Ville et Etat signent la fin de la guerre des surélévations

AménagementLes trop nombreux ratés ont conduit à mettre en place une méthode. Pour mieux séparer le bon grain de l’ivraie.

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La paix revient sur les toits de Genève. Le Canton et la Ville ont trouvé un modus vivendi pour répondre aux propriétaires qui veulent ajouter des étages à leurs immeubles. «Nous voulons mettre fin à la guerre des surélévations, a indiqué hier le conseiller d’Etat Antonio Hodgers, lors d’une conférence de presse. Il faut dépolitiser le débat et lui redonner une dimension qualitative.»

La loi sur les surélévations ne va pas changer. Mais le Canton et la Ville se sont mis d’accord sur une méthode qui permet de juger les projets avec des critères précis et de les améliorer. Cela doit éviter des mésententes entre la Ville et les services de l’Etat et, in fine, des recours et d’incessantes batailles juridiques. Cette méthode a été testée sur une douzaine de dossiers. De l’avis de tous les partenaires, elle a fait ses preuves et permet de faire évoluer les projets vers davantage de qualité.

Il aura fallu dix ans pour que le dossier des surélévations arrive à maturité. En 2006, quand le Grand Conseil vote la première loi, il n’y voit qu’un levier pour créer du logement. Les préoccupations urbanistiques sont totalement absentes. Plus tard, sous la pression des milieux patrimoniaux, de timides garde-fous sont placés, sans efficacité. La Ville recourt à de nombreuses reprises, souvent avec succès. Pour éviter l’impasse, Antonio Hodgers décide alors de «mettre les choses à plat» avec Rémy Pagani, conseiller administratif en Ville.

Tenir compte du contexte

La méthode qui découle de ce partenariat a été mise au point par l’architecte Bruno Marchand, par ailleurs professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Elle consiste à évaluer les projets de surélévation pas seulement en tant que tels, mais en tenant compte de leur intégration dans leur environnement, à différents degrés.

On examine d’abord le projet au niveau du quartier, en partant du principe qu’une surélévation n’a pas le même impact dans un secteur dense comme les Pâquis ou plus aéré comme Malagnou. On étudie ensuite son insertion dans son îlot, puis dans sa rue, ce qui permet d’évaluer son impact sur l’ensoleillement et le voisinage. Enfin, la surélévation est aussi étudiée par rapport à l’immeuble qui l’accueille. On arrive ainsi à analyser un projet sur la base d’une dizaine de critères.

«Haut niveau de qualité»

«Cette méthode permettra de viser un haut niveau de qualité, estime Francesco Della Casa, architecte cantonal. Dans certains contextes difficiles, nos exigences rendront tout simplement une surélévation impossible.» Autant dire que les architectes devront livrer des dossiers bien plus étayés.

En huit ans, 138 projets ont été autorisés, dont 118 en ville de Genève. Ce qui représente, dans la commune centre, 560 logements. «Le potentiel de logements est assez modeste avec les surélévations, note Antonio Hodgers. Nous misons sur la qualité.»

Cette dernière année, à peine une vingtaine de requêtes ont été déposées, ce qui représente un léger ralentissement. Faut-il y voir un essoufflement ou est-ce que les propriétaires attendaient l’arrivée de cette méthode pour soumettre leur projet? Réponse ces prochains mois.

Signe aussi que les surélévations ont franchi un nouveau stade: hier, l’architecte cantonal a proposé à la presse une visite de quelques surélévations réalisées, en distribuant les bons et les mauvais points, dont certains sont présentés ci-dessus. La critique n’est plus taboue.

(TDG)

Créé: 29.06.2016, 21h30

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