Ils violentaient les passants pour un portable, une cigarette, une banane

JusticeQuatre prévenus sont jugés pour une série de vols avec violence. Les victimes prient pour ne plus recroiser leur chemin.

L’agression la plus violente a été commise, en plein jour, au sentier des Saules.

L’agression la plus violente a été commise, en plein jour, au sentier des Saules. Image: Georges Cabrera

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Ils arpentaient les rues de Genève, de jour ou de nuit, et mieux valait ne pas croiser leur chemin. Ils sont quatre sur le banc des accusés, âgés de 25 à 29 ans, et jugés pour des brigandages et des violences à des degrés divers. Ils sont nés en Macédoine, au Maroc, en Turquie. Deux d’entre eux sont arrivés en Suisse à l’adolescence après un parcours chaotique. Un seul a vu le jour à Genève.

Certaines agressions remontent à 2011. Place de l’Octroi, sentier des Saules, rue des Bains, passage Baud-Bovy. On agresse, on menace de «buter» ou de «planter». De frapper la victime si elle est homosexuelle. On prie les proies «d’allonger la monnaie» sans se faire prier, on les encercle, on les frappe pour un peu d’argent, un portable, un baladeur, même lorsqu’il s’agit de mineurs. Le butin est dérisoire mais la rencontre laisse des traces. On compte 25 victimes dans cette procédure, y compris celles qui ont vu leur voiture forcée et leurs affaires dérobées.

«Mon client était par terre, pourquoi vous êtes-vous acharné sur lui en lui donnant des coups de pied?» demande Me Michael Anders pour le compte d’un homme attaqué en 2013 à la rue de la Tour-de-Boël. «Franchement, je ne sais pas, répond l’un des prévenus. J’étais bourré et j’avais pris des substances.»

Plonger pour leur échapper

Dans certains cas, les agresseurs sont deux, dans d’autres cas, trois ou quatre. Certains faits sont admis, d’autres pas. L’un des accusés a déjà été condamné six fois, l’autre cinq. Le troisième lorsqu’il était mineur. Seul le dernier n’a pas d’antécédents. C’est également le seul qui est né à Genève et qui affirme qu’en dehors d’une infraction routière – une conduite en état d’ébriété – on ne peut rien lui reprocher.

L’agression la plus violente a eu lieu au sentier des Saules, en plein jour. Deux collègues de travail étaient venus pique-niquer. Il faisait beau et ils aimaient prendre leur pause de midi au bord du Rhône. C’était le 21 juin 2012. L’un des prévenus passait par là et leur a demandé une banane et une cigarette. Ils ont refusé poliment et tout a explosé. Un accusé a bousculé Guillaume* et lui a jeté des pierres, un autre l’a menacé de lui «mettre un revolver dans l’anus». Pendant qu’il tentait de les repousser, un troisième prévenu a donné un violent coup de poing à son collègue Jean*, qui est tombé par terre, sans connaissance. Alors qu’il gisait à terre, il a eu droit à un coup de pied en pleine tête qui a fait éclater sa mâchoire.

Entre-temps, Guillaume s’est jeté dans le Rhône pour échapper aux prévenus. Il est ressorti plus loin avant de revenir sur les lieux pour secourir son ami inconscient qui baignait dans une mare de sang.

Cet épisode a marqué les deux hommes pour toujours: «Ça a été très violent, se souvient Guillaume. Aujourd’hui, je ne sors plus seul le soir et j’évite certains endroits à Genève. Je suis toujours en train de prier pour ne plus recroiser ces messieurs.»

«Une violence inouïe»

Après sa double fracture de la mâchoire, Jean a dû pour sa part subir une longue opération et porte maintenant quatre plaques en métal dans la bouche. «Je ne sais pas si on va me les enlever un jour.» Il explique avoir vécu «une humiliation énorme et une perte de confiance. Toute ma famille a été choquée.» Il considère qu’il a reçu «un coup d’une violence inouïe. Il faut avoir un certain gabarit pour avoir pu me fracasser la mâchoire en deux points. D’autant plus que je suis de constitution solide.» Qui a donné ce coup de pied? Les deux victimes ont formellement reconnu l’auteur de l’acte. Mais celui-ci nie toute implication et deux de ses complices le mettent hors de cause.

Le procès se poursuit.

* Prénoms fictifs (TDG)

Créé: 14.11.2017, 09h39

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