Vincent Maitre seul en lice pour reprendre la présidence du PDC

PolitiqueDescendant d’une dynastie d’élus PDC, le candidat se fixe comme objectif de rajeunir et de dynamiser son parti sans le bouleverser.

Avocat et député, Vincent Maitre est le seul candidat déclaré pour succéder à Bertrand Buchs à la présidence de la section genevoise du PDC.

Avocat et député, Vincent Maitre est le seul candidat déclaré pour succéder à Bertrand Buchs à la présidence de la section genevoise du PDC. Image: LAURENT GUIRAUD.

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Après deux ans de règne, le président du PDC Bertrand Buchs passe la main. À qui? Le parti a lancé début juillet un appel à candidatures. Il prend fin vendredi. Jusqu’ici un seul candidat s’est proposé, l’avocat et député Vincent Maitre (37 ans). Interview.

Vincent Maitre, vous êtes le seul candidat en lice pour diriger le PDC. C’est un bon signe?
Il faut en tout cas y voir le signe d’un parti serein. Depuis plusieurs années, et en particulier depuis les tiraillements qui ont pu accompagner certaines élections passées, le parti réfléchit à l’avance aux tournus et anticipe beaucoup plus. La démocratie interne, c’est bien, mais c’est encore mieux de trouver le consensus en amont et d’éviter de potentiels psychodrames. En fait, j’étais dans les rangs depuis 2014 et quand Bertrand Buchs a manifesté l’envie de partir, les regards se sont tournés vers moi. Le PDC a perdu un magistrat et des voix aux dernières élections. Votre parti va mal? Il ne va pas mal compte tenu des circonstances, surtout si on le compare avec le sort des autres sections cantonales. Nous avons même gagné un siège au Grand Conseil. Mais il ne faut pas se leurrer: ces dernières années, nous avons eu une séquence incroyable avec un deuxième magistrat au Conseil d’État, un conseiller administratif en Ville de Genève après vingt ans d’absence et de nombreuses victoires avec l’Entente. Nous vivons peut-être une période de rééquilibrage.

«Je veux redynamiser et rajeunir le parti»

Quels sont vos objectifs?
L’enjeu immédiat, ce sont les élections fédérales de 2019. Nous devons garder notre siège au National, en reconquérir un deuxième si possible: j’avoue une certaine nostalgie pour le duo Maitre-Vaudroz des années 90. A priori, nous aurons probablement un candidat pour les États. En parallèle, je veux redynamiser et rajeunir le parti. C’est pour cela que je rassemble une équipe présidentielle de six personnes, motivées et prêtes à mettre les mains dans le cambouis. Historiquement, il a longtemps fallu beaucoup de patience aux jeunes du parti pour percer, c’était décourageant. Il faut que cela change.

Au Grand Conseil, le PDC a été un soutien constant au Conseil d’État, en décalage avec le PLR. Vous allez poursuivre cette ligne?
Nous verrons. Je n’ai jamais eu de conduite prédéterminée par rapport au PLR. Quand nous sommes en désaccord, je le dis clairement et sans détour. Je crois qu’ils me reconnaissent cette franchise et l’apprécient. Notre ligne est d’arbitrer en faveur du bien général après une pesée d’intérêts. Ces dernières années, le budget du Canton était loin d’être idéal, mais son éventuelle absence aurait été dommageable: nous avons arbitré en faveur du Conseil d’État. On verra si c’est toujours le cas, mais c’est vrai que nous sommes un parti gouvernemental. Cela implique des responsabilités. C’est trop facile de torpiller les institutions comme le font le MCG ou Ensemble à Gauche.

Justement, les résultats des partis contestataires ont été médiocres lors des récentes élections. Une surprise?
En politique, comme dans la vie, je crois aux cycles. Vigilance a été le premier parti du canton en 1985 et il avait à sa tête des personnalités d’une autre ampleur que les populistes actuels. Il a disparu. Pour le MCG, je ne me suis jamais vraiment inquiété. Il fallait le combattre, dénoncer sa roublardise, son opportunisme, mais sa chute était une question de temps. Un parti qui n’apporte ni solutions ni réponses mais se contente de faire du bruit ne peut pas gagner éternellement. Une fois son déclin enclenché, inutile d’en rajouter d’ailleurs: Genève offre plus d’emplois qu’elle n’a de population active, c’est ça la réalité. Et on ferait mieux de s’occuper de nos problèmes d’emplois, de logement, de mobilité plutôt que perdre notre temps avec des débats inutiles.

«Je fais aussi de la politique par passion, et parce que j’ai encore des choses à apporter»

Depuis des années, le PDC bloque toute alliance à droite en refusant les avances de l’UDC. Changement en vue?
Pourquoi? Notre base nous répète sur tous les tons depuis des années qu’elle ne veut pas d’alliance. Nos valeurs ne coïncident pas. Regardez au Grand Conseil ou lors de votations, sur dix votes, neuf nous séparent. Cela dit, sur les grandes thématiques, la fiscalité, les finances, il peut y avoir des convergences. Je souhaite travailler sur ce qui nous rassemble mais serai inflexible sur ce qui nous oppose.

Vous êtes le fils de l’ancien conseiller d’État et conseiller national PDC Jean-Philippe Maitre. Vous vous sentez libre ou contraint par cet héritage politique?
Libre et redevable de rien. Mon père ne m’a jamais influencé à faire de la politique, ni à entrer au PDC, alors que c’est vraiment une histoire de famille depuis mon grand-père, ma grand-mère, ma mère, tous élus. Mais je n’ai pas l’ambition de mon père, qui était un boulimique de politique et doté d’un talent rare. Je n’ai pas autant de qualités et n’ai pas l’envie d’en faire ma vie. Je fais aussi de la politique par passion, et parce que j’ai encore des choses à apporter. Puis un jour, je tirerai la prise sans regrets et sans bruit. «Servir, puis disparaître», dit l’adage. Malgré les apparences, je rêve toujours de liberté totale.

Quel sens donnez-vous au terme de chrétien qui figure dans le nom de votre parti?
Le terme de chrétien est synonyme de solidarité, de tolérance et d’altruisme, pas de grenouilles de bénitiers. Il y a chez nous des gens de toutes les confessions et d’autres sans confession. Nous sommes un parti du centre qui a une profonde fibre économique, c’est indéniable. Mais créer de la richesse pour créer de la richesse n’a pas de sens. Il faut aller vers davantage d’égalité, ce qui ne veut pas dire d’égalitarisme. (TDG)

Créé: 28.08.2018, 18h14

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