Buvettes: l'Usine doit-elle se plier aux normes?

Débat en ligneAu nom de son caractère unitaire, le centre autogéré veut déroger à la nouvelle loi cantonale sur le débits de boissons. Qu'en pensez-vous?

Le vendredi 2 octobre 2015, L'Usine se mettait en grève pour protester contre les «attaques» répétées des services administratifs de la Sécurité et de l'Économie, dirigés par Pierre Maudet.

Le vendredi 2 octobre 2015, L'Usine se mettait en grève pour protester contre les «attaques» répétées des services administratifs de la Sécurité et de l'Économie, dirigés par Pierre Maudet. Image: Isabelle Meister

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C'est l'histoire d'un menu désaccord administratif devenu pugilat politique généralisé. Au départ, la bisbille met aux prises l'Usine et l'Etat de Genève. Le Département cantonal de la sécurité et de l'économie, piloté par Pierre Maudet, exige en effet du centre autogéré qu'il dépose cinq demandes d'autorisation distinctes pour son quintette de buvettes au lieu d'une seule, en vertu d'une application stricte de la nouvelle Loi sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement (LRDBHD), adoptée en mars. Cette sommation met fin à la tolérance qui prévalait depuis vingt-cinq ans.

En avril, un accord semble trouvé entre l'Usine, le magistrat PLR et Anne Emery-Torracinta, ministre cantonale de la culture. Mais apparemment, les parties se sont mal comprises et se rejettent mutuellement le non-respect du pacte. Le bastion alternatif dit avoir accepté «par gain de paix» de déposer cinq demandes d’autorisations lors de l'entrée en vigueur de la loi, soit le 1er janvier 2016. Or Pierre Maudet attendait de sa part une mise en conformité immédiate.

«Collectif et solidaire»

Le 2 octobre, le haut-lieu festif de la place des Volontaire se rebiffe et fait grève. Au motif de son fonctionnement «collectif et solidaire», il refuse «d’abandonner les principes qui le fondent pour entrer dans les cases administratives». Il revendique ainsi le droit de ne déposer qu'une autorisation globale au nom d’une personne morale et accuse par ailleurs Pierre Maudet d’avoir «exercé un chantage» auprès de la Loterie Romande pour bloquer les dons d'aide à la culture dans le but de le faire plier.

Trois semaines plus tard, les défenseurs de l'Usine descendent nuitamment dans la rue pour manifester leur soutien à la cause. Mais le cortège nocturne laisse de vilaines traces de spray sur les murs et les vitrines, provoquant l'ire de la droite.

Une menace lourde

Quelques jours après le défilé ravageur, la majorité du Conseil municipal, constituée de l'Entente (PLR-PDC) et de la Nouvelle Force (UDC-MCG), sanctionne le temple alternatif, conditionnant notamment l'ensemble de ses subventions 2016 - soit un total de près d'un million de francs - à la mise en conformité des buvettes.

Une menace lourde, puisque parmi ces subsides, le plus important, en nature, est la mise à disposition du bâtiment à titre gracieux. Si l'Usine campe sur ses positions radicales, elle risque donc de se retrouver à la rue.

Devenue l'enjeu d'un énième baroud Ville-Canton, l'Usine peut compter sur de multiples soutiens. Une pétition, signée par de nombreux acteurs du milieu culturel genevois, s'étoffe rapidement et Sami Kanaan, conseiller administratif à la barre de la culture, a pris fait et cause pour son modèle d'autogestion unitaire et contre son «saucissonnage».

Et vous, qu'en pensez-vous?

L'Usine a-t-elle raison de camper sur ses positions? Son fonctionnement unique devrait-il lui conférer un statut particulier face aux normes administratives? Ou doit-elle, au contraire, se plier à la loi et signer cinq demandes d'autorisation plutôt qu'une seule? Fallait-il la sanctionner dans son subventionnement? Les services de Pierre Maudet ont-ils raison d'exiger un représentant par buvette?

Votre avis nous intéresse! Venez débattre de ce sujet sur notre site. La «Tribune de Genève» publiera des extraits des interventions des internautes dans sa rubrique «Débat en ligne» de ses éditions de vendredi.

Créé: 02.11.2015, 17h09

Sondage

L'Usine doit-elle se mettre en conformité avec la loi?

Oui

 
30.3%

Non

 
67.6%

Je ne sais pas

 
2.1%

568 votes au total


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