La Ville veut éradiquer les produits chimiques de ses parcs

Espaces vertsEn développant des techniques alternatives, la Municipalité souhaite n'utiliser que des méthodes 100% bio dès 2021. Une évolution qui passera aussi par un changement des mentalités.

L'aspect des parcs sans produits chimiques est plus rustique, comme ici au parc Harry-Marc.

L'aspect des parcs sans produits chimiques est plus rustique, comme ici au parc Harry-Marc. Image: Georges Cabrera

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Les insecticides ont déjà disparu, mais le chemin est encore long. La Ville de Genève souhaite bannir les produits chimiques de ses espaces verts d'ici à 2021. Ecologique, la démarche est aussi philosophique: sans fongicides (tueurs de champignons) ni herbicides, en privilégiant les plantations plus résistantes et demandant moins d'entretien, difficile d'obtenir des gazons lissés dignes d'un terrain de golf. Les Genevois devront donc s'habituer à des parcs plus naturels, plus rustiques et un peu moins «propres en ordre». Exception faite des hauts lieux touristiques, tels que le monument Brunswick, le parc La Grange ou l'Horloge Fleurie, dont l'herbe restera immaculée.

Aujourd'hui, la Ville utilise 85% de produits bio pour entretenir ses espaces verts. Depuis dix ans, celle-ci a renoncé aux insecticides et a divisé par dix l'usage d'herbicides, sélectifs ou totaux. Quelques litres continuent toutefois à être déversés pour lutter contre les mauvaises herbes par une brigade spéciale du Service des espaces verts (SEVE), masquée et vêtue d'uniformes de protection. Mais plus pour longtemps. Pourquoi? Tout d'abord, car les pesticides et les fongicides ont un effet néfaste sur le sol, car ils tuent les vers de terre nécessaires à son aération et font fuir les insectes bénéfiques aux plantes. Sans compter l'impact de leurs composantes sur la santé des jardiniers et de la population. Opter pour des plantes adaptées permet, en outre, d'optimiser l'arrosage et d'économiser de l'eau, selon la Ville.

Un coup de pouce à la nature

Comment la Ville compte-t-elle arriver à cette éradication sans voir les mauvaises herbes l'envahir? Notamment en plantant des espèces adaptées au milieu. Des spécimens indigènes et des vivaces, lentes à mettre en place mais pérennes, même durant l'hiver. «Souvent, les plantes sont malades simplement car elles ne sont pas au bon endroit ou ne bénéficient pas du bon climat. Il faut réfléchir où planter quelle espèce, ne pas essayer de maîtriser la nature mais l'entretenir en l'observant et, au besoin, lui donner un coup de pouce», relève Jean-Gabriel Brunet, chef de l'entretien au SEVE. Dans le cadre de cette «renaturation des parcs», une cartographie est en cours d'élaboration, afin de déterminer quelles plantes doivent accueillir les différents espaces verts.

Coccinelles, mésanges et moutons

Celui-ci développe également des techniques alternatives, dont certaines sont déjà utilisées aujourd'hui. Au lieu d'asperger le sol de produit chimique, la Ville fait rénover les joints entre les pavés ou sème de la prairie afin d'éviter la pousse de mauvaises herbes. Les jardiniers du SEVE utilisent également des insectes pour se débarrasser des indésirables: des coccinelles friandes de pucerons ou des chrysopes amatrices de mineuses du marronnier, par exemple. En plus de trois ruches, plus de 300 nichoirs à mésanges, protectrices des arbres elles aussi, ont été installés. Des moutons, enfin, tondent la pelouse du parc La Grange. La Ville réfléchit à étendre le concept au parc Trembley ou dans les zones périphériques des cimetières.

La faux est de retour

Les jardiniers, eux, réapprennent leur métier. «Beaucoup ont été formés dans les années 60 à 80, où la chimie était reine», poursuit Jean-Gabriel Brunet. Aujourd'hui, ils se forment à la connaissance des plantes vivaces et utilisent des techniques de désherbage manuel ou grâce à des machines produisant de la chaleur. La faux, «moins dangereuse et moins polluante que la débroussailleuse, a également fait son grand retour».

Résultat, les espaces verts de la Ville commencent à abandonner leur tenue ultra-stricte pour un aspect plus naturel, à l'image du parc Harry-Marc, récemment inauguré. Dans le cadre du projet Urbanature, lancé par le magistrat PDC Guillaume Barazzone, plusieurs petits espaces sont appelés à se verdir, si le Conseil municipal accepte de voter le financement nécessaire. Les lieux qui devront conserver un gazon net et précis pourront-ils se passer de produits chimiques? «Dans trois quatre ans, si l'on renourrit la terre avec du fumier, on pourra y arriver», conclut Jean-Gabriel Brunet. (TDG)

Créé: 21.09.2015, 17h30

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