La Ville de Genève doit revoir sa politique d’action communautaire

SocialUn audit confirme l’utilité des structures que la droite a voulu supprimer il y a deux ans, mais pointe du doigt des faiblesses.

Les UAC devront axer leurs actions sur la précarité, le vieillissement de la population et la cohésion sociale.

Les UAC devront axer leurs actions sur la précarité, le vieillissement de la population et la cohésion sociale.

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A quoi peuvent bien servir les quatre Unités d’action communautaire (UAC) de la Ville de Genève? Un audit de l’Institut des hautes études en administration publique (IDHEAP) dévoilé hier a tenté d’y répondre, suite notamment à une motion de la droite municipale. Il y a deux ans, après avoir voulu tout d’abord supprimer ce service, ses élus – doutant de son utilité – s’étaient radoucis en demandant à l’Exécutif de le faire évaluer. Verdict? Les UAC sont utiles, mais doivent remédier à une série de problèmes.

Pertinent mais à revoir

Repas collectifs contre l’isolement des aînés, réseau d’entraide, plan canicule ou troc social: l’audit conclut effectivement à la pertinence des missions remplies par les UAC et les autres acteurs du secteur communautaire de la Ville, tels que les Points info-services ou les Espaces de quartier. Pour les chercheurs, les domaines sur lesquels travaillent ces instances, comme la précarité, l’isolement des aînés ou l’intégration, «sont considérés par les acteurs sociosanitaires genevois comme prioritaires». Les usagers des UAC interrogés estiment quant à eux que ces dernières apportent bel et bien une plus-value. Mais plusieurs aspects sont critiqués. Selon le rapport d’audit, la façon dont les UAC interviennent est à revoir. Pour un certain nombre d’acteurs internes ou externes au secteur, ces structures devraient désormais se montrer davantage proactives en portant des projets, plutôt qu’en soutenant les initiatives d’habitants. D’autant plus que, suivant les projets que les différentes UAC décident d’encourager, les problématiques ne sont pas traitées de la même manière dans un quartier ou dans un autre, relève le rapport.

L’audit dévoile également un manque de pilotage. «Les actions sont effectuées au gré des demandes de la population ou du département.» Les diagnostics élaborés dans les quartiers ne sont ni cordonnés ni systématiques, ce qui ne permet pas d’obtenir des informations comparables. L’IDHEAP pointe du doigt le manque d’un cadre de référence, de cibles définies et, finalement, d’une vraie politique de l’action communautaire.

Lourdeurs administratives

Mais ce n’est pas tout. L’audit relève des lourdeurs administratives, mais aussi un manque de transversalité et de communication: les informations récoltées par les UAC ne sont pas suffisamment exploitées, alors que les acteurs communaux ou cantonaux du domaine sociosanitaire souhaitent pouvoir en disposer.

Que faire pour remédier à ces couacs? La magistrate en charge de la Cohésion sociale et de la Solidarité, Esther Alder, qui ne touchera pas à l’effectif de 40 personnes, rejoint les constats de l’IDHEAP. Pour la conseillère administrative, les UAC devront se doter d’objectifs précis, cibler leurs publics en axant leurs actions sur la précarité, le vieillissement de la population et la cohésion sociale. Mais n’est-ce pas déjà le cas? «Il y a des choses que les UAC ne feront plus afin de se concentrer sur leurs objectifs», précise la magistrate. Prendre le PV des associations, par exemple. Le changement interviendra davantage dans le mode de fonctionnement des UAC. «Nous mettrons en place une coordination interservices quartier par quartier, afin de faire remonter les informations.» (TDG)

Créé: 02.12.2015, 20h22

La droite divisée

La droite municipale, majoritaire – Entente, UDC et MCG –, voit d’un bon œil la réalisation de l’audit, présenté mardi soir en Commission des finances. «C’est effectivement une bonne chose malgré son coût de 75?000?francs, mais cette démarche devrait être appliquée à toutes les prestations», note le PDC Lionel Ricou. «Il y a beaucoup de choses à changer et Esther Alder va s’y atteler», relève de son côté le MCG Daniel Sormanni. L’UDC, elle, attend de prendre connaissance du rapport pour se prononcer, mais approuve le processus.

Alors que l’examen du budget bat son plein, les élus décideront-ils à nouveau de couper dans le service des UAC? «Pour l’instant, nous attendons de voir, il n’y a pas de velléité de notre côté», poursuit l’élu MCG.

La méthode de l’Exécutif, en revanche, fâche le PLR. «On se moque de nous, tonne Adrien Genecand. Ce rapport a été reçu en septembre, il a été publié sur l’Intranet de la Ville, puis retiré. Cela fait presque trois mois que toute la république est au courant. C’est au mieux de l’amateurisme et au pire de la rétention d’information.» L’élu proposera de voter le budget des UAC pour trois mois uniquement, afin d’avoir le temps d’étudier ce rapport «de 85 pages».

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