Vaisseau amiral de l’Université, «La Licorne» sonde les eaux du lac

Laboratoire flottantL’UNIGE possède son propre bateau. Amarré à Versoix, il parcourt le Léman pour effectuer diverses missions scientifiques.

En hiver, «La Licorne» est amarrée à Port Choiseul, à l’abri des coups de bise. À la belle saison, le bateau de l’Université  de Genève prend ses quartiers à quelques encablures de là, dans le port de Versoix.

En hiver, «La Licorne» est amarrée à Port Choiseul, à l’abri des coups de bise. À la belle saison, le bateau de l’Université de Genève prend ses quartiers à quelques encablures de là, dans le port de Versoix. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Il porte le nom du vaisseau des aventures de Tintin et du capitaine Haddock, mais la comparaison s’arrête là. L’équipage de La Licorne n’est pas composé de marins, mais bien de professeurs, étudiants, doctorants et scientifiques de tout bord. Ce bateau de type coque hollandaise de 17 tonnes et 13 mètres de long, qui ne quitte pas l’eau douce du Léman, arbore la bannière de l’Université de Genève.

Eh oui, l’UNIGE possède sa propre flotte. Enfin, deux embarcations. Et encore! «Nous utilisons surtout La Licorne, car notre second bateau, beaucoup plus petit et à fond plat, ne navigue pas souvent. Mais il demeure très pratique lorsqu’il faut engager des plongeurs, notamment pour des recherches archéologiques dans la rade», précise Jean-Luc Loizeau, maître d’enseignement et de recherche au Département F.-A. Forel des sciences de l’environnement et de l’eau.

Chasse aux particules

La Licorne, elle, sort beaucoup plus. «Cela varie selon les années, mais il y a un peu plus de deux ans, pour les besoins d’une étude sur le développement du phytoplancton, elle était engagée pratiquement tous les quinze jours. Nous l’avons également mise souvent à contribution en 2017 pour la pose de pièges à particules.»

On l’a compris, l’embarcation frappée du sigle de l’UNIGE assure des missions scientifiques et n’a rien d’un navire de plaisance. Encore qu’elle en possède quelques caractéristiques, puisqu’elle peut accueillir pas moins d’une douzaine de personnes à son bord et est équipée d’une cabine «où l’on peut dormir, mais cela arrive très rarement», sourit le maître d’enseignement et de recherche. À noter que La Licorne s’ouvre au public lors de la Nuit de la science.

Dans la baie de Vidy

Amarré dans le port de Versoix à la belle saison – et à quelques encablures de là en hiver, à Port Choiseul, plus abrité des coups de bise – le bateau quitte volontiers les eaux genevoises, au gré de ses missions. L’un de ses sites de prédilection se situe à Lausanne: la baie de Vidy est en effet très prisée des chercheurs. «C’est un lieu quasi unique en son genre pour l’étude des sédiments, souligne Jean-Luc Loizeau. À ma connaissance, il n’en existe qu’un autre de même type, sur la côte espagnole.»

Cette particularité est due à la présence de l’exutoire d’une station d’épuration (STEP) dont les rejets contaminent les sédiments de la baie. «On y a retrouvé une minéralisation très particulière, probablement due à un ensemble de facteurs: la morphologie de la baie, la présence de la STEP, et cela au large d’une grande ville.»

Tsunami et bathymétrie

Pour assurer ses diverses missions, La Licorne possède évidemment un équipement spécifique. Notamment une grue qui peut soulever jusqu’à 500 kilos. Et selon les recherches effectuées, elle accueille divers instruments scientifiques, tels des carottiers (qui permettent de prélever des échantillons de matières), des bouteilles de prélèvement ou encore un sonar multifaisceau. De quoi mener des études dans les grandes profondeurs.

Le bateau universitaire a ainsi participé à l’élaboration du documentaire «Un tsunami sur le lac Léman». Rappelons qu’une recherche scientifique de l’UNIGE a récemment démontré qu’un tsunami a bel et bien eu lieu sur le lac au VIe siècle, et que le phénomène pourrait se reproduire.

Plus paisible, en 2014, La Licorne a sillonné le Léman pour en redéfinir entièrement la bathymétrie, soit la mesure de la profondeur. «La dernière campagne de ce type remontait à 1886-1889», précise Jean-Luc Loizeau.

Des Pays-Bas à Genève

Très sollicité, le navire amiral de l’UNIGE a été acquis par l’Institut Forel en 1980, pour environ 250 000 francs. Il a été entièrement repeint l’an passé. Ce bain de jouvence a notamment permis d’affubler sa coque de son nom, La Licorne. «Jusque-là, seul le nom Institut F.-A. Forel y était inscrit, note Jean-Luc Loizeau. D’ailleurs, sur le Léman, il est davantage connu sous le nom de Forel.»

Un lac sur lequel il n’aurait peut-être jamais dû naviguer! «Construit dans un chantier naval aux Pays-Bas, il semble en effet qu’il était préalablement destiné aux gardes-côtes du Portugal», glisse le maître d’enseignement et de recherche. Qui est par ailleurs l’une des quatre personnes du Département F.-A. Forel à posséder le permis bateau à moteur, sésame incontournable pour piloter La Licorne. (TDG)

Créé: 09.01.2019, 17h48

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