L'ancien président d'une ONG genevoise accusé de liens avec Al-Qaida

GenèveLa fondation genevoise Alkarama avait reçu 150'000 francs de la Ville de Genève et du Département des affaires étrangères. Son ancien président a été accusé par les USA de soutenir le terrorisme.

L'ONG est basée dans le quartier de la Genève internationale.

L'ONG est basée dans le quartier de la Genève internationale. Image: Laurent Guiraud/Tribune de Genève

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Le Qatari Abdul Rahman Omeir al-Naimi est accusé par les Etats-Unis d'avoir transféré en 2013 près de 600'000 francs à Al-Qaida via l'un de ses représentants en Syrie. Cet homme, qui aurait aussi supervisé le transfert de 2 millions de dollars au réseau terroriste irakien, a également présidé la Fondation Alkarama, une organisation non gouvernementale basée à Genève, rappelle Le Temps dans son édition de mardi. Or, le quotidien révèle que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et la Ville de Genève se sont engagés à financer l'un des projets que l'ONG avait engagé en Egypte en 2013. Montant des subventions: 150'000 francs. Ce projet visait à «garantir l'ouverture d'enquêtes sur les violations du passé et la traduction en justice des responsables» ainsi qu'à «renforcer le système de protection des droits de l'homme».

Le directeur de l'ONG, Mourad Dhina, conteste les accusations américaines. Sa fondation serait mise à mal par des Etats, notamment l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, régulièrement pointés du doigt par Alkarama. «Notre travail d'enquête sur les frappes de drones au Yémen n'est pas du goût des Etats-Unis. Quant à notre président, il a demandé à être entendu par la justice américaine. Elle n'a jamais répondu à cette demande.» Selon son directeur, l'ONG a pu «confirmer avec les autorités américaines qu'elle n'était en rien concernée par ces accusations». Alkarama précise par ailleurs que Abdul Rahman Omeir al-Naimi n'est plus le président de la Fondation.

La Ville de Genève a versé 50'000 francs pour le projet égyptien d'Alkarama. Un tiers de cette somme a été récupéré, car non utilisé par la Fondation, indique la municipalité. «A ce stade, nous suivons la politique de la Confédération, si elle venait à changer, la nôtre s'adapterait», indique au Temps la conseillère personnelle de Sandrine Salerno, magistrate en charge des finances. La Ville de Genève rappelle que «pour chaque projet politiquement sensible, l'expertise et les recommandations du DFAE ont été suivies». Le Département des affaires étrangères n'a pas commenté l'affaire.

(TDG)

Créé: 14.10.2014, 09h14

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