La Ville de Genève et les animaux maltraités

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Le jeudi 21 décembre, la «Tribune de Genève» annonçait que le Conseil municipal avait réduit la subvention au Refuge de Darwyn, acceptée par sa Commission des finances, de 150 000 à 25 000 francs, un coup très dur pour les animaux maltraités dont cette association s’occupe et pour les dizaines de bénévoles.

Les dizaines de volontaires du Refuge de Darwyn partagent la même passion, tissent des liens propices à la réinsertion

L’argument invoqué par les partisans de cette amputation témoigne d’une extraordinaire myopie: l’association visée ne résiderait pas en Ville. La belle affaire! Il tombe sous le sens qu’il serait impossible de loger une cinquantaine de chevaux dans les rares espaces verts urbains. On l’aura compris, la question est ailleurs: la Ville, comme entité politique, doit-elle soutenir les activités de cette association?

Le Refuge de Darwyn se bat pour le respect des équidés, en particulier des chevaux, mais aussi des ânes, qui font trop souvent l’objet de mauvais traitements à Genève et alentour. Il accomplit une tâche citoyenne en faisant de la prévention et en attirant l’attention des autorités sur des propriétaires qui traversent souvent de mauvaises passes ou connaissent des difficultés de santé. Le mauvais traitement des animaux est en effet souvent le symptôme de sérieux problèmes sociaux.

En même temps, les dizaines de volontaires et les quelques salariés qui portent à bout de bras le travail du Refuge de Darwyn partagent la même passion, tissent des liens dans l’organisation de leur travail et dans l’action, constituant par là bien souvent un pôle de réinsertion pour des jeunes en difficulté, qui résident aussi en Ville, comme peuvent l’attester les services sociaux qui en sont les témoins directs.

Qu’une élue de gauche, favorable à cette coupe, puisse affirmer à la «Tribune de Genève» que la Ville ne doit pas être «perçue comme une vache à lait» par les associations du canton me surprend beaucoup. Voilà une expression qu’on a davantage l’habitude d’entendre de la part de la droite. N’est-ce pas en effet le même refrain qu’entonne un élu PLR en se croyant obligé de contester les 200 000 francs accordés au festival Les Créatives pour défendre les 125 000 francs soustraits au Refuge de Darwyn? Pourtant, dans les deux cas, il s’agit d’un travail associatif de grande qualité.

Dans le premier cas, ce sont des spectacles, des expositions, des tables rondes qui mettent en question la discrimination envers les femmes dans le domaine de la création. Dans le second, il s’agit d’un travail social de terrain qui donne à quelques dizaines d’acteurs, et surtout d’actrices, la possibilité de veiller à l’observation de la loi en matière de respect des animaux.

Les bénévoles du Refuge de Darwyn ont raison d’être en colère, puisque la suppression de l’essentiel de la subvention annoncée mine un projet de sensibilisation conçu en particulier pour les enfants. Nous ne pouvons que partager leur désarroi. (TDG)

Créé: 28.12.2018, 10h00

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