Avec son robot coréen, un Genevois révolutionne le pilulier

Santé Le pharmacien de Vessy pense offrir plus de confort et de sécurité aux patients et aux soignants.

Grâce à son robot, Laurent Santini, pharmacien, conditionne les doses en sachets individuels.

Grâce à son robot, Laurent Santini, pharmacien, conditionne les doses en sachets individuels. Image: Georges Cabrera

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Ils sont nombreux à jongler quotidiennement avec les boîtes de médicaments ou à vider méticuleusement les cases des piluliers en espérant ne pas oublier, en espérant ne pas se tromper. Pour faciliter leur quotidien et sécuriser la distribution des traitements, Laurent Santini, entrepreneur, a lancé sa start-up, Dosepharma, à Vessy. Il a fait partie des finalistes du concours suisse Grand Prix génération entrepreneur en mai.

Limiter le risque d’erreurs

Avec son robot coréen, ce pharmacien de 37 ans veut mettre le pilulier aux oubliettes. Il conditionne les traitements dans des sachets individualisés, livrés en rouleaux. Chaque dose est tatouée avec le nom du patient, du médicament, son dosage, l’heure et le jour de prise. Six cents patients bénéficient de ce service et quinze pharmacies sont partenaires.

Les pharmaciens passent commande par le biais d’une plate-forme sécurisée. Laurent Santini, homologué par Swissmedic, entre les données dans le robot et contrôle ensuite les doses produites. «Pour les patients à domicile, explique-t-il avec enthousiasme, plus besoin de préparer eux-mêmes leur prise journalière. C’est moins contraignant et on limite le risque d’oubli et d’erreur.» Et comme les doses sont détachables, «c’est plus pratique pour partir en voyage!» Enfin, ajoute-t-il, cela contribue à prolonger l’autonomie des patients à leur domicile. Et le trentenaire d’imaginer d’autres perspectives: «On pourrait laisser des sachets vides pour rappeler qu’il faut s’hydrater.»

Du temps avec le patient

Pour les professionnels de la santé, quel intérêt? Car ce sont eux qui paient la prestation, remboursée par les assurances si le malade prend au minimum trois médicaments par semaine sous prescription médicale. «Au lieu de mobiliser un employé au remplissage des semainiers, celui-ci peut se consacrer davantage au patient. Cela permet aussi de limiter le gaspillage, le surstockage, de fidéliser les clients. Et pour les EMS, une meilleure traçabilité du médicament dispensé.»

Le robot pourrait-il remplacer tout à fait les professionnels? «Non, la machine doit rester à leur service. Mon but est de les accompagner vers un changement de la pharmacie traditionnelle et de travailler en réseau avec eux. Le conseil, l’expertise, les préparations, tout cela reste l’apanage du pharmacien, il apporte une plus-value. Idem pour les infirmières. La seule chose pour laquelle ils ne sont plus sollicités est une tâche chronophage et fastidieuse.»

Un hic tout de même: la guirlande de plastique est peu écologique. «Des sachets biodégradables ont été testés mais sous l’effet de la chaleur ils se sont désagrégés…» Et l’entrepreneur de préciser qu’il trie papier, alu et plastique des emballages, «tous les patients ne le font pas forcément».

Le pharmacien cantonal, Christian Robert, estime que ce système représente «un gain en travail pour le personnel de la pharmacie et de l’EMS, et un plus en matière de sécurité. Mais vu le coût d’acquisition du robot, il faut une masse critique de patients. Pour une pharmacie qui ne livre pas un EMS et n’est concernée que par quelques patients, le remplissage à la main de semainiers reste la meilleure solution.»

Le robot a déjà séduit d’autres officines: un pharmacien indépendant, Pharmacie Populaire et Galenica. Laurent Santini ne voit pas la concurrence d’un mauvais œil. «Cela veut dire que ce service est intéressant et utile! Et tout acteur doit apporter sa pierre à l’édifice.»

(TDG)

Créé: 22.08.2016, 18h29

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