Le virus met les pompes funèbres sous tension

GenèveDes employés se disent trop exposés au coronavirus durant les obsèques et les levées de corps.

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Le coronavirus a le don de mettre les nerfs à vif. C’est le cas notamment aux pompes funèbres de la Ville de Genève, dont plusieurs employés ont contacté la «Tribune de Genève». «Nous sommes très inquiets», dit l’un d’eux, qui estime que les directives fédérales ne sont pas appliquées à la lettre, «ce qui met la santé du personnel en danger».

L’inquiétude est montée d’un cran il y a dix jours, le vendredi 13 mars, quand les funérailles d’une jeune personne ont rempli la grande chapelle de Saint-Georges. «La salle était pleine et des gens se tenaient même debout, raconte l’employé. Il y avait 370 personnes.» Le jour précédent, le Conseil d’État avait interdit les rassemblements de plus de 100 personnes, avec certes des dérogations possibles.

Depuis, les cérémonies sont moins nombreuses. La semaine dernière, elles n’ont pas dépassé les vingt personnes. Les employés rencontrés estiment que c’est encore trop. De fait, le Conseil fédéral a désormais interdit les rassemblements de plus de cinq individus. Mais les funérailles font exception à la règle.

Autre grief: les distances de sécurité ne seraient pas respectées. Dans les chapelles, un siège sur deux a été condamné, moyennant la pose d’un ruban plastique d’ailleurs peu esthétique. «Ce n’est pas suffisant pour respecter l’écart de 1,50 mètre entre chaque personne», déplore un autre employé.

La conseillère administrative Esther Alder assure que «la sécurité de nos collaborateurs est une préoccupation majeure sur laquelle nous ne transigeons pas». Une information est fournie aux familles lors des obsèques, il est recommandé aux personnes vulnérables de ne pas s’y rendre et la consigne est donnée de ne pas dépasser vingt personnes. Ce chiffre a été autorisé par la Direction de la santé, souligne la magistrate.

En ce qui concerne les funérailles du 13 mars, une dérogation a été demandée au médecin cantonal (aussi bien par les pompes funèbres que par la famille) qui a recommandé «de limiter la salle à 100 personnes». «La famille était donc avisée des restrictions sanitaires, relève Esther Adler. Dans ce cas précis, il était difficile d’imaginer demander aux personnes de repartir.»

Depuis lors, les cérémonies sont limitées à 20 personnes «et nous notons un respect croissant de la limite maximale», relève la magistrate. Par ailleurs, «depuis le 16mars, une grande partie des chaises ont été retirées des chapelles, ce qui permet de respecter la distance de 1,50mètre», poursuit Anne Humbert-Droz, cheffe du Service des pompes funèbres.

Mais les employés se plaignent aussi de ne pas pouvoir porter de masque, notamment lors de l’accueil aux chapelles, voire parfois lors des levées de corps. Cette question est récurrente dans les services exposés, comme par exemple à la police. En raison de la pénurie, les autorités sanitaires préfèrent pour l’heure réserver les masques en priorité au personnel soignant.

Face à cette demande, Anne Humbert-Droz assure que «les employés peuvent porter des masques s’ils le souhaitent». Dans le cas des levées de corps, elle affirme même: «Nous fournissons actuellement aux collaborateurs le même matériel que celui qui est mis à disposition lors de toutes les levées de corps, c’est-à-dire des gants, des lunettes, des masques et, si besoin, des combinaisons de protection.» Voilà qui devrait finir par rassurer les employés.

Créé: 25.03.2020, 08h42

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