L’Université perce le secret des plumes d’oiseaux

ScienceCette découverte ouvre la porte à des recherches en génétique visant à sélectionner des volatiles mieux adaptés à leur milieu.

Les chercheurs ont découvert comment se forme un réseau très organisé de plumes chez les oiseaux.

Les chercheurs ont découvert comment se forme un réseau très organisé de plumes chez les oiseaux. Image: Laurent Crottet

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Chez l’immense majorité des oiseaux, les plumes sont disposées selon un motif hexagonal très ordonné, qui leur permet ensuite de voler. Mais comment se forme ce plumage? Jusqu’à présent, les moyens technologiques ne permettaient pas de le comprendre. Des chercheurs des Universités de Genève (UNIGE) et d’Édimbourg sont parvenus à percer ce secret. Leur étude – dont les résultats sont publiés dans la revue «PLOS Biology» – pourrait avoir d’importantes répercussions sur notre mode d’alimentation.

Grâce à des méthodes innovantes d’imagerie, les scientifiques ont analysé les premiers stades de développement des plumes chez diverses espèces, notamment les poules et les canards, avant même l’éclosion de l’oisillon. «Nous avons observé soit des embryons, soit des cultures de peau d’embryons», précise Michel Milinkovitch, professeur au Département de génétique et évolution de la Faculté des sciences de l’UNIGE. «Nous avons remarqué que durant la formation de l’embryon, les plumes se forment d’abord en ligne le long du milieu du dos. Puis des lignes de nouveaux bourgeons de plumes s’ajoutent séquentiellement suivant un motif hexagonal régulier, grâce au déplacement de la ligne dorsale sur les flancs de l’embryon.»

Voilà qui ouvre la porte à de nouvelles recherches. «Une des raisons qui nous poussent à étudier la formation des plumes, c’est que la densité du plumage affecte la tolérance des oiseaux à la chaleur», poursuit le professeur. Or la plupart des races commerciales de poulets ont trop de plumes pour supporter les températures élevées que l’on rencontre dans les pays tropicaux. Pourtant, «c’est dans ces pays à faible revenu qu’il y a une demande croissante en volaille. Comprendre les signaux impliqués dans la formation des plumes permettra de développer des races d’élevage plus résistantes à la chaleur, en adaptant la densité de leur plumage.» Des oiseaux génétiquement modifiés? «Plutôt mieux sélectionnés grâce aux croisements de races, comme cela se fait d’ailleurs depuis des milliers d’années.»

Au fil de leurs observations, les biologistes ont fait une autre découverte, étonnante. Chez certains oiseaux coureurs, tels l’émeu et l’autruche, les embryons ne présentent pas cette sorte d’onde mobile de développement des plumes. Pour Athanasia Tzika, également chercheuse au Département de génétique et évolution de l’UNIGE et coauteure de la publication, «l’absence de cette vague de développement génère une disposition désordonnée des plumes. Cela est probablement dû à l’inexistence du vol chez ces espèces depuis des millions d’années.» En clair, elles n’ont plus besoin d’avoir un plumage régulier.

Créé: 21.02.2019, 20h02

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