Ville et Canton feront balayeuse commune

EconomiesPour se prêter leurs engins de voirie et coordonner leurs achats, les deux collectivités signent une convention.

Luc Barthassat, conseiller d’Etat, et Guillaume Barazzone, conseiller administratif en Ville de Genève, devant des véhicules des voiries de la Ville et du Canton.

Luc Barthassat, conseiller d’Etat, et Guillaume Barazzone, conseiller administratif en Ville de Genève, devant des véhicules des voiries de la Ville et du Canton. Image: Laurent Guiraud

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Prends mon camion pendant que j’utilise ta balayeuse. C’est le genre de dialogue qui peut désormais se tenir entre les services de voirie du Canton et leurs homologues de la Ville de Genève. Les deux entités viennent de conclure une convention qui formalise les emprunts mutuels d’engins dédiés au nettoyage des artères et à la collecte de déchets. Sont concernés quelque 70 véhicules du parc de la Ville et 100 autres appartenant à l’Etat. Par le même accord, signé en mars 2015, les deux collectivités conviennent de coordonner leurs acquisitions.

«Le contexte budgétaire tendu nous incite à ce genre de coopération, déclare le conseiller d’Etat Luc Barthassat. Ce type de pratique est courant dans l’agriculture. Les cultivateurs achètent en commun des moissonneuses-batteuses ou se prêtent du matériel. Cela relève du bon sens!» Les services concernés estiment que, quatre mois après sa ratification, la convention a déjà permis de réaliser des économies à hauteur de 80'000 francs.

Un morcellement onéreux

«Il est utile et nécessaire de nous rendre service mutuellement et d’économiser de l’argent, poursuit Guillaume Barazzone, conseiller administratif en Ville de Genève. Le morcellement territorial et politique du canton coûte très cher au contribuable. Les collectivités doivent se mettre ensemble. Ce modèle est à généraliser.» Les deux élus démocrates-chrétiens évoquent la possibilité d’étendre leur entraide à d’autres types de véhicules. Il y a de quoi faire: selon un décompte remontant à 2013, l’Etat en possède plus de 1200. A la même époque, la Ville en dénombrait près de 1000. Mais certaines synergies restent exclues. Pas question, par exemple, de partager les voitures des deux corps de police, cantonale et municipale.

Il s’agit aussi de tisser des coopérations avec d’autres entités. Luc Barthassat lorgne les grandes communes suburbaines. La Ville, elle, a déjà par le passé coopéré avec des régies publiques comme les Services industriels (SIG) et les Transports publics genevois (TPG). Des arrangements plus ponctuels ont déjà eu lieu entre la Ville et le Canton, qui, depuis cinq ans, se partagent une remorque.

Les discussions en cours sur une mutualisation renforcée des ressources ont été encouragées par la Cour des comptes, qui, en mai 2014, a publié deux rapports sur les parcs de véhicules de la Ville et de l’Etat. La méthode a toutefois ses limites: «On peut avoir le même besoin au même moment, souligne Jean-Marc Roosens, directeur de l’entretien des routes au Canton. On peut citer le déneigement en hiver ou le fauchage à la belle saison.»

Juteux rabais escomptés

Les économies les plus juteuses pourraient découler des achats effectués lors d’appels d’offres communs aux deux entités et gérés par l’une d’entre elles. «En groupant davantage nos achats, on pourrait parvenir à obtenir des rabais de l’ordre de 25%», espère Francis Demierre, responsable de la Commission de gestion des véhicules en Ville. L’effet n’est pas anodin quand on sait qu’une simple balayeuse, comme on en croise chaque jour dans la rue, peut coûter au bas mot dans les 200'000 francs.

Des parcs à renouveler

Des achats facilités par un prix adouci: voilà qui pourrait répondre à l’une des préoccupations de la Cour des comptes. L’organe avait pointé, en Ville comme à l’Etat, un parc vieillissant, multipliant les pannes, immobilisations et dispendieuses réparations. La Cour avait ainsi repéré une voiture dont les frais d’entretien cumulés sur cinq ans équivalaient à 89% de son prix à l’état neuf.

Guillaume Barazzone précise que ces surcoûts sont aggravés par la perte d’efficience des services, paralysés par des engins défectueux. Luc Barthassat souligne l’essence budgétaire du problème: faute de crédits d’investissement, on puise dans les budgets de fonctionnement pour rafistoler des engins en fin de vie. Les deux élus promettent de rectifier le tir. (TDG)

Créé: 21.07.2015, 17h19

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