Une vaste enquête secoue un marchand d’antiquités

JusticeUne série de perquisitions a eu lieu dans plusieurs entrepôts à Genève. Des centaines d'objets ont été saisis.

Une série de perquisitions ont eu lieu dans plusieurs entrepôts à Genève. Des centaines d’objets ont été saisis.

Une série de perquisitions ont eu lieu dans plusieurs entrepôts à Genève. Des centaines d’objets ont été saisis. Image: Laurent Guiraud

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Genève apparaît de nouveau au cœur de toutes les suspicions en matière de trafic d’objets archéologiques. Un marchand d’antiquités établi à Genève, comptant parmi les plus importants au monde, Ali Aboutaam, se trouve au centre d’une vaste enquête liée à la fraude à la TVA et au trafic de biens culturels, a révélé mercredi le Wall Street Journal.

Tout est parti des douanes suisses, selon nos informations. Après des mois d’investigation, une procédure a été ouverte le 20 décembre dernier, contre deux personnes et deux sociétés, pour violation de la Loi sur la TVA (LTVA) et de la Loi sur le transfert des biens culturels (LTBC). Une opération d’envergure s’en est suivie à Genève, menée conjointement par l’Administration fédérale des douanes (AFD) et le Ministère public genevois.

Des mois d’expertises

Le 28 février, une quarantaine de douaniers et plusieurs policiers ont investi notamment des entrepôts privés, des locaux aux Ports Francs de Genève et les deux enseignes prestigieuses de Phoenix Ancient Art en Vieille-Ville, a appris la Tribune de Genève. L’agitation n’est pas passée inaperçue. D’autres perquisitions ont suivi jusqu’au 6 mars. Au final, des centaines et des centaines d’objets en mains d’Ali Aboutaam ont été saisis. Il s’agit maintenant de faire parler les pièces pour connaître leur origine. Pas de doute que les expertises vont prendre des mois.

A la suite de ces perquisitions, Ali Aboutaam, président de la société Phoenix Ancient Art, a été auditionné par le procureur genevois chargé du dossier. Tout comme son épouse, qui, elle, a été placée en détention provisoire durant plusieurs jours, avant d’être remise en liberté. Selon le Wall Street Journal, aucune charge n’est retenue contre elle. Un chauffeur a également été interpellé au début de mars, en possession d’une lampe à huile antique, et soupçonné de fraude à la TVA. Il ne fait pas l’objet d’une procédure.

Les personnes et sociétés visées par la procédure ont contre-attaqué en déposant carrément chacune une plainte au Tribunal pénal fédéral contre l’Administration fédérale des douanes à la suite des perquisitions et séquestres. Toutes ont pourtant retiré leur requête le 14 mars, selon des documents en notre possession.

Contacté, Ali Aboutaam renvoie à son avocat genevois, Didier Bottge, lequel indique ne pas vouloir commenter une affaire en cours. Tout comme le conseil de l’épouse du marchand d’antiquités. Quant à la Section antifraude des douanes à Lausanne et le Ministère public genevois, ils ne font aucun commentaire.

Affaire du sarcophage liée?

Coïncidence ou pas, une autre affaire impliquant le marchand d’art a rebondi à la mi-mars, celle de l’extraordinaire sarcophage romain en marbre blanc. Cette pièce inestimable, découverte en 2010 lors d’un contrôle des douanes aux Ports Francs de Genève, avait été reconnue par la justice comme issue d’une fouille clandestine et exportée illégalement de Turquie. La société détentrice d’entreposage, Inanna Art Services, structure liée à Ali Aboutaam, avait déposé un recours au Tribunal fédéral, avant de finalement lâcher prise. Après sept ans de procédure, quels motifs l’ont poussé à abandonner? Les deux affaires sont-elles liées? Ces questions restent ouvertes et ce ne sont pas les seules. (TDG)

Créé: 01.06.2017, 21h20

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