Vacances à petits prix: conseils d’ami

Bons plansL’offre n’a jamais été aussi abondante, autant sur le front du logement qu’en matière de transports.

Image: Olivier Vogelsang

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Comment passer des vacances de rêve en évitant d’être financièrement sec fin août? Hier, il fallait choisir le camping ou la location bas de gamme avec vue sur le local poubelle, et se contenter de lancer des regards furtifs en direction des palaces situés face à la mer, l’air de rien, une glace à la main. Il fallait se nourrir de hamburgers et de frites molles. Et, côté transports, opter pour l’autocar de nuit ou s’entasser dans un vol charter. Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. En s’accrochant aux sites qui comparent les prix sur Internet, on peut trouver de vrais bons plans. L’offre est abondante. Des économies peuvent être réalisées autant dans le logement qu’à travers le mode de transport.

Retour en grâce de la Turquie

Quant aux destinations, leur cherté globale varie en fonction des effets de mode et des cours de change. Après la récente crise italienne, le franc s’est à nouveau raffermi face à l’euro. Ces jours, il est stable. Un autre facteur est aussi à calculer: la TVA. La Hongrie pratique par exemple un taux normal de 27%, la Suède et le Danemark étant à 25%. À Budapest, le coût d’une chambre passera donc de 150 à 190 fr. 50 environ. Taux le plus bas en Europe? Le Luxembourg et ses 15%. Mais il faut vraiment en avoir envie. Ultime solution: rester en Suisse, où l’hôtellerie bénéficie d’un taux spécial de 3,7%. Pour cette année, la Fédération suisse du voyage (FSV) constate un déplacement des réservations en direction de l’Est, et un retour en grâce du sud de la Turquie malgré la mauvaise réputation du régime Erdogan. C’est, en quelque sorte, un retour de balancier. «Grands vainqueurs de ces deux dernières années, l’Espagne, et Majorque en particulier, y ont laissé quelques plumes. L’afflux de touristes ainsi que les prix des hôtels et des vols en hausse dans certains cas sont responsables de ce basculement», observe la FSV. Chez TUI Suisse, filiale helvétique du titan allemand, le sud de la Turquie s’est hissé en une année du huitième au troisième rang dans le classement des destinations d’été préférées des Suisses. Il est vrai que la région balnéaire d’Antalya est à mille lieues des bouillonnantes Istanbul ou Ankara.

190 francs un Genève Nice

De manière globale, les destinations les plus prisées et les plus lointaines sont logiquement les plus chères. Les prix varient-ils fortement d’une semaine à l’autre? Pour le vérifier, nous avons simulé une réservation (généralement du samedi 14 au samedi 21 juillet) mercredi 13 juin et jeudi 21 juin, avec des trajets partant en matinée et revenant en soirée. Le 13 juin, un vol aller-retour coûtait 190 francs vers Nice, 218 francs en direction de Barcelone, 339 francs pour se rendre à Tel-Aviv et 350 francs à Lisbonne. Le 21 juin, les prix étaient similaires, sauf vers Lisbonne (425 francs). Pour aller «contempler» le palais pharaonique réalisé à Bucarest par l’ex-dictateur Ceausescu, il fallait débourser – mercredi 13 juin – 440 francs, 480 francs pour relier Marrakech et 678 francs pour Istanbul (avec Turkish Airlines, un transporteur low-cost proposant alors 407 francs). Destination prisée par la jet-set cosmopolite, Ibiza se négociait pour 736 francs. Et pour croquer la Grande Pomme? L’aller-retour Genève-New York coûtait 913 francs. Là encore, peu de variations de prix, mis à part New York, bondissant à 1238 francs le 21 juin. Si, avec le déplacement en voiture, l’avion reste un mode de transport très prisé des Genevois, le train ou l’autocar représentent des alternatives possibles. Les croisières en bateau connaissent aussi un regain d’intérêt important depuis plusieurs années. Ces monstres des mers sont désormais très stables et ils proposent des prestations de plus en plus sophistiquées. Le bateau est lent. Mais il se prête bien à une des fonctions des vacances: le repos.

Voyager lentement

Porte-parole du TCS (Touring Club Suisse), Samuel Lopes conseille aussi de rester zen. De voyager lentement. «Il ne faut pas hésiter à s’accorder plus de temps pour les trajets, en optant pour des itinéraires permettant d’éviter les péages, qui sont bien souvent onéreux, détaille le représentant du TCS. En adoptant un tel comportement, ce n’est pas seulement la destination des vacances qui devient l’objectif, mais le voyage lui-même qui peut être source de plaisir et de découvertes (paysages traversés, petit détour sur un site touristique).» Donc: retrouvez ce plaisir en fredonnant «Route nationale 7» de Charles Trenet tout en conduisant sur ce tronçon plutôt que de faire l’accordéon entre deux bouchons autoroutiers. Samuel Lopes ajoute qu’une économie supplémentaire peut être réalisée en sortant des grands axes avant de s’enfoncer dans un bois, étendre une nappe sur un pré, déguster son pique-nique fait maison. Et piquer un roupillon avant de reprendre le volant.

Résider à l’hôtel ou chez l’habitant? L’heure du choix La révolution digitale en cours a considérablement simplifié les locations de logements par les particuliers. Les sites d’hébergement en ligne comme Airbnb pullulent. Ils mènent une forte concurrence à l’industrie hôtelière, qui doit déjà lutter pour préserver des marges grignotées par les sites de réservation type Booking qui, à force de se développer, risquent de scier la branche sur laquelle ils prospèrent. En optant pour le système d’hébergement chez le particulier, on peut théoriquement faire coup double: réserver une maison en Provence à un prix défiant une partie de la concurrence, et financer ses vacances en louant ou sous-louant son appartement genevois, même si la Suisse, en été, est moins attirante que les pays du sud de l’Europe. En louant son mas, une économie peut aussi être réalisée en limitant ses repas gastronomiques et en préférant cuisiner dans sa nouvelle «maison». À condition que cette pièce soit bien équipée: réclamez un inventaire avant de partir pour éviter de voyager avec sa batterie de casseroles. Pour éviter que votre séjour au paradis ne se transforme en enfer, informez-vous de manière sérieuse: la piscine est-elle utilisable et saine? La climatisation fonctionne-t-elle? Le nettoyage final est-il compris dans le prix? Le logement comprend-il un stationnement? Tout n’est pas toujours précisé dans les annonces. Et les déconvenues sont nombreuses à l’exemple de cette villa située à Montecatini, près de Florence, qui n’était pas climatisée. Il fallait ouvrir les fenêtres et les nuées de moustiques étaient comprises dans le prix… Le seul recours, souvent, se limite à publier un commentaire rageur sur le site du loueur. Dans le sens inverse, il est possible de mettre en location son propre logement durant ses vacances afin de gagner un peu d’argent. Les locataires doivent cependant obtenir l’accord de leur bailleur. Les propriétaires ont le champ libre. Évidemment, si vous habitez en face de citernes de mazout ou dans l’axe de décollage des avions, il faudra en tenir compte dans le prix, et le préciser. Dans votre annonce, n’oubliez pas de spécifier vos exigences, histoire de ne pas imposer à vos voisins deux dogues géants: cela se paierait à la rentrée… Si un problème survient, encore faut-il pouvoir se retourner contre les sociétés de location d’appartements. Si vous optez pour Airbnb, il vous faudra vous armer de patience. Impossible d’obtenir des informations de la part de cette société pour rédiger cette enquête.

Surfer sans relâche

Des bons plans de dernière minute sont aussi possibles en optant pour l’hébergement traditionnel: campings, hôtels. L’offre est abondante dans toutes les villes européennes ou les destinations balnéaires. Les sites de réservation en ligne scannent très régulièrement les prix proposés par les hôtels. Les hôteliers, de leur côté, passent un temps fou à adapter chaque jour leurs prix, en fonction du nombre de chambres qui leur restent. Un palace avec piscine et spa peut soudainement être plus attractif qu’un trois-étoiles au confort moyen. Mais il faut surfer sans relâche, jour et nuit. Craindre de laisser filer une bonne affaire dans l’espoir d’en dénicher finalement une autre. Car les prix varient vite. Mercredi 13 juin, une chambre à l’hôtel Hilton Garden Inn de Florence se négociait à 820 francs pour un séjour de sept nuits à mi-juillet. Jeudi 21 juin, le tarif grimpait à 885 francs. Perte: 65 francs. En revanche, pour la même période, le prix d’un logement au Hilton Métropole de Florence a chuté, passant en huit jours de 1008 francs à 821 francs. Gain: 187 francs. Allez comprendre…

Créé: 22.06.2018, 19h47

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Maudet s'oppose au budget 2020
Plus...