Le Vestiaire social est vide, le Parlement des jeunes réagit

Jeunes migrants sans familleLe patron de Caritas Genève est à la manoeuvre. Il demande aux Genevois de passer du mode «critique» au mode «aide».

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dominique Froidevaux, le directeur de Caritas Genève, est un militant infatigable. Face à l'arrivée régulière des réfugiés à Genève, il mobilise ces jours le Parlement des jeunes (PJG) qui a répondu présent. «Nous manquons d'habits pour la centaine de mineurs hébergés au Foyer de Saconnex. Le vestiaire social que Caritas gère avec le Centre social protestant est vide pour ces jeunes sans famille», dit-il. Son appel est simple: «Aidez-nous à habiller les jeunes migrants mineurs qui sont à Genève. Apportez des vêtements que vous porteriez! Il en va de la dignité de vos camarades dans la dèche.»

Sylvain Leutwyler, président du Parlement, et Camille Lanci ont répondu présents. Ils ont mis en ligne une page Facebook: «Tes vêtements pour la dignité». Camille Lanci, 19 ans, est étudiante en relations internationales. En novembre dernier, elle a assisté à une conférence d'un jeune Erythéren. Bouleversant. «Notre première récolte aura lieu ce mercredi à notre local dans l'école Pré-Picot à Grange-Canal. Nos membres sont invités à apporter des habits cool. Ceux-ci seront récoltés par le Vestiaire social via l'aide d'un civiliste Gaétan Paratte, membre du PJG.» Ce dernier coordonne aussi la logistique des ramassages dans les écoles.


Vous souhaitez aider, donner, participer?

Caritas, le Centre social protestant et de nombreuses autres associations sont des relais efficaces. On en trouve une liste sur la plate-forme du bénévolat.

Les associations caritatives sont sollicitées par l'Hospice général, confirme Bernard Manguin, de l'Institution. Tout le monde est sous pression. Dominique Froidevaux a décidé de se mettre en mode: «On rend service, plutôt que on rouspète contre l'autorité qui n'a pas anticipé l'arrivée des migrants».

Pour le directeur de Caritas, le débordement actuel des structures tient davantage à leur démantèlement opéré à l'époque où Christoph Blocher était ministre des migrations qu'au nombre des requérants. «Aujourd'hui l'urgence est à l'entraide», poursuit-il, en référence à des articles critiques parus dans la presse. «La critique, même si elle peut être légitime, finit par démoraliser les travailleurs sociaux, les bénévoles et les responsables», note le directeur de Caritas.

La mobilisation s'organise

Heureusement, des paroisses, la mosquée ont déjà répondu à l'appel, ainsi que des institutions comme le collège André Chavanne, tout à côté, dont le directeur n'a pas attendu le feu vert d'en haut pour mettre une salle à disposition et un carton. Davantage doivent se mobiliser. Le DIP a donné hier son feu vert aux directions des collèges et des écoles de commerce du canton.

Corinne Chuit confirme l'urgence. Elle est en charge à l'Hospice général du Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement. «L'arrivée continue de RMNA, pardon des requérants mineurs non accompagnés, met toutes les structures sous pression. Ces ados ont juste une chemise sur le dos. Le projet de mobiliser le Parlement des jeunes de Genève est formidable. »

Nombreux défis

Le coup de pouce du Parlement des jeunes suffira-t-il? Dominique Froidevaux y croit. Les défis sont multiples. Il y en a des grands et des petits. Froidevaux et Chuit en citent quelques-uns. On résume. Il faut plus de classes d'accueil. Un véritable défi qui suscite des questions sur la rigueur de la directives du DIP jusqu'au sein de la chaîne sociale. En principe, un migrant mineur a droit à une formation un mois après son arrivée. Et jusqu'à sa majorité.

Il faut équiper le Foyer de Saconnex où logent quelques 400 personnes, afin que les vêtements des jeunes puissent être lavés à l'eau bouillante. Il faut apprendre à ces jeunes – 80% sont érythréens – à gérer le petit pécule que leur confie l'Hospice général et à éviter le piège de l'endettement. Il faut leur suggérer de bien se nourrir à petit prix.

La tâche est lourde. Tout est à faire. Corinne Chuit est dans le social depuis des années. Son enthousiasme paraît intact: «On est un peu les parents d'une centaine d'ados désorientés, traumatisés. Mettez-vous à notre place.» Le plus jeune a tout juste 15 ans.

Caritas et le CSP à la recherche de locaux

Les associations privées que sont Caritas et le CSP, tout comme l'Hospice général, la régie cantonale d'action sociale, n'oeuvrent évidemment pas que pour les migrants mineurs sans famille. Leur action sociale couvre tous les secteur. Caritas et le CSP sont d'ailleurs à la recherche d'un nouvel espace de stockage et de tri de marchandises tous publics (suisses et migrants vivant dans la précarité) avant distribution. Elles organisent aussi des collectes de vêtements dans les entreprises. En septembre, l'Hospice général a récolté 130 cartables pour la rentrée scolaire en partenariat avec un grand magasin. (TDG)

Créé: 06.10.2015, 12h20

Camille Lanci, présidente de la Commission intégration des jeunes migrants du Parlement des jeunes de Genève.

Que deviennent les mineurs sans famille?

Les mineurs hébergés au Foyer de Saconnex suivent en principe une formation. Pas facile pour certains qui ne parlent généralement que leur langue maternelle et parfois quelques mots d'anglais. le civiliste Adrian Kadner est là depuis un mois, mais pour lui l'érythréen reste du chinois. L'écriture va de droite à gauche et ça ressemble un peu à des hiéroglyphes. Corinne Chuit en poste depuis des années a développé toute une gestuelle pour se faire comprendre. Résultat des situations parfois cocasses qui déclenche des fous rires. indispensable pour tous. Ce mois d'octobre est pourtant un mois particulier, car le centre a enfin reçu l'aide d'un traducteur érythréen-français.

La demande d'asile des jeunes suit le même chemin que celui des adultes, mais ils ont la garantie de rester en Suisse au moins jusqu'à leur majorité, explique Corinne Chuit. Ensuite? Ensuite, c'est de cas en cas. Certains vont aux Tattres ou dans des abris PC en attente d'un retour à la case départ. D'autres restent au foyer quelque temps ou parvienne à s'insérer. Toujours sous la menace que leur permis F ne les renvoie.

30'000 permis F en Suisse



Les associations d'entraide remettent en question le fameux permis F. Ce 9 octobre, le Centre social protestant vernit une exposition à ce sujet au Rond-Point de Plainpalais. Plus de la moitié des dont 30'000 titulaires de permis F en Suisse y résident depuis plus de sept ans, note le CSP. L'Observatoire romand du droit d’asile et des étrangers (ODAE romand) publie un rapport à ce sujet. «À l’heure où les autorités octroient ce statut en masse à des milliers de demandeurs d’asile syrien-ne-s, érythréen-ne-s et autres, il paraît particulièrement opportun de s’arrêter un temps sur les caractéristiques de ce statut ainsi que sur ses conséquences sur le plan humain.» JFM

Articles en relation

L’arrivée des migrants met la pression sur les écoles

Asile Les enseignants craignent que les coupes dans les budgets de l’école ne pénalisent les enfants migrants. Plus...

«Il y a rupture entre les experts et les politiques»

Genève internationale La sous-alimentation, le réchauffement climatique, les migrants… Les Etats ont été alertés des risques, rappelle un expert de l’ONU. Plus...

Migrants: les Allemands craignent l’implosion

Droit d'asile La politique d’Angela Merkel face aux réfugiés divise ses troupes et relance à Dresde le mouvement raciste et anti-islam Pegida. Plus...

Comment l'Allemagne fait des réfugiés de bons ouvriers

Migrants Pour l’Europe, l’afflux de réfugiés est aussi une chance de pallier la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Plus...

Inquiet, Crans-près-Céligny va loger 50 réfugiés en abri PC

Grand Genève Au citoyen qui craint la rougeole ou la polio, Philippe Leuba détaille les contrôles effectués dès l’arrivée des migrants. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Conférence sur le climat de Katowice
Plus...