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La Ville de Genève s’affichera bientôt «zone hors TiSA»

L’Exécutif, à l'exception de Guillaume Barazzone, soutient la mise en place des panneaux aux entrées de la municipalité.

Il y a eu Carouge à la mi-août. Bientôt, ce sera au tour de la Ville de Genève de s’afficher «zone hors TiSA». Suite à la demande du Comité Stop TiSA, le Conseil administratif a validé, mercredi 8 novembre, la mise en place de panneaux aux entrées de la localité indiquant son opposition à l’Accord sur le commerce des services. Négocié entre une cinquantaine d’États (dont la Suisse), TiSA, selon son acronyme anglais, vise à la libéralisation des services publics.

L’accord suscite des inquiétudes quant aux conséquences de cette ouverture des secteurs publics au privé. «Les communes suivantes ont voté des résolutions contre TiSA: la Ville de Genève, Carouge, Plan-les-Ouates, Puplinge, le Grand-Saconnex et Meinier. À celles-ci s’ajoute le Grand Conseil du Canton de Genève», rappelait au printemps le Comité Stop TiSA, qui craint ce libéralisme poussé à l’extrême.

Durant l’été, la Cité sarde franchissait un pas supplémentaire en mettant en place des panneaux «Carouge zone hors TiSA». Répondant aux sollicitations du comité, la Ville de Genève s’apprête à lui emboîter le pas. Validée par l’Exécutif, l’affaire est entre les mains du Département de l’aménagement et des constructions. «Je fais étudier la possibilité la moins onéreuse de faire figurer la position de la Ville sur cette question, explique le conseiller administratif Rémy Pagani (EàG). Cela avait déjà été le cas en 2006, où des panneaux contre les négociations dites de l’Accord général sur le commerce des services avaient été installés en entrée de ville.»

Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Le PDC Guillaume Barazzone s’est opposé à cette mesure et tient à le faire savoir. «Il s’agit de gesticulation militante. D’abord, on ne peut pas transformer le mobilier urbain et l’ensemble du domaine public en espace politique. Si chacun exprime ses idées sur les panneaux et les lampadaires de la Ville, cela va devenir un capharnaüm», lance-t-il. «Ensuite, en tant qu’Exécutif, nous devons observer une certaine réserve. De plus, il appartient aux autorités fédérales de se prononcer sur TiSA, pas à la Ville, qui n’a aucune compétence en la matière. Enfin, nous devons aussi être dignes du statut de ville internationale qui favorise le dialogue entre les parties. Cela implique un devoir de neutralité…»

Selon le magistrat socialiste Sami Kanaan, c’est justement pour cette raison que «Genève, ville hôte de négociations internationales, se doit de participer au débat». Il poursuit: «Un panneau ne va pas changer foncièrement la donne, mais il participe à la sensibilisation de la population à un accord qui prévoit la mainmise du privé sur le public et dont le processus se déroule dans une opacité totale. Nous répondons également à une résolution largement approuvée par le Conseil municipal.»

Pour rappel, le pavoisement du pont du Mont-Blanc aux couleurs de «stop TiSA» en avril avait suscité une levée de boucliers d’une partie de la droite municipale. Celle-ci déplorait par la voix du conseiller municipal PLR Vincent Subilia «une instrumentalisation manifeste d’un ouvrage public à des fins politiques». Et ce, selon Guillaume Barazzone, «aux frais du contribuable. Les drapeaux et leur mise en place ayant coûté 5000 francs.» Marie Prieur

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