Une nouvelle usine se construit à Plan-les-Ouates

Sciences de la vieBracco, spécialisé dans les agents de contraste pour l’imagerie médicale, s’étend à Genève. Retour sur une histoire à succès.

Avec sa deuxième ligne de production à Genève, le groupe italien entend pouvoir produire jusqu’à six millions de flacons d’agents de contraste par année, contre environ un million actuellement.

Avec sa deuxième ligne de production à Genève, le groupe italien entend pouvoir produire jusqu’à six millions de flacons d’agents de contraste par année, contre environ un million actuellement. Image: Frank Mentha

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Des microbulles. Voilà ce qu’on crée au 31, route de la Galaise, derrière le gigantesque chantier du Tourbillon, en plein dans le quartier horloger de Plan-les-Ouates. Des substances gazeuses de moins de huit microns de diamètre qui, injectées dans le corps humain, servent d’agents de contraste et permettent aux radiologues et autres médecins de décoder de façon beaucoup plus précise les informations médicales obtenues par échographie.

Le marché est en plein boom. Tellement que Bracco, l’entreprise italienne qui les conçoit à Plan-les-Ouates, construit une deuxième usine dans la commune, à côté de la première. Plus de 65 millions de francs d’investissement pour cracher jusqu’à six millions de flacons par an, contre un million actuellement.

65 millions d’investissement

Cela valait bien une petite cérémonie pour cette multinationale qui, ces trente dernières années – elle s’est installée à Genève en 1989 –, s’est montrée plutôt discrète. Pierre Maudet, conseiller d’État en charge de l’Économie, Diana Bracco, présidente de l’entreprise familiale, ou encore Benoît Dubuis, directeur du Campus Biotech, sont venus marquer le coup vendredi 28 juin.

«Chaque fois que je viens à Plan-les-Ouates, il y a un bâtiment de plus. Au tour de Bracco d’ajouter sa pierre, dans la Health Valley», s’est réjoui Benoît Dubuis. «C’est ici que bat le cœur de l’innovation dans le canton», a renchéri Pierre Maudet. «On construit une usine à Genève, où c’est plus cher qu’en Chine, car c’est aussi ici que se trouve l’expertise», indique Thierry Bettinger, directeur de la R&D de Bracco à Genève.

Bracco Imaging s’est lancée dans les années 70 dans les agents de contraste pour rayons X, qu’elle vend encore aujourd’hui, avant d’étoffer son arsenal dans les agents de contraste pour l’imagerie en médecine nucléaire et pour l’imagerie de résonance magnétique (IRM). Ses microbulles, le groupe les écoule depuis 2001 mais c’est maintenant que les ventes décollent, les nouvelles machines échographiques les exploitant mieux. Les produits de Bracco rendent les flux sanguins plus visibles, ce qui permet de mieux identifier les lésions ou autres anomalies.

Monopole en Chine

La concurrence est modeste sur ce marché de niche. Une poignée d’entreprises – Bayer, General Electric, Guerbet, Lantheus, Bracco – se partagent le marché mondial, jouissant souvent de monopoles régionaux importants.

Bracco dessert ainsi à elle seule les centres hospitaliers chinois (qui représentent la moitié de ses ventes) et du continent européen. Aux États-Unis et dans quelques autres pays (comme le Mexique et la Corée), Bracco se partage le gâteau avec d’autres sociétés. Ses flacons sont distribués dans plus de 35 pays. Les fabricants de génériques s’attaquent pour l’instant peu au segment spécialisé des produits de contraste pour échographie, qu’ils ne jugent pas encore assez rentable et qui jouit d’un haut niveau de technicité.

L’histoire genevoise de Bracco – une entreprise privée et familiale aux racines italiennes lancée en 1927 – commence par l’intégration dans le groupe d’une équipe de chercheurs de l’institut Battelle, à Carouge, qui avait été contactée pour initier un projet de développement d’un nouvel agent de contraste échographique. Sonovue, le nom de marque des microbulles, est mis sur le marché douze ans plus tard, en 2001. Les corps gazeux qui jaillissent de Plan-les-Ouates n’ont depuis pas changé de nature.

Mais les biologistes, pathologistes, vétérinaires, ingénieurs ou autres chimistes de Bracco à Genève (plus d’un tiers de ses effectifs dans le canton travaillent dans la R&D) se concentrent sur des nouvelles générations de microbulles. L’une d’entre elles, baptisée BR55, permet une détection spécifique de marqueurs présents dans les vaisseaux alimentant des lésions tumorales et d’ainsi mieux détecter ces dernières. D’autres microbulles doivent rendre possible l’inoculation de thérapies à travers les vaisseaux. Des essais cliniques sont en cours.

Créé: 02.07.2019, 07h08

3450 emplois

Bracco emploie 3450 personnes dans le monde, dont une bonne centaine à Genève, un chiffre qui devrait considérablement augmenter dans le canton ces prochaines années. En 2017, la multinationale a publié un chiffre d’affaires de 1,29 milliard d’euros. La deuxième usine genevoise de Bracco doit être inaugurée à la fin de l’année 2021.

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