La ville intelligente se discute à Genève

Systèmes d'informationLe «big data» va changer notre environnement. Discussions entre chercheurs et informaticiens pour les 25 ans du SITG.

Depuis 2014, deux tiers des données du SITG sont en accès libre. Elles servent à des projets qui doivent améliorer le quotidien.

Depuis 2014, deux tiers des données du SITG sont en accès libre. Elles servent à des projets qui doivent améliorer le quotidien. Image: Olivier Vogelsang

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«La ville communicante sans contenu social est une ville bête.» Les mots d’un chercheur pourraient s’inscrire comme slogan de la journée du SITG. Sous cet acronyme se cache le Système d’information du territoire à Genève. Mardi, l’outil créé par l’Etat fêtait ses 25 ans dans le bâtiment de l’Organisation météorologique mondiale. L’occasion de débattre et d’échanger sur la cartographie, ses évolutions les plus modernes et les possibilités réelles de façonner notre environnement.

Aujourd’hui, impossible d’évoquer le sujet sans parler du «big data», c’est-à-dire les données en masse qui nous entourent et que nous produisons. Comment les exploiter? A quelles fins?

L’une des utilisations servira à construire la «ville intelligente» de demain. «Ce n’est pas seulement une série de capteurs placés dans l’espace public, introduit Giovanna Di Marzo Serugendo, du Centre universitaire informatique à l’UNIGE. Mais des solutions adaptatives à des problèmes concrets.» Pour illustrer les propos, ils sont venus de loin. Le Français Pascal Perez enseigne à Sydney. Avec une équipe de chercheurs, il a développé un outil au service des autorités de Jakarta, en Indonésie, et des 28 millions d’habitants de son agglomération. Car en période de mousson, près de 30% de la ville est sous l’eau. A l’aide des informations que la population partage sur Twitter, l’équipe a créé une carte accessible à tous, actualisée quasiment en temps réel, indiquant les crues et les dangers à éviter. «Cette cartographie citoyenne est une aide à la décision», complète l’universitaire.

Et Genève, alors? La ville est loin d’être la «smart city» la plus aboutie. Mais elle a fait figure de pionnière en 1991 lorsqu’a débuté la numérisation du territoire. Le SITG était né. Progressivement, des couches d’informations ont été ajoutées à ses cartes, dont deux tiers des données sont en libre accès depuis 2014. Aujourd’hui, quiconque peut consulter le cadastre, la carte des bouchons en temps réel, la qualité de l’air ou les niveaux de bruit des rues en quelques clics (sur ge.ch/sitg). «Au départ, l’outil était destiné aux professionnels, relève Pascal Oehrli, directeur du Centre de compétence du SITG. L’enjeu pour l’avenir sera d’élargir son utilisation à un public plus large. Demain, les citoyens pourraient intervenir et apporter leurs connaissances.»

Autre organisation genevoise à mettre dans l’espace public ses données: les TPG. Depuis 2013, un concours permet à des informaticiens de soumettre des projets qui doivent servir au voyageur. Avec sa jeune entreprise, Jérôme Marchanoff y a participé. Sa jeune entreprise MobileThinking propose désormais l’application UnCrowd TPG informant en temps réel de l’affluence dans les bus et trams. Pour lui, la Cité de Calvin est un laboratoire unique, grâce notamment au SITG. «En termes de données ouvertes, c’est un trésor.» (TDG)

Créé: 19.04.2016, 19h29

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