mazzone plaide pour des investissements «pertinents». Plus...

«Créons un congé parental»

Elections fédérales Le président du PDC Sébastien Desfayes réaffirme le credo de son parti: emploi et famille. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.