Le Village du Soir s’enflamme pour son nid de pompiers

PopulaireBien avant minuit, vendredi soir, le club de la route des Jeunes affichait déjà complet. A l’heure du bal, le métier de sapeur reste le plus rassembleur.

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Au poids, il ne rivalise pas avec la silhouette grise et froide du stade de la Praille. Une structure gonflable contre des kilomètres linéaires de béton. En taille, en revanche, ce casque de pompier oublié sur le bord de la route ne passe pas inaperçu. Il est géant. On se souvient l’avoir vu les samedis de «démos» en famille sur le pavé du centre-ville ou dans la cour de la caserne.

Là, vendredi soir, il indique une direction plus festive, celle qui conduit en pente douce jusqu’au Village du Soir. Deux entrées, à choix, avec les carrossiers ou, plus bas, chez les distilleurs. Une ancienne friche industrielle transformée en club, le plus courtisé du canton. Trois ans d’existence, 20 000 personnes par mois, 450 événements par année. Mais jamais, à ce jour qui file dans la nuit, de bal des pompiers. C’est fait, depuis samedi à l’aube. Un succès public à la dimension du casque précité.

D’habitude, le lieu se remplit après minuit, par vagues d’arrivées tardives. Vendredi, à 23h, l’espace central est déjà plein. Sa jauge est fixé à 1100 personnes. Elles y sont. Au féminin. Les garçons sont largement minoritaires. On les retrouve, à la marge, dans le coin des trentenaires, que l’on aurait pu, pour la circonstance, décloisonner, histoire de gagner un peu de flux.

Parterre serré-collé pour accueillir ce nid de pompiers que l’on peine d’abord à distinguer dans la foule compacte. Au-dessus de nos têtes, 150 mètres de tuyaux faisant la guirlande dans le gril technique. Du 55 et du 75 millimètres, servant à alimenter les lances à incendie, selon l’ampleur du sinistre à combattre.

Cette décoration de circonstance annonce la suite. Dans la loge des artistes, huit sapeurs professionnels s’équipent en tenue de feu, pendant que, sur scène, le groupe Morning Glory revisite avec sincérité les standards rock des années 90.

On a envoyé la relève du SIS, l’aîné a 30 ans à peine; tous partagent des grades de début de carrière et une musculature d’élite. Ils sont jeunes et beaux à se faire écraser les pieds pour mieux les voir. L’effeuillage hivernal est annoncé pour 2h du matin. C’est tard. Le vétéran des causes populaires s’exfiltre avant l’embrasement généralisé. Il a rempli son carnet de notes et les images, non plus, ne doivent pas tout montrer.

Une réplique à la volée: «Attachez vos casques si vous ne voulez pas vous les faire braquer», lance un pompier au crâne rasé, au moment de partir au feu. Il aurait pu rajouter: «Et prenez soin de vos boutons de chemises…» Trop tard. Les incendiaires avaient les mains longues.

Créé: 07.12.2019, 18h25

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