Une vingtaine de caméras auront les Pâquis à l'oeil

GenèveDès mercredi, les rues pâquisardes seront mises sous vidéoprotection. Sur le terrain, l'accueil de ce nouveau dispositif est mitigé.

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Dès ce mercredi 15 octobre, la vidéoprotection sera opérationnelle aux Pâquis, annonce le Département de la sécurité et de l'économie (DSE). Au total, vingt-trois caméras seront déjà en activité et une demi-douzaine de plus seront installées d'ici la fin de l'année. S'agissant d'un projet pilote, une évaluation indépendante est prévue et les premiers résultats seront présentés après un an d'exploitation.

Les vingt-trois caméras déjà installées couvrent un périmètre compris entre la place de Cornavin et les rues du Mont-Blanc, de Berne, Pellegrino-Rossi, De-Monthoux et de Fribourg (consulter le plan détaillé des caméras aux Pâquis). Elles sont reliées à une centrale d'observation installée au nouvel hôtel de police. Huit agents de police se relaieront en moyenne 20h sur 24h, 365 jours par an, pour visionner les images et diriger les caméras.

Respect de la vie privée

Concernant le respect de la vie privée, le Département de la sécurité (DSE) assure que seuls la voie publique et le rez-de-chaussée des immeubles seront visibles. «Des «caches» masqueront de façon permanente les façades des immeubles situés au premier plan, explique le département de Pierre Maudet. Les images seront conservées durant sept jours, exception faite des séquences qui seront «marquées» lors d'événements susceptibles de donner lieu à une enquête, auquel cas les images resteront stockées durant 90 jours. »

Ce nouvel instrument de soutien au travail de la police et des autorités de poursuite judiciaire coûtera au final 1,1 millions de francs, «soit près de moitié moins que budgété», se félicite le DSE.

Sur le terrain, on attend de voir

«Les caméras? Regardez, il y en a une juste devant mon commerce.» La responsable d’un magasin de la rue des Alpes, qui tient à garder l’anonymat, montre l’appareil fixé au mur d’en face. Aux Pâquis, que pense-t-on du dispositif de surveillance? «On nous cambriole deux à trois fois par an et nous ne sommes pas les seuls dans ce cas-là. Alors on verra si les caméras vont améliorer la situation», répond-elle.

Un autre commerçant se montre aussi partagé: «Il faut voir si les problèmes se déplacent.» A l’angle de la rue de Fribourg et de la rue de Monthoux, on tombe cet après-midi sur deux hommes plantés là, bientôt rejoints par deux autres. Bien sûr qu’ils ont repéré les caméras: «On les craint parce qu’on ne sait pas à quoi ça sert», glisse un Guinéen. Tous écoutent nos explications. Ils craignent des fuites d'images sur Internet. Pensent-ils quitter le secteur pour se retrouver dans un lieu plus tranquille? La question reste sans réponse.

Deux prostituées rencontrées plus loin ne comptent en tout cas pas changer de trottoir. Postées piles dans l’axe d’une caméra fixée au milieu de la rue de Berne, elles confient se sentir davantage en sécurité. «C’est la délinquance qui fait fuir les clients, pas les caméras», estime un habitant croisé dans la rue.

Créé: 14.10.2014, 15h19

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