La Ville va interdire le plastique à usage unique

EnvironnementTous les utilisateurs du domaine public municipal devront se passer de pailles, gobelets et autres contenants jetables.

Guillaume Barazzone: «L’interdiction touchera les terrasses d’établissements publics, les food trucks, les pavillons glaciers ou souvenirs, ainsi que toutes les manifestations, stands et événements.»

Guillaume Barazzone: «L’interdiction touchera les terrasses d’établissements publics, les food trucks, les pavillons glaciers ou souvenirs, ainsi que toutes les manifestations, stands et événements.» Image: MAGALI GIRARDIN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le plastique est un problème mondial, et la Suisse n’est pas épargnée. Chaque année, un citoyen helvétique en consomme pas moins de 125 kilos. À Genève, si le recyclage de ce matériau s’avère complexe (voir nos éditions du 2 mars 2019), des solutions en amont émergent.

Parmi elles, l’interdiction des plastiques à usage unique. C’est la mesure que la Ville de Genève va prendre pour tous les utilisateurs de son domaine public dès 2020. Le point avec le magistrat chargé de l’environnement urbain et de la sécurité, Guillaume Barazzone.

L’interdiction des plastiques à usage unique est de compétence fédérale. La Ville de Genève peut-elle prendre une telle décision?
Oui, car l’interdiction prévue est une mesure visant à limiter les déchets qui s’applique aux activités qu’elle autorise sur son domaine public. Elle touchera les terrasses d’établissements publics, les food trucks, les pavillons glaciers ou souvenirs, ainsi que toutes les manifestations, stands et événements. La mesure sera appliquée dès le 1er janvier 2020 et inscrite comme condition dans les permissions d’occupation du domaine public. Les marchés seront eux aussi concernés: nous modifierons le règlement en vigueur.

Quels sont les objets dont les consommateurs devront se passer?
Nous nous calquerons sur l’interdiction des plastiques à usage unique décidée par l’Union européenne et prévue pour 2021. Celle-ci comprend donc notamment les pailles, les couverts, les assiettes, les contenants en tous genres, les gobelets et les sacs plastiques. S’y ajoutent les bâtonnets pour mélanger les boissons et même les tiges des ballons gonflables pour enfants.

Comment contrôlerez-vous que l’interdiction est respectée par les gérants?
Les gestionnaires du domaine public de la Ville, les collaborateurs de l’Unité marchés et le groupe de gestion des incivilités à la Voirie se chargeront de vérifier que ces mesures sont respectées. La police municipale les soutiendra dans cette démarche si besoin.

Que se passera-t-il pour les contrevenants?
Ils s’exposeront à une amende administrative, dont le montant sera proportionné à l’infraction. Selon la gravité des faits, nous pourrons aller jusqu’à retirer la permission d’utilisation du domaine public, notamment en cas de récidive. Nous annonçons ces mesures déjà aujourd’hui afin que les personnes concernées puissent se préparer à ces nouvelles exigences. À noter que les appels d’offres pour les animations estivales de cet été et celui du marché du Léman au Pâquis bannissaient déjà le plastique à usage unique.

Craignez-vous des résistances?
J’espère vraiment que les exploitants joueront le jeu. Ils font partie des différents acteurs qui permettront de changer les comportements face au plastique. Les consommateurs seront sensibilisés.

Pourquoi prendre cette décision? Vous n’êtes pourtant pas le magistrat Vert de l’Exécutif…
Ça ne m’a pas empêché de végétaliser la Ville! Nous ne voulons pas interdire pour ennuyer mais pour protéger notre écosystème. La Société de sauvegarde du Léman estime que 50 tonnes de plastique finissent dans le lac chaque année. Et 10% de ceux-ci terminent dans le Rhône. Nous devons changer les comportements rapidement, apprendre à réutiliser et trier davantage. Le Grand Conseil a adopté une loi prévoyant l’obligation de faire payer les sacs plastiques. En interdisant l’utilisation du plastique à usage unique pour les activités qu’elle autorise sur son domaine public, la Ville va plus loin.

Ne pourrait-on pas aller encore plus loin?
Oui. Nous pourrions actionner un autre levier: celui de nos subventionnés. La Ville de Genève pourrait inciter les institutions sociales, culturelles et sportives qu’elle subventionne à s’associer à cette mesure. Cela permettrait une diminution encore plus drastique du plastique en Ville. Des réflexions dans ce sens seront menées par le Conseil administratif.

Combien de tonnes de plastiques sont récupérées chaque année par la Ville?
Nous n’avons pas ces statistiques, puisque les déchets non triés finissent brûlés à l’Usine des Cheneviers.

Pourquoi la Ville ne s’investit-elle pas dans le tri du plastique, hors PET?
La Ville de Genève ne peut rien faire toute seule dans ce domaine. Pour l’heure, il n’y a pas de filières de tri du plastique à Genève, alors que ces nouvelles filières donnent de bons résultats chez certains pays voisins. Au niveau cantonal, Antonio Hodgers a insufflé une dynamique positive en lançant des réflexions avec tous les acteurs concernés sur le tri du plastique.

(TDG)

Créé: 23.04.2019, 07h01

Le Canton planche sur des solutions

Vu les difficultés à recycler le plastique en Suisse (hors PET), le Canton et les communes genevoises se focalisent plutôt sur des solutions en amont. Un groupe de travail piloté par l’État s’est constitué pour supprimer du domaine public l’usage de plastique à usage unique, tels que sacs plastiques, emballages de nourriture
et boissons. Il vise à mettre en place de manière généralisée la vaisselle réutilisable.

Le Département du territoire travaille quant à lui à un projet de modification de la loi cantonale sur la gestion des déchets pour renforcer les restrictions d’utilisation
des pailles, gobelets et autres plastiques à usage unique.Le Grand Conseil, de son côté, a voté cette année l’interdiction de la remise de sacs à usage unique gratuitement sur les points de vente du canton. CH.D.

Articles en relation

Un monstre de plastique a été érigé devant le siège de Nestlé

Manifestation Greenpeace ne lâche plus la multinationale. Des activistes sont parvenus à faire pénétrer à Vevey un dragon fait de déchets. Plus...

Le plastique genevois peine à se recycler

Déchets Complexe, le recyclage de cette matière coûte cher et rapporte peu. Les spécialistes en gestion des déchets prônent plutôt une valorisation thermique par incinération. Plus...

Genève est prêt à interdire le sac plastique gratuit

Consommation Au parlement, l’idée fait consensus: les commerces ne doivent plus offrir de sachets issus du pétrole. Plus...

Moins de plastique dans le but de réduire le réchauffement climatique

Planète réseaux Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les Genevois disent oui à la RFFA
Plus...