À l’Université, on mange à l’emporter sans polluer

SolutionLes cafétérias ont remplacé les contenants jetables par de la vaisselle réutilisable.

En décidant de se passer de contenants jetables, les cafétérias de l’UNIGE ont fait leur révolution et aussi des économies.

En décidant de se passer de contenants jetables, les cafétérias de l’UNIGE ont fait leur révolution et aussi des économies. Image: Georges Cabrera

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Prendre son repas à l’emporter pour manger en plein air, sortir du confiné, fuir le brouhaha. Puis retourner en cours ou à son poste avec le ventre plein et l’esprit aéré. Et avec, aussi, un tas de détritus en main. Le contenant et les couverts en plastique n’auront servi que quelques dizaines de minutes. Une existence express, pour un impact sur l’environnement, lui, s’inscrivant sur plusieurs centaines d’années. Alors que les députés européens ont récemment plébiscité l’interdiction de certains objets à usage unique, l’Université de Genève (UNIGE) a déjà pris le train en marche.

Un bol avec couvercle et un gobelet

Depuis la rentrée, ses cafétérias ont remplacé les contenants jetables par des boîtes en plastique recyclables et consignées. Imaginée par l’association bernoise reCIRCLE, la reBOX est un bol d’un litre avec couvercle. Un gobelet complète le service, la reCUP. Le client paie une consigne de 10 francs pour l'objet à l'unité. Ensuite, soit il nettoie lui-même son contenant et le conserve pour un usage ultérieur, soit il le retourne sale et reprend son argent. Près de 150 enseignes en Suisse ont sauté le pas. «Les restaurants participants utilisent environ 20 000 reBOX par jour, indique Jeannette Morath, responsable du projet. Cela fait 5 millions d’emballages jetables par jour évités.»

Sous l’impulsion d’Aurélie Kropf et de Mathieu Petite, respectivement chargée de la gestion des déchets valorisables et coordinateur des actions de développement durable à l’UNIGE, les cafétérias ont donc fait leur révolution. «Cette initiative s’inscrit dans notre volonté de chercher des améliorations pour réduire notre impact sur l’environnement, explique Pablo Achard, adjoint du rectorat. Cela en complément de projets comme un cours sur la permaculture, un appel à idées aux étudiants sur le développement durable, des poubelles de tri, entre autres.»

Les exploitants des cafétérias ont joué le jeu. Ils ont mis la main au porte-monnaie pour acheter les contenants, au même tarif que celui proposé au client. L’UNIGE prend en charge les 150 fr. mensuels pour le partenariat avec reCIRCLE, précise Pablo Achard. «Cette somme couvre notamment les supports de communication que nous fournissons», précise la responsable de l’association. La durée de vie des contenants varie de deux ans à quelques mois selon la fréquence et le soin d’utilisation (marques de couteau, de fourchette, etc.). En fonction du nombre de contenants qu’il possède, le client paie un forfait mensuel lui permettant de faire remplacer une boîte ou un gobelet usagés. Un investissement pour l’exploitant, pour quel bénéfice? «C’est un plus du point de vue écologique, mais aussi économique, répond Jérémie Wadel, gérant adjoint chez Novae, qui gère les cafétérias d’Uni Mail et d’Uni Dufour. Au final, ça nous coûtera moins cher que la vaisselle jetable.» Et d’ajouter que ce système n’ébranle pas les habitudes. «Ce n’est pas une charge supplémentaire, il y a certes un volume plus grand de vaisselle, mais on remplit nos machines.»

Un contenant en plastique, vraiment écologique?

Économique, pratique, mais vraiment écologique? «Il suffit de moins de dix cycles de lavage pour que l’impact environnemental de la reBOX soit inférieur à celui de récipients comparables jetables», soutient Jeannette Morath. Les contenants usés ou endommagés peuvent être retournés à l’association avant d’être recyclés. «Pour l’instant, nous n’en avons récupéré que 200. Dès que nous atteindrons la tonne, ils seront retournés au producteur suisse, qui les réduira en granules. Ceux-ci pourront être transformés en porte-savons, en cartons à œufs réutilisables, les idées ne manquent pas.» Et pourquoi pas un nouveau bol? «Du moment que le produit est recyclé, nous perdons la certification nous autorisant à en faire un contenant alimentaire.»

Avec cette action, l’UNIGE rejoint l’EPFL au rang des hautes écoles pionnières. Elle emboîte aussi le pas, à Genève, au Campus Biotech, à l’Organisation mondiale de la météo, au CICR ainsi qu’à six restaurants et take-away. (TDG)

Créé: 31.10.2018, 09h04

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