Les Verts veulent placer des femmes dans les régies publiques

Politique Une députée souhaite pousser les partis politiques et le Conseil d’État à favoriser la parité dans les conseils d’administration.

Les conseils d’administration ou de fondation des 35 régies de droit public genevoises devraient davantage s’ouvrir aux candidatures féminines. GETTY IMAGES

Les conseils d’administration ou de fondation des 35 régies de droit public genevoises devraient davantage s’ouvrir aux candidatures féminines. GETTY IMAGES

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Encore aujourd’hui, les femmes ne sont qu’une minorité à siéger dans les conseils d’administration. En ce qui concerne les régies publiques, elles y représentent 25% des membres. Si le constat n’est pas nouveau, la donne doit changer, selon les Verts. Et il y a urgence, puisque les établissements de droit public ont jusqu’en novembre pour revoir la composition de leurs instances dirigeantes, qui se renouvellent à chaque début de législature, pour cinq ans. «C’est en ce moment même que les partis et le Conseil d’État nomment leurs membres», relève la députée Verte Delphine Klopfenstein, qui a déposé, au début de septembre, deux textes visant à favoriser la parité dans les conseils d’administration et de fondation des 35 régies de droit public genevoises (HUG, Hospice général, Genève Aéroport, SIG et TPG pour les plus importantes). Son parti demandera que cette résolution (à l’adresse des députés) et cette motion (destinée au Conseil d’État) soient débattues en urgence lors de la prochaine plénière du Grand Conseil, jeudi prochain. «Sachant qu’une majorité du parlement, à savoir le PS, Ensemble à Gauche et le PDC, a signé ces textes, nous parviendrons peut-être à avoir une discussion immédiate et à les voter sur le siège.»

Le timing étant serré, le parti se contente de ces deux textes qui ne sont pas contraignants, dans le but de donner une impulsion. «Il s’agit pour l’heure d’amener le débat sur la table et de sensibiliser les partis politiques et le Conseil d’État. Si ces textes étaient votés sur le siège, cela pourrait influencer leurs choix. Dans un second temps, nous proposerons un projet de loi.»

Cyril Aellen, chef du groupe PLR, ne s’est pas encore plongé dans ces textes, mais il estime qu’instaurer des quotas ne réglera pas le problème. «Je ne crois pas que la discrimination se fasse au moment de la sélection. Le fait est qu’il y a davantage de candidatures masculines. Il me semble plus intéressant d’œuvrer pour que le nombre de candidatures féminines augmente. C’est à ce niveau-là qu’il faut un rééquilibrage. Cela dit, j’admets que pour l’heure, il n’y a pas eu d’autre proposition qui permettrait, dans un délai raisonnable, de résoudre cette équation.»

Pour les Verts, la question du nombre de candidatures ne semble pas être un problème puisqu’ils ont déjà réuni 60% de femmes pour les places qui leur reviennent lors de cette législature. «Certains partis ont effectivement tendance à dire qu’il n’y a pas assez de femmes qui se présentent, note Delphine Klopfenstein. Mais ce n’est pas acceptable. C’est pour cela que nous souhaitons que le Bureau de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes soit intégré dans la démarche. Il faut mettre en place des outils pour favoriser cette représentation paritaire.»

Si les Verts ont un coup d’avance, c’est aussi que le travail est fait en amont, notamment avec des statuts contraignant toute liste électorale à être paritaire. C’est ainsi que lors des élections d’avril, 8 femmes (ndlr: 4 d’entre elles ont moins de 30 ans) ont été élues au parlement, contre 7 hommes. «Nous démarchons les femmes en amont, nous les intégrons au quotidien dans le tissu du parti. Dès lors, lorsqu’il y a une désignation, elles sont prêtes.» Pour Delphine Klopfenstein, il y a également «un vrai travail de fond à réaliser puisque à l’heure actuelle, les charges domestiques et de garde d’enfants restent majoritairement sur les épaules des femmes.»

Plus précisément, en quoi la parité est-elle un avantage? «Les conseils d’administration sont des organes dirigeants qui mettent en œuvre la politique de ces institutions. Pour une bonne gouvernance, il est important de retrouver une composition reflétant la société. Avoir une majorité d’hommes d’un certain âge et de profession libérale à leur tête, cela n’est tout simplement pas représentatif.»

À noter qu’en 2014, Bâle-Ville a été le premier canton à exiger un quota de femmes dans les conseils d’administration des entreprises dans lesquelles il est majoritaire. Dans leur argumentaire, les Verts font mention de plusieurs études montrant une corrélation entre la mixité au sein des instances dirigeantes des entreprises et une meilleure performance. (TDG)

Créé: 14.09.2018, 07h46

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