La vie des écureuils raccrochée à un fil

SolutionPour éviter aux écureuils de devoir traverser les routes, un écuroduc a été installé à Vernier. C'est le premier du canton. Un autre, à Meyrin, suivra.

Les arboristes grimpeurs de l’entreprise Artisans de l’arbre ont installé mardi le premier écuroduc du canton, à Vernier.

Les arboristes grimpeurs de l’entreprise Artisans de l’arbre ont installé mardi le premier écuroduc du canton, à Vernier. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Après les couloirs à sangliers et les crapauducs, voilà les écuroducs! Un système de pont aérien pour éviter aux écureuils de traverser la route pour atteindre l’arbre voisin. Plusieurs pays, dont la France, se sont lancés dans les écuroducs. À Genève, Vernier est la première commune à franchir le pas.

Le canton compte une importante population d’écureuils. Ils appartiennent à la même espèce, l’écureuil roux – même si certains sont gris – à une exception près: «Le tamia, dit aussi chipmunk, importé de Corée, détaille Gottlieb Dandliker, inspecteur de la faune cantonale. Il ne vit pas dans les arbres mais est terrestre. Comme toutes les espèces introduites, nous les avons à l’œil. Pour l’instant, il se concentre uniquement à la Perle du Lac.» Le roux comme le tamia sont confrontés au même problème: on élague pour éviter des chutes de branches, on rase pour construire, et on coupe les branches sous les pattes des écureuils. À Vernier, Christina Meissner, députée et ancienne élue municipale, connue pour sa défense des hérissons, se fait désormais aussi la voix des écureuils. Elle est parvenue à mobiliser la Commune, qui vient de débourser 700 fr. pour un premier écuroduc, qui sera inauguré le 23 mai à 11 h.

Il a été installé mardi, par les arboristes grimpeurs de l’entreprise Artisans de l’arbre, entre un hêtre pourpre du parc de la Mairie et un érable sycomore de l’École des Ranches. La ligne de vie a fait l’objet d’une scrupuleuse réflexion. «On avait pensé à de la corde en chanvre mais ça finit par pourrir, raconte Jean-Marc Beffa, responsable du Service des espaces verts. L’entreprise nous a conseillé du synthétique.» Le pont de 25 mètres est arrimé aux deux troncs à 6 mètres de haut «et solidement tendu, il faut éviter que ça fasse un ventre», relève Antoine Gerber, responsable des Artisans de l’arbre. On aimerait mieux éviter qu’il pleuve des écureuils sur les pare-brise.

Le sort des rongeurs préoccupe aussi Meyrin. Il y a quelques mois, une maman écureuil a tenté de traverser l’avenue de Vaudagne avec son petit. Ils n’ont jamais atteint l’autre côté. «Une habitante a assisté à cette scène et nous a demandé d’agir car ce ne sont pas les premiers à se faire écraser là, explique Pascal Seeger, de l’association Meyrin durable. Nous avons identifié trois lieux à sécuriser et contacté la Commune, qui nous a autorisés à installer un premier écuroduc – le 23 ou le 30 mai selon la météo – mais c’est à nous de le financer.» Grâce à des dons mais aussi à la récupération de matériel, «notamment auprès de la Société pour le développement arboricole à Avully, qui nous a donné du rebut». Meyrin a choisi une version luxe de l’écuroduc, avec contrepoids et poulies, afin d’assurer une tension parfaite. «Nous avons aussi prévu une campagne d’information.»

Enfin, Onex réfléchit à la question, «pour la route du Grand-Lancy où il y a de plus en plus de densification, confie Ruth Bänziger, conseillère administrative. Ce système est tout bête mais très pertinent.» Encore faut-il que l’animal l’utilise… Gottlieb Dandliker est confiant. «L’animal est malin, il lui faudra un peu de temps pour découvrir l’écuroduc mais une fois expérimenté, il reste dans sa carte mentale. On constate le même schéma avec les passages biologiques et les sangliers.»

Le Département de l’environnement salue cette mobilisation citoyenne pour la faune locale, «qui s’inscrit dans une logique plus générale que nous poursuivons», résume Gottlieb Dandliker. Une action d’autant bien accueillie que l’écureuil ne figure pas parmi ses priorités. «C’est une espèce répandue, qui n’est pas menacée et ne représente pas une nuisance. Alors nous préférons concentrer nos efforts sur d’autres espèces, comme la grosse faune.» (TDG)

Créé: 09.05.2018, 09h23

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

France: une amende de 3,7 milliards d'euros pour UBS
Plus...