Un Vélib’ public aurait «un immense potentiel à Genève»

Vélos en libre-service La société Publibike est candidate à la concession de Vélib’ publics à Genève. Entretien avec son directeur, Bruno Rohner.

Bruno Rohner, directeur de Publibike: «Investir dans le vélo peut augmenter la qualité de vie dans les villes et les faire gagner en attractivité.»

Bruno Rohner, directeur de Publibike: «Investir dans le vélo peut augmenter la qualité de vie dans les villes et les faire gagner en attractivité.» Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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Après des années d’aléas, Genève attend toujours la mise en place d’un réseau public de vélos en libre-service (VLS). Mandatée à cet effet, TPG Vélo a mis au concours une concession. Mais cette filiale des TPG ne peut ouvrir les dossiers de candidature pour mettre en place le projet Geroule. La justice le lui a interdit en décembre 2015, après un recours, qui attend toujours d’être tranché sur le fond, interjeté par Intermobility. Née à Bienne, cette société a en parallèle déployé, essentiellement sur des parcelles privées, son réseau de VLS, Velospot. Son concurrent, Publibike, attend donc toujours que les autorités puissent examiner sa candidature. Directeur de cette filiale de CarPostal, Bruno Rohner est en visite à Genève. Entretien.

Vous avez postulé pour le projet genevois. Où en êtes-vous?

Nous avons déposé notre candidature il y a plus d’un an. A la suite d’un recours, l’offre n’a pas pu être ouverte. Je n’en sais pas plus depuis lors. Quatre autres villes vivent le même blocage (Berne, Zurich, Lugano et Nyon). Il est regrettable, surtout du point de vue du public, qu’on ne puisse déployer un réseau de VLS en collaboration avec les autorités publiques et en intégrant les transports publics dans la réflexion. Cette situation empêche Genève de profiter d’une offre complète alors qu’il y a un immense potentiel. Pour les six communes qui participent au projet Geroule, on estime que 250 000 de leurs habitants seraient des utilisateurs potentiels. Il faut y ajouter 150 000 pendulaires.

Pourquoi avez-vous invité le 10 novembre les 45 exécutifs communaux genevois?

La raison principale de cette séance d’information, c’est que nous ne sommes pas du tout présents à Genève. Notre système s’arrête à Nyon. Il nous semble légitime de promouvoir tant notre entreprise que le VLS en général.

Qu’y a-t-il dans votre offre genevoise que les autorités ne peuvent pas ouvrir?

L’offre leur étant adressée, j’aimerais qu’elles soient les premières à la découvrir. Le projet couvre six communes participantes (Genève, Carouge, Lancy, Onex, Plan-les-Ouates et Vernier). Nous avons proposé un concept d’emplacement tenant compte du potentiel. L’exigence de l’appel d’offres était de 10 à 12 stations par kilomètre carré. Sans être trop précis, cela implique un volume d’environ 200 stations et 2000 vélos. Il conviendrait ensuite d’intégrer les autres communes suburbaines qui veulent se relier au centre.

Velospot s’étend dans les communes, souvent sur des terrains privés. Il n’y a donc pas besoin de l’Etat pour y parvenir!

Pour faire vraiment fonctionner un réseau de VLS, il doit atteindre une certaine densité, avec une station tous les 300 ou 400 mètres, ce dont aucune ville suisse ne dispose encore pour l’heure. C’est avec ces écarts-là qu’on peut obtenir une utilisation suffisamment spontanée et fréquente qui rentabilise le réseau. On ne peut pas y parvenir sans utiliser le domaine public. C’est pour cela qu’il faut avoir une coopération avec les autorités et les transports publics.

Avec une telle densité, vos stations vont manger tout l’espace public, qui est restreint à Genève!

Disposer les stations est en effet un des plus grands défis. Le concept d’emplacement doit être réfléchi. Il faut déterminer où cela fait sens, sans gêner les autres usagers du domaine public. Genève est une ville dense! Mais un bon réseau y a quand même été mis en place pour les cyclistes. On peut avancer assez vite.

Velospot, qui utilise un verrouillage électronique, a actionné la justice car l’appel d’offres exigeait des attaches fixes. Est-ce un système dépassé?

Au niveau de la technologie, on peut désormais répartir en ville des vélos qui communiquent avec un système informatique. Mais ce qui compte, ce sont les critères de l’appel d’offres. Les communes, qui ont bien réfléchi au projet, ont demandé des attaches. Ce n’est pas à nous d’en juger et nous nous y référons.

Les gens sont assez grands pour s’acheter un vélo s’ils le veulent. Pourquoi installer à grands frais un système de location?

Le système ne doit rien coûter au contribuable. C’est ce que Luc Barthassat (ndlr: ministre genevois des Transports) a bien spécifié lors de l’appel d’offres. A nous de trouver un financement, avec des sponsors comme des entreprises qui souhaitent disposer d’une station, faciliter la mobilité de leurs collaborateurs ou obtenir une certaine visibilité sur les vélos. Quand on a un vélo, on doit l’entretenir, lui changer les pneus, etc. On peut aussi préférer ne pas s’en occuper et s’abonner à un système de VLS. Cela permet un choix spontané: j’arrive à la gare, il fait beau, je préfère terminer mon trajet à vélo. Un VLS est aussi un plus pour les touristes.

Les autorités ne feraient-elles pas mieux de compléter et sécuriser le réseau cyclable?

La promotion du vélo ne passe pas seulement par le VLS, il faut aussi créer et sécuriser l’infrastructure. La croissance de la population et des emplois demande de nouvelles solutions de mobilité. Dans ce contexte, investir dans le vélo peut augmenter la qualité de vie dans les villes et les faire gagner en attractivité.

(TDG)

Créé: 01.11.2016, 16h50

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