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«Vernier, un laboratoire intéressant qui augure de la police du futur»

Le conseiller d’État Pierre Maudet vante l’action de sécurité de proximité avec la deuxième ville du canton. Et la poursuit.

Pierre Maudet
Pierre Maudet
Lucien Fortunati

Le 2 juillet 2013, Pierre Maudet, conseiller d’État en charge de la Sécurité, et Thierry Apothéloz, conseiller administratif verniolan responsable de la police municipale, signaient un contrat local de sécurité (CLS) – le deuxième du canton après celui de Carouge. Près de cinq ans après l’entrée en vigueur de ce CLS, les deux candidats au Conseil d’État ont répété l’exercice, mardi, en paraphant le «contrat 2.0», selon les termes du magistrat PLR. Derrière cette terminologie un peu froide se profile le renouvellement du CLS. «Nous l’avons adapté aux nouvelles réalités telles que décrites dans notre diagnostic local de sécurité 2016», explique Thierry Apothéloz. Parmi elles, le renforcement de la prévention et l’attention portée aux personnes âgées. La lutte contre la délinquance de rue, les incivilités liées à la consommation et la détention de stupéfiants, ainsi que les incivilités en matière de circulation routière reste d’actualité. Et le CLS porte ses fruits, affirment les deux partenaires: «Quelque 85 cambriolages d’appartements ont été recensés en 2017 contre 177 en 2014. Durant la même période, les vols à la tire ont chuté de 176 à 116.»

Prévenir les arnaques

Au-delà des chiffres, une attention particulière aux territoires ou populations à risque d’exclusion est préconisée pour favoriser la cohésion sociale. Cela passe en particulier par la sécurité des seniors et la traque à l’arnaque: «J’ai récemment appris qu’une aînée s’était fait refiler un vieux matelas en payant cash 8000 francs!» rapporte le magistrat socialiste verniolan. «Nous devons prévenir ces comportements à risque (ndlr: avoir de telles sommes à la maison). Des actions en amont doivent permettre d’empêcher ces personnes vulnérables de devenir de telles cibles», ambitionne Pierre Maudet. «Nous allons au-devant de la population en effectuant des tournées dans les quartiers, en nous rendant aussi dans les appartements», explique Thierry Apothéloz.

«Vernier est un peu notre cheval de Troie au niveau du concept de sécurité de proximité, estime Pierre Maudet. Cette commune est un laboratoire particulièrement intéressant qui augure de la police du futur. Avec une vingtaine d’agents, la masse critique est non seulement suffisante mais elle permet aussi de s’adapter facilement aux réalités du terrain.» Pièce maîtresse de la sécurité de proximité au quotidien, le CLS s’inscrit ainsi plus largement dans la «politique cantonale de sécurité de proximité», récemment validée par la Commission consultative de la sécurité municipale. Cette politique régit les interventions entre la police cantonale et les polices municipales. La coordination des missions donne un cadre strict et une meilleure visibilité aux actions de chaque corps, tant sur le plan des horaires que de la répartition des tâches.

Retour en arrière?

Concrètement? «L’îlotage sera remis à la police municipale», informe Pierre Maudet. Et cette réorganisation est valable dans tout le canton. L’aveu d’un retour en arrière sur la nouvelle Loi sur la police (LPol), mise en œuvre en 2016? «Pas du tout! C’est au contraire une marche en avant. La police n’a pas découvert la police de proximité en 2016, riposte taquin l’élu PLR. L’État ne se retire nullement de cette police de proximité (ndlr: on compte environ 140 policiers cantonaux de proximité actuellement, contre 360 APM dans tout le canton), ce d’autant plus que 28 communes n’en ont pas. Et puis, les polices municipales ne fonctionnent pas bien sans police cantonale. Elles ont un rôle conjoint.»

La réorganisation annoncée inclut aussi une augmentation de vingt postes à police secours sur un total de 310. Là encore un aveu d’erreur? Les syndicats reprochent à Pierre Maudet d’avoir dégarni cette unité pour créer la police de proximité, mesure phare de la nouvelle LPol.

Bientôt 40 000 habitants

Relevons enfin que cette action sécuritaire commune de l’État et de Vernier a été scellée devant le Conseil administratif verniolan in corpore. «Avec de nouveaux quartiers, et notamment celui de l’Étang, nous prévoyons 40 000 habitants à l’horizon 2025, indique le maire Yvan Rochat. Notre nouveau contrat, axé sur des rapports de proximité, doit permettre de mieux faire face au processus du vieillissement de la population (ndlr: 15% de la population a plus de 65 ans), venue s’installer dans notre commune au cours des années 60 et 70, et à son renouvellement avec les futurs arrivants.»

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