Marianna Massa: Du Vésuve au pied du Salève

PortraitMembre du comité genevois de l’association Slow Food, cette Italienne défend sa cause avec une conviction inébranlable.

Marianna Massa dans son potager. Non loin de là, un petit citronnier en pot lui rappelle sa terre natale.

Marianna Massa dans son potager. Non loin de là, un petit citronnier en pot lui rappelle sa terre natale. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Tables rondes, stands, parcours sensoriels. Depuis quelques mois, Marianna Massa s’active à travers le canton dans un but bien précis: promouvoir l’agriculture biologique et les produits de saison. Membre actif du comité genevois de l’association Slow Food, cette élégante Italienne défend sa cause avec une conviction inébranlable.

Dans sa jolie demeure de Veyrier, c’est le potager qui donne le ton. Un long rectangle débordant d’aubergines, courgettes, haricots ou salades encore bien vigousses pour une fin de mois d’octobre. Des grosses tomates délimitent l’espace. «Goûtez-les et vous verrez, elles n’ont pas le même goût que celles qui viennent des cultures horsol!» s’exclame-t-elle en roulant les r. Et pour cause, ce sont des anciennes tomates de la région de Naples, sa terre natale. «Je les ai apportées à Genève il y a quinze ans, et depuis je produis chaque année mes graines. Regardez!» ajoute-t-elle en nous montrant une feuille de papier recouverte de dizaines de graines à moitié séchées qui lui permettront d’avoir suffisamment de plantons pour remplir les centaines de bocaux de sauce tomate l’été prochain. «Ça a l’air compliqué, mais faire pousser des légumes et les cuisiner, c’est très simple. Rien que sur un petit balcon on peut faire pousser des plantes avec un peu de pratique!»

Défendre les paysans

C’est au pied du Vésuve, sur des vergers en pentes surplombant la baie de Naples, que Marianna Massa a appris à aimer la terre. Née dans une famille de paysans, elle a grandi au rythme des saisons. «En général, chez nous ce sont les garçons qui aident les pères, mais comme nous étions deux filles, il n’y avait pas le choix. Je passais donc mes après-midi et mes vacances à récolter tour à tour les olives, les oranges ou les citrons destinés en partie à la production du limoncello.»

Si ce dur labeur ne l’a jamais rebutée, elle a eu à subir les moqueries de certains camarades d’école en raison de son appartenance à une famille de cultivateurs. «A l’époque, les paysans étaient considérés comme des personnes ignorantes et j’en ai souffert. Mais cela m’a rendue plus forte.» C’est justement pour défendre les petits agriculteurs et combattre le manque de reconnaissance que Marianna entreprend des études en sciences de la nature à l’Université de Naples. Elle y rencontre les activistes de Slow Food et s’engage au sein de cette association qui œuvre pour défendre les variétés végétales en voie de disparition.

Professeure de biologie

En 2001, la jeune femme quitte le climat méditerranéen pour Genève, où son mari, capitaine de bateau, est envoyé pour travailler dans le shipping. «Je ne connaissais personne et ne parlais pas la langue, alors je me suis plongée dans le bottin téléphonique afin de trouver un emploi.» Motivée, elle décroche rapidement un poste d’assistante en agronomie à la Haute Ecole du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève, avant de se consacrer quelques années à sa fille et à ses jumeaux.

Elle se dirige ensuite vers l’enseignement de la biologie au Cycle d’orientation et retourne sur les bancs de l’Université pour passer son master en enseignement secondaire.

Depuis trois ans, cette Veyrite d’adoption a renoué avec ses vieilles amours de bénévole en rejoignant la section genevoise de l’association Slow Food. Elle prépare actuellement des activités sensorielles pour l’événement Step into the action, qui se tiendra les 14 et 15 novembre à Palexpo, où elle compte faire découvrir les odeurs et les saveurs de la terre aux élèves du postobligatoire. «Il est essentiel que les jeunes redécouvrent le lien avec la nature et apprennent à la respecter», glisse-t-elle avant de nous divulguer son prochain combat: faire en sorte que les écoles genevoises aient toutes leur potager scolaire. (TDG)

Créé: 19.10.2016, 10h59

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