Ville et Canton près d’un accord sur le Grand Théâtre

Politique Les partenaires sont à bout touchant sur la refonte de la gouvernance de l’institution lyrique.

La composition du conseil de fondation du Grand Théâtre devrait évoluer. Le Canton y augmenterait son poids, comme les mécènes de l’institution.

La composition du conseil de fondation du Grand Théâtre devrait évoluer. Le Canton y augmenterait son poids, comme les mécènes de l’institution. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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L’avenir du Grand Théâtre se précise. La Tribune de Genève a appris que la révision des statuts de la Fondation du Grand Théâtre était en voie d’aboutir. Si les partenaires l’acceptent, la composition du conseil de fondation de l’institution devrait évoluer. Le Canton y augmenterait son poids, comme les mécènes de l’institution. De nouvelles attributions pourraient aussi être offertes au conseil, lui offrant plus de marge de manœuvre. Actuellement, ce conseil est composé de quatorze membres désignés par le Conseil municipal et le Conseil administratif de la Ville de Genève, de deux membres invités nommés par le Conseil d’Etat et d’un représentant le personnel.

Comment évoluera le statut du personnel aujourd’hui partagé entre employés de la Fondation et employés de la Ville? «C’est à la Ville de décider», explique François Longchamp. «Elle nous présentera prochainement, ainsi qu’à l’Association des communes genevoises (ACG), son projet chiffré de partenariat 50-50». Il évoque une phase intermédiaire possible de plusieurs années avant qu’une solution définitive ne soit trouvée, «comme cela s’est passé à Zurich et comme cela s’est passé lors du transfert des Cheneviers aux SIG».

Qu’en pense la Ville de Genève? Le scénario qui se dessine correspond à celui qu’avait esquissé dans nos colonnes en octobre 2016 le magistrat en charge de la culture Sami Kanaan. Celui-ci salue d’ailleurs le climat constructif des discussions, mais relève que de nombreux éléments restent à examiner. Le temps presse pourtant, puisque la subvention cantonale au Grand Théâtre votée en 2015 doit être reconduite à nouveau cette année. A l’époque, son octroi dépendait de l’avancement des travaux avec la Ville sur le désenchevêtrement des tâches. Comment les députés, notamment PLR qui avaient lâché 45 millions pour la Nouvelle Comédie en échange d’avancées sur le Grand Théâtre, apprécieront-ils ces développements? On le saura bientôt.

Bibliothèque dans les limbes

Si le dossier du Grand Théâtre avance, celui de la Bibliothèque de Genève (BGe) est suspendu. Fin mars, Sami Kanaan faisait appel à la Cour des comptes pour mettre à plat le fonctionnement de la Bibliothèque de Genève. L’enjeu n’est pas anodin, l’institution emploie 180 personnes. Elle regroupe notamment l’ancienne Bibliothèque publique et universitaire (BPU) et le Musée et l’institut Voltaire. Mis bout à bout, ses livres représenteraient un rayonnage de 60 kilomètres. Le rapport d’audit est attendu en novembre.

La BGe est également une des institutions dont le sort est discuté avec le Canton et les communes genevoises dans le cadre de la nouvelle répartition des tâches voulue par la fameuse loi LRT. Suite à la demande d’audit, les discussions sur l’avenir de la BGe ont été suspendues par le Canton. Pourquoi? Après tout, la question de la gestion interne de la bibliothèque et celle de savoir quelle autorité va la reprendre ne sont pas vraiment liées… «Puisque la Ville a affirmé dans La Tribune de Genève que les tensions au sein de la BGe étaient liées aux discussions entreprises entre nous dans le cadre de la loi sur répartition des tâches (LRT), alors qu’aucune décision n’est prise, il nous a semblé plus sain d’attendre le résultat de l’audit, réplique le président du Conseil d’Etat François Longchamp. Il nous permettra de juger si des dysfonctionnements internes sont constatés, de cerner leur cause et d’examiner si un rattachement administratif plus logique que celui d’aujourd’hui est envisageable.» Paradoxalement, un aboutissement des discussions entre les différentes institutions en 2017 reste possible, assure le magistrat.

On comprend bien qu’en réalité, le Canton est vexé… D’une part, c’est par la bande qu’il aurait appris la demande d’audit de la Ville à la Cour des comptes. D’autre part, le lien entre les difficultés de la BGe et la LRT ne passe pas. «Franchement, cette bibliothèque, nous ne sommes pas demandeurs!, entend-on du côté du canton. Seule sa fonction de dépôt légal remplit réellement une fonction cantonale». La BGe est en difficulté depuis des années. En 2014, une pétition du personnel dénonçait l’augmentation des samedis travaillés. En février, des conseillers municipaux s’étaient ému des tensions internes. La Ville pour sa part demande au Canton de reprendre les discussions.

(TDG)

Créé: 30.05.2017, 19h03

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