La Ville retire en catastrophe ses lauriers jugés toxiques

GenèveLe verdissement de la ville se heurte à la peur citoyenne face à ces arbustes jugés «anxiogènes». Récit.

Les lauriers rouges de la place Longemalle vont eux aussi être retirés, avant d’être remplacés par des arbousiers.

Les lauriers rouges de la place Longemalle vont eux aussi être retirés, avant d’être remplacés par des arbousiers. Image: Laurent Guiraud

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Ils ont vu tôt le matin la grue décharger du camion de gros bacs à fleur, puis le lendemain, toujours à l’aube, le même camion revenir pour manutentionner dans l’autre sens ses six fois 800 kilos de pots géants. «Ils», ce sont les habitants de la rue du Léman aux Pâquis. «Pfiiit», envolés les bacs et leurs jolies plantations. L’aménagement éphémère du programme Urbanature a pris ici une tournure de déménagement dans l’urgence.

Le proche panneau municipal de la place de la Navigation annonce pourtant, sur une grande image en couleur, la végétalisation de ce tronçon piétonnier qui regarde le lac. Ce mercredi, c’est tout gris. Il ne reste rien de la mise en place à l’inspiration méditerranéenne conçue par les architectes-paysagistes du Service des espaces verts (SEVE). Certains habitants s’interrogent sans comprendre; d’autres se congratulent, ils ont eu gain de cause. En cause justement, les plantations choisies, soit des lauriers-roses, ces arbustes d’environ deux mètres de hauteur dont les fleurs s’épanouissent de mai à octobre.

«Qu’ils aillent s’épanouir ailleurs», a lancé au lever du jour un tout aussi éphémère collectif «antilaurier», en fustigeant leur toxicité reconnue. Techniquement, oui, le laurier-rose est très toxique. «Si tu manges les feuilles, t’es hypermal», glisse une horticultrice au tutoiement d’aujourd’hui. «La dose létale est très basse.» Une petite phrase prise dans la bio express de l’indésirable sur Internet a dû enchanter les parents indignés. Citation: «L’ingestion d’une simple feuille peut être mortelle pour un adulte et un enfant, en raison des troubles cardiaques souvent provoqués.»

La petite phrase est parvenue aux oreilles du conseiller administratif Guillaume Barazzone, responsable politique de ce verdissement jusqu’ici unanimement apprécié. Il a plié devant la pression pâquisarde et fait retirer, sous 48h, ses arbustes à embrouille garantie.

Développement dans nos éditions papier, électronique et tablettes du jeudi 5 juin. (TDG)

Créé: 05.06.2014, 08h51

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