Pas de budget 2017 pour la Ville

Ville de GenèveSamedi, les élus ont renvoyé la copie en commission. La Ville de Genève tournera sur le budget 2016.

Le Conseil Municipal de la Ville était réuni samedi pour discuter du budget

Le Conseil Municipal de la Ville était réuni samedi pour discuter du budget Image: Georges Cabrera

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les débats budgétaires de la Ville de Genève se sont achevés précipitamment sur un coup de théâtre samedi vers 14 h 30: une majorité d’élus – MCG, UDC, PLR, Ensemble à Gauche et quelques Verts – a décidé de renvoyer le projet de budget en Commission des finances. La Ville n’aura pas sa mouture pour l’an prochain, comme cela devait être le cas à l’issue des négociations qui auraient pu se prolonger jusqu’à mardi matin. En attendant, elle fonctionnera sur les douzièmes provisionnels.

Un débat qui a capoté

Le Conseil municipal s’est réuni samedi à 8 h pour débattre d’un texte présentant un excédent de 300 000 francs (1,1529 milliard de revenus contre 1,1526 milliard de charges). La droite majoritaire avait jusque-là tenu secret ses amendements, qui au total auraient dû permettre d’augmenter le boni de près de 2 millions.

Elle aurait aisément pu imposer ses propositions d’économies touchant en grande partie les mandats externes. Mais un amendement de dernière minute du Conseil administratif concernant un transfert de charges de 1,8 million a suscité l’ire du MCG. Il faut dire que la panne informatique qui a duré plusieurs heures, contraignant les élus à procéder au premier vote par appel nominal, n’a pas apaisé les esprits.

A la buvette, le ton est monté d’un cran. Pour Le PLR Vincent Subilia, «un tel transfert n’est pas anodin. Sans l’étudier, on ne peut pas se prononcer sereinement.» Hors d’elle, la magistrate Esther Alder a condamné ces «arguments fallacieux destinés à faire capoter les débats. Ce transfert est dû à des modifications dans le cadre de la loi sur la répartition des tâches, qui nous ont été transmises jeudi par le Conseil d’Etat. Il s’agit de mesures techniques, constituant une opération totalement nulle. Et vous le savez très bien!»

Mais le PLR a brandi d’autres raisons. Il reproche toujours à l’Exécutif de ne pas l’avoir entendu sur ses désirs d’économies de 15 millions. Et évoque la perte de 1,4 million liée à la vente du bâtiment décrépi du 12, rue des Alpes. «Nous avons appris mercredi seulement par Rémy Pagani qu’elle serait compensée grâce à une renégociation de la convention avec la Société Générale d’Affichage, précise le PLR Simon Brandt. Cela fait trop d’éléments de dernière minute.»

«La droite échoue encore»

Samedi, le PDC n’a pas suivi son allié. «Il s’agit d’une faillite collective du Municipal, dont nous sommes tous responsables, note Marie Barbey-Chappuis. Nous avions une mission, qui était de voter ce budget. Je me mets à la place des citoyens: j’aurais de la peine à aller voter pour des élus qui font si mal leur travail.» Pour le socialiste Grégoire Carasso, la situation relève de la «mascarade. C’est le 2e échec successif de la droite dans ses tentatives pathétiques d’imprimer sa marque sur le budget. L’an dernier, elle a échoué devant le peuple. Cette fois, elle est incapable d’articuler ses propositions.»

La majorité a été obtenue grâce au soutien d’Ensemble à Gauche et de quelques Verts, fâchés que la droite dépose ses amendements le jour même. Les débats en plénière devraient reprendre en janvier. (TDG)

Créé: 10.12.2016, 19h49

Commentaire d'Anna Vaucher

Ah! La belle mascarade du Conseil municipal

Les débats budgétaires en Ville de Genève sont souvent comparés à un long marathon. Cette année, les élus du Municipal n’étaient pas en forme. Au bout de six heures seulement, après la pause déjeuner, ils ont tout envoyé valser sur un coup de tête. Il faut dire qu’ils ne s’étaient pas vraiment préparés, comme ils en ont la mission, en commission. C’est là qu’est censée avoir lieu la répétition en vue du jour J: on y dépose ses amendements, on étudie les répercussions, histoire de déblayer le terrain pour la séance plénière. Cette année, la droite n’a pas voulu s’entraîner. Sa cinquantaine d’amendements qui semblaient griffonnés sur un coin de table n’est tombée qu’à 14 h. A cette situation déplorable est venue s’ajouter une improbable panne informatique de six longues heures qui a échaudé des esprits ne cherchant qu’à se faire mousser. Il ne manquait plus qu’une nébuleuse saute d’humeur et une majorité hétéroclite pour faire capoter le travail censé être le plus important de l’année. Le marathon s’est transformé en une mascarade dont on se serait bien passé.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Assemblée du PLR sur l'affaire Maudet
Plus...