Les vélos en libre-service divisent les communes

MobilitéL’Etat fait volte-face et demande aux mairies de payer une partie des frais de fonctionnement. Plusieurs communes se retirent du projet

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Les habitants de la Ville de Genève ne seront pas les seuls à enfourcher les fameux vélos en libre-service (VLS). Quinze communes participent au projet qui devrait aboutir au printemps 2013. Elles viennent toutefois d’apprendre une nouvelle qui leur reste en travers de la gorge: l’Etat les invite à prendre en charge une partie des frais de fonctionnement, ce qui n’était pas prévu.

Initialement, vingt-quatre communes devaient accueillir des vélos en libre-service. Réparties sur tout le canton, elles devaient permettre aux utilisateurs de relier Satigny à Puplinge sans descendre de selle. Le concept de base impliquait que les mairies paient la construction des stations et que les autorités cantonales se chargent des frais d’exploitation.

L’état des finances genevoises change la donne. En charge du Département de l’intérieur et de la mobilité (DIM), Michèle Künzler a récemment envoyé une missive à toutes les mairies concernées, leur demandant de prendre en charge un tiers des coûts de fonctionnement annuels. Le reste sera payé par l’Etat et les TPG (voir encadré).

Problème topographique

Dans les communes, la missive a été accueillie avec scepticisme. «Ce n’était pas du tout prévu à la base, on nous demande de payer plus de 4500?francs par année sur dix?ans», s’étonnait Fernand Savigny, maire de Perly, lors du dernier Conseil municipal. Les élus ont fini par accepter la demande, mais avec des réserves.

Si la majorité des localités participant au projet a accepté d’assurer ces charges supplémentaires, ce n’est pas le cas de Bellevue, Chêne-Bougeries, Collex-Bossy, Genthod, Meyrin, Satigny et Versoix, qui renoncent pour l’instant à entrer dans le réseau.

La question financière n’est pas la seule en cause. Depuis le début, bon nombre de ces communes doutent de la pertinence de ce moyen de transport sur leur territoire, soit en raison de la topographie de celui-ci, soit en raison de leur situation géographique. A Versoix, c’est également la question de la compatibilité des vélos en libre-service avec le système vaudois qui freine les autorités. La problématique est en cours de réflexion au DIM. Quant à Pregny-Chambésy et Confignon, elles n’ont pas encore pris de décision. La conseillère d’Etat en charge de la Mobilité, Michèle Künzler, ne s’inquiète pas de ces réponses négatives. «Nous sommes en discussion avec ces communes, et nous irons de l’avant de toute façon. Nous sommes persuadés qu’une fois le projet lancé, de nouvelles localités rejoindront le réseau de VLS.»

Le projet, initié par la Ville de Genève en 2007, avait pris du retard en raison des difficultés à lier son financement à l’octroi des contrats en matière d’affichage. C’est finalement l’Etat qui a repris la gestion de ce dossier en l’élargissant au reste du canton. Le réseau a donc pris une nouvelle dimension et garde toute sa cohérence, puisque les quinze communes du réseau englobent tout le centre du canton. Seules Chêne-Bougeries et Meyrin manquent.

«Cent stations en 2013»

«Nous visons une centaine de stations en 2013 et 120 d’ici à 2014», indique la conseillère d’Etat Michèle Künzler. La Ville de Genève sera la première à accueillir les deux-roues, si tout se passe bien. Car le Grand Conseil doit encore se prononcer sur la proposition de la magistrate écologiste concernant la répartition Etat/communes des coûts de fonctionnement annuels. ?

Créé: 04.06.2012, 07h00

Dossiers

Combien coûte le système?

Les vélostations coûtent 78 000 francs l’unité. Elles sont prises en charge par les mairies.
Les coûts de fonctionnement annuels sont d’environ 2,1 millions de francs. Les TPG et l’Etat devraient payer 700 000 francs chacun. Les communes participant au projet se répartiront les 700 000 derniers francs.
L’achat des vélos est estimé à 1,5 million. Il sera pris en charge par des mécènes et des sponsors.
L’accès aux VLS: l’abonnement coûtera 70 francs par année sauf pour les détenteurs d’un abonnement Unireso, qui ne payeront que 45 francs. Quant aux utilisateurs occasionnels, il leur en coûtera 5 francs la journée. En plus de ces frais d’accès, le tarif est le suivant: la première demi-heure sera gratuite.
La deuxième coûtera 1 franc, la troisième trois francs et la quatrième et les suivantes 6 francs. Le coût maximal sera de 60 francs par jour. C.ZB.

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